Dames blanches en Anjou
Comme dans de nombreux endroits, l'Anjou n'échappe pas aux récits de ces femmes fantomatiques souvent désignées sous le nom de « dame blanche ». Elles sont évoquées au XIXe siècle dans plusieurs ouvrages qui en font le récit[1],[2].
Le sujet est mentionné dans une brochure de 1832 du marquis de Préaulx qui rapporte qu'une tour du château de Pouancé abriterait le fantôme d'une femme emmurée vivante. Il fait alors le lien avec des récits d'apparitions d'une silhouette féminine qui erre certaines nuits dans les ruines du château, une femme vêtue de blanc, une dame blanche. L'histoire est relatée au début du XXIe siècle par Patrick Planchenault dans son livre sur le Haut-Anjou puis par Pierre-Louis Augereau dans son ouvrage sur l'Anjou insolite, où il indique que ce serait l'une des Dames blanches les plus célèbres de France[2],[3].
« Cette silhouette féminine errante serait le fantôme d'une noble dame, affirment des Pouancéens insomniaques, qui scrutent les tours les soirs de pleine lune ». (Ouest-France, juill. 2018[4])
Aimé de Soland retranscrit en 1860 dans le Bulletin historique et monumental de l'Anjou une légende angevine intitulée la Signifiance de St-Denis de Doué : Un jeune fermier, en route par une nuit d'hiver, voit soudain ses bœufs s'arrêter devant le cimetière. Il découvre alors une mystérieuse femme vêtue de blanc qui lui révèle qu'elle assistera à la messe de minuit pour désigner, d'un coup de baguette, ceux qui mourront dans l'année. À l'église, le fermier la voit seule parmi la foule et la suit du regard, terrifié. Lorsque la dame blanche touche la tête de sa jeune épouse, il pousse un cri et sombre dans la folie. Il survivra, mais privé de raison, hanté à jamais par cette vision[5].
La Revue des traditions populaires se fait aussi l'écho à la fin du XIXe siècle de récits de dames blanches en Anjou. À Louerre, une dame blanche se tient parfois le soir au bord d'un chêne planté au bord de la route[6].
Ces femmes fantomatiques en Anjou, comme ailleurs, peuvent prendre aussi l'apparence de lavandières de nuit ou de demoiselles aux allures de fées. Elle peuvent également apparaître sous une autre couleur comme la Dame rouge du château de Raguin à Chazé-sur-Argos ou la Dame verte du château de Brissac[2],[7].
Le sujet est aussi évoqué au début du XXe siècle dans le glossaire de Verrier et Onillon, qui contient une partie dédiée au folklore, où les auteurs parlent de farces[1] : « De temps à autre, le bruit se répand qu'une Dame blanche apparaît en quelque carrefour écarté de la campagne ou même sur une grande route, et les voyageurs s'effrayent de passer au lieu indiqué. Ces apparitions ne sont que de mauvaises farces de jeunes gens qui se promènent enveloppés dans un drap. Ils s'empressent, du reste, de se terrer dès qu'ils entendent dire que la gendarmerie va s'occuper de cette affaire, ou que les coups de fusil pourraient bien partir tout seuls, sans balles bénites. Quelques-uns même, trop durs d'oreilles, ont reçu des volées de coups de triques exemplaires. »
Le Segréen serait un territoire de mystère et de légendes titre un article du journal Ouest-France en 2015 : une mystérieuse Dame blanche à Pouancé, un fantôme au château de Raguin, une présence à La Lorie, un loup-garou à Carbay et des pierres sonnantes à Nyoiseau[8].
Notes
Sur le même sujet
Sources et annotations
- ↑ a et b Anatole-Joseph Verrier et René Onillon, Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou, t. 2e, Germain & Grassin (Angers), 1908, p. 478
- ↑ a b et c Pierre-Louis Augereau, Anjou insolite et secret, Éditions Jonglez (Versailles), 2025, p. 42-45
- ↑ Patrick Planchenault, Mystérieux Haut-Anjou, P. Planchenault (Château-Gontier), 1984, p. 38
- ↑ Ouest-France, Pouancé. Le château fort et la légende de la Dame Blanche, 24 juillet 2018
- ↑ Aimé de Soland, Bulletin historique et monumental de l'Anjou : 1859-1860, impr. libr. de Eugène Barassé (Angers), 1860, p. 183-187 (lire)
- ↑ Les superstitions du canton de Gennes en Maine-et-Loire, dans Revue des traditions populaires, 5eannée - t. V - n° 11, Société des traditions populaires (Paris), 15 novembre 1890, p. 673-674
- ↑ Le Courrier de l'Ouest, Légende d'Anjou. Au château de Brissac, dans la chambre rouge de la Dame verte, 12 juillet 2022
- ↑ Ouest-France, L'Anjou bleu, territoire de mystère et de légendes, 31 octobre 2015