Brime

De Wiki-Anjou


Parler angevin

Dictionnaire angevin

Mots concernant le parler angevin.

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Parler angevin (dictionnaire) En Anjou

brime

Mot

Nom commun.

En Anjou (Lue), brime pour brouillard froid.

Dans le glossaire de Verrier et Onillon : « Brime, s. m. et f. — (Au Lg., ce mot est du masc. ; à Mj. même, beaucoup le font du fém. ; à St-Aug., c'est général.) — Toute maladie des arbres fruitiers ou des légumes qui les fait dépérir dans leurs fruits ou dans leurs feuilles. Rien de moins nettement défini que cette affection, dont les cultivateurs parlent sans cesse. D'après eux, le brime tombe avec la pluie ou la bruine. — Peut-être s'agit-il d'une maladie parasitaire occasionnée par des champignons microscopiques dont les germes seraient apportés du sein de l'atmosphère par les eaux pluviales. — V. Brimer. \\ Lue. — Brim. — Brouillard et gelée. V. Frime. Se retrouve dans Brimer. Raisin brimé, marqué de taches. \\ Fu.Brim, brime, s. m. — N. Très différent du brouillard et de la gelée, le brime n'a pas d'existence sensible ; on le reconnaît à ses effets. On dit très bien : Le vent a brimé mes pois (pouês), ou : La gelée a brimé les pois. Il faut, évidemment, dans ce dernier cas, que la gelée n'ait pas eu ses effets ordinaires particuliers. — Le brime se révèle par une roussissure de la feuille et du fruit qui compromet la récolte. \\ By. « C'té nuit, il a fait fret, y a de la brime partout » ; (les pointes des rameaux, les feuilles tendres sont brûlées, — se dessèchent et noircissent après la gelée) — tout est brimé.
Hist. — « Il parut pourtant quelques lames, mais la brime les ruina » (1709). — Inv. Arch. E. II, p. 198, col. 1. — « Cette année a été une année de brime, et le peu de ceps qui étaient restés, assez, bien marqués d'abord, mais les lames tombèrent. » (1710). — Ibid., p. 198, col. 2. — « Le froment reprit vigueur en quelques lieux, mais quand il fut en grains, il vint une brime qui l'acheva de perdre » (1709). — I. a. S. s. E. 198, col. 1, h.) »

Patois et parler angevin (ressources) Notes

  • Voir aussi berouasser, berrouaille, freud.
  • René de La Perraudière, Le langage à Lué, dans Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers, 5e série - t. VII, Germain & G. Grassin impr.-édit. (Angers), 1904, p. 136
  • Anatole-Joseph Verrier et René Onillon, Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou, t. 1, Germain & Grassin (Angers), 1908, p. 142
  • Dominique Fournier, Mots d'galarne - Dictionnaire pour bien bagouler notre patois aujourd'hui, Cheminements (Le Coudray-Macouard), 1998, p. 52

Cité dans Questions angevines par Célestin Port (Lachèse et Dolbeau, Angers, 1884), Les phénomènes : III Les grands hivers, p. 180 (« mais quand il fut en grains, il vint une brime qui l'acheva de perdre, de sorte que le peu qu'on cueillit n'estoit pas demy nourri ») et 181 (« la brime l'attaqua aussi fortement, et tel, qui en espéroit 40 setiers, se contenta d'une douzaine »).