Poètes angevins par M. Leclerc - Henri Tilleul

De Wiki-Anjou
Langue et littérature angevine
Document   Henri Tilleul
Auteur   Marc Leclerc
Année d'édition   1922
Éditeur   P. Lefebvre libr.-édit. (Paris)
Note(s)   dans Poètes angevins d'aujourd'hui, essais anthologiques, p. 115-116


Henri Tilleul


M. Henri Morisse — qui signe ses poésies : Henri Tilleul — est né à Ste-Marie-des-Champs , près d'Yvetot, en 1876. Après ses études dans la belle ville de Rouen, il voyagea, instruisant et s'instruisant, un peu partout en France, et jusqu'en Angleterre et en Ecosse ; mais, depuis seize ans déjà qu'il professe à l'Ecole Primaire Supérieure d'Angers, l'invincible lien du charme angevin l'enracine de jour en jour un peu plus : « je n'ai plus, écrit-il, nulle attache en Normandie, hors le souvenir très fidèle de mon pays d'enfance. Je n'y ai rien publié et j'y suis totalement inconnu. Si l'Anjou ne m'accueille pas, je ne serai — comme poète — d'aucun pays. » Après un si touchant plaidoyer, aurions-nous le courage de condamner Henri Tilleul à n'être, comme disent les Suisses, qu'un heimatloss, et à « chanter au hasard des chemins » ?

On vit d'abord de ses vers, dès 1912, dans des revues angevines ; puis parurent en 1915, chez Sansot, ces « Poèmes d'Outre-Mer, » transposés des Auteurs Anglais, qui prouvent une connaissance précieuse de la rime et du rythme, en même temps que de la langue anglaise, mais ne rattachent guère leur auteur à l'Anjou, si ce n'est par la chaîne un peu longue des Rois Plantagenets... En 1921 sortit de chez Grassin un autre volume, « Florilège », dont un certain nombre de pièces avaient antérieurement paru dans la « Revue de l'Anjou », où — modestie rare — l'auteur collabora longtemps sans se faire connaître ; et ce ne fut guère qu'après la parution de ce recueil, que sous le pseudonyme d'Henri Tilleul, les Angevins un peu curieux de belles-lettres, ou curieux tout courts, purent couramment reconnaître la personnalité du docte professeur de « Chevrollier ».

A vrai dire, si le talent de M. Henri Tilleul s'apparente à l'Anjou par sa délicate douceur, il ne se trouve dans le Florilège que quelques pièces vraiment angevines, tel que cet « Avril a fleuri Port-Thibault », plein d'images et de rythmes, que le manque déplace me force malheureusement à sacrifier, ou ce « Retour » inspiré de Du Bellay, pour qui l'auteur a un culte fervent qu'il inculque à ses élèves. Citons seulement celle-ci :

Tombent les feuilles
Tombent les feuilles du tilleul
Comme des cœurs vides et seuls.
Tombent les feuilles du platane,
Mains qui se posent, diaphanes.
Des cœurs ici, là-bas, des mains,
Qu'un souffle émeut sur le chemin.
Quels symboles, frêles images.
Figurez-vous sur mon passage ?

N. B. Alphonse Métérié, dans un récent numéro de la « Revue de l'Anjou » consacré à Henri Tilleul une étude plus complète et surtout plus littéraire que cette notice : j'y renvoie le lecteur qui voudra mieux connaître ce fils adoptif de l'Anjou.



Couverture.


Extrait de l'ouvrage Poètes angevins d'aujourd'hui, essais anthologiques de Marc Leclerc, Société des artistes angevins, Paul Lefebvre libr.-édit. (Paris), 1922, 134 p.

Marc Leclerc (1874-1946), homme de lettres angevin, créateur des rimiaux, peintre, conférencier, membre de la Société des artistes angevins.

Henri Tilleul, pseudonyme d'Henri Morisse (Sainte-Marie-des-Champs 1876-19..), professeur, auteur et poète, a aussi traduit de l'anglais en français. Il publie en 1936 Du printemps à l'automne, un recueil de 113 pages aux Éditions de l'Ouest.

Du même ouvrage : Table (liste des poètes), Charles d'Ollone, Marc Leclerc.


Avertissement : Cette reproduction en format texte peut contenir des erreurs qu'il convient de corriger.