Brime
En Anjou
- brime
Mot
Nom commun.
En Anjou (Lue), brime pour brouillard froid.
Dans le glossaire de Verrier et Onillon : « Brime, s. m. et f. — (Au Lg., ce mot est du
masc. ; à Mj. même, beaucoup le font du
fém. ; à St-Aug., c'est général.) — Toute
maladie des arbres fruitiers ou des légumes
qui les fait dépérir dans leurs fruits ou dans
leurs feuilles. Rien de moins nettement défini
que cette affection, dont les cultivateurs
parlent sans cesse. D'après eux, le brime
tombe avec la pluie ou la bruine. — Peut-être
s'agit-il d'une maladie parasitaire occasionnée
par des champignons microscopiques
dont les germes seraient apportés du sein de
l'atmosphère par les eaux pluviales. — V.
Brimer. \\ Lue. — Brim. — Brouillard et
gelée. V. Frime. Se retrouve dans Brimer.
Raisin brimé, marqué de taches. \\ Fu. —
Brim, brime, s. m. — N. Très différent du
brouillard et de la gelée, le brime n'a pas
d'existence sensible ; on le reconnaît à ses
effets. On dit très bien : Le vent a brimé mes
pois (pouês), ou : La gelée a brimé les pois. Il
faut, évidemment, dans ce dernier cas, que la
gelée n'ait pas eu ses effets ordinaires particuliers.
— Le brime se révèle par une roussissure
de la feuille et du fruit qui compromet la
récolte. \\ By. « C'té nuit, il a fait fret, y a de
la brime partout » ; (les pointes des rameaux,
les feuilles tendres sont brûlées, — se dessèchent
et noircissent après la gelée) — tout est brimé.
Hist. — « Il parut pourtant quelques lames, mais
la brime les ruina » (1709). — Inv. Arch. E. II, p. 198,
col. 1. — « Cette année a été une année de brime, et
le peu de ceps qui étaient restés, assez, bien marqués
d'abord, mais les lames tombèrent. » (1710). — Ibid.,
p. 198, col. 2. — « Le froment reprit vigueur en
quelques lieux, mais quand il fut en grains, il vint
une brime qui l'acheva de perdre » (1709). — I. a. S.
s. E. 198, col. 1, h.) »
Notes
- Voir aussi berouasser, berrouaille, freud.
- René de La Perraudière, Le langage à Lué, dans Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers, 5e série - t. VII, Germain & G. Grassin impr.-édit. (Angers), 1904, p. 136
- Anatole-Joseph Verrier et René Onillon, Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou, t. 1, Germain & Grassin (Angers), 1908, p. 142
- Dominique Fournier, Mots d'galarne - Dictionnaire pour bien bagouler notre patois aujourd'hui, Cheminements (Le Coudray-Macouard), 1998, p. 52
Cité dans Questions angevines par Célestin Port (Lachèse et Dolbeau, Angers, 1884), Les phénomènes : III Les grands hivers, p. 180 (« mais quand il fut en grains, il vint une brime qui l'acheva de perdre, de sorte que le peu qu'on cueillit n'estoit pas demy nourri ») et 181 (« la brime l'attaqua aussi fortement, et tel, qui en espéroit 40 setiers, se contenta d'une douzaine »).