Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page XII : Différence entre versions

De Wiki-Anjou
(Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page XII)
 
(Aucune différence)

Version actuelle datée du 9 juillet 2019 à 17:26

Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1874
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome premier
< précédentepage XIIsuivante >


Dictionnaire Célestin Port de 1874, page XII.

XII

INTRODUCTION.

les Mauges, ceux de Chemillé, de St-FIorent et de Montfaucon. — La centennal de Brissarthe (847) est la seule que m’aient donnée les chartes angevine » . — La condita s’y rencontre deux fois dans celles du IXe siècle, à Cru (818) sur la rive gauche, et à Mazé (839), presque vis-à-vis, sur la rive droite de la Loire. — À peine ai-je pu compter cinq ou six vigueries, vicaria, sous les noms de Chênehutte, Baugé, Saumur, Chavais, Cru, Channay[1], — et cette disette même de renseignements montre combien peu de foi mériteraient des généralisations d’ailleurs trop faciles. Il faut toujours songer que la recherche est à peu près bornée aux ressources plus ou moins fécondes des chartriers de St-Florent, de St-Aubin, de Marmoutier, de St-Maur-sur-Loire, de Bourgueil, et à quelques diplômes étrangers. La même restriction nécessaire ôte toute valeur autre que de curiosité au relevé, qui pourrait être donnés des localités rencontrées successivement aux divers âges. Ainsi Briolay, Blou, Bagneux, Longué, — pour prendre quelques noms et les premiers venus, — et tant d’autres centres d’origine celtique ou romaine, dont l’existence s’affirme ininterrompue, ne sont mentionnés dans aucun texte, même de légendes, avant le XIe siècle. — On trouve dès le VIe siècle, Chênehutte, Cornillé, Savennières, Gennes, Chalonnes, Pocé, Cru, Rest, Glanfeuil, Glonne ; — au VIIe siècle Allençon, Chavagnes-les-Eaux, Gizay ?, Aubigné ?, Noyant-sous-le-Lude, Neuillé ; — au VIIIe siècle, Brion, les Ulmes, Monnais, la Papillaie, Pruniers, St-Clément-des-Levées, les Ponts-de-Cé, Pontigné, Sévillé ; — au IXe siècle, Avort, Auverse, Brissac, Brissarthe, Lézon, Chambellay, Béné, Champigny, Couesme, Seiches, Cantenay, Craon ? près Villévêque, St-Hilaire-des-Grottes, Cunaud, Fenet, Louerre, Littré, la Mimerolle, Neuville, Souzay, Pressigné, Seurdre, Rillé, Écuillé, la Varenne, Saugé-l’Hôpital, Montfort, Soulangé, Forges ; — au Xe siècle, les Alleuds, Allonne, Baugé, Chavais, Chauvigné, Charcé, Carbay, Montplacé, St-Rémy-la-Varenne, Écouflant, Distré, Genneteil, Jarzé, Juigné-sur-Loire, Limesle, Noyau, la Pélerine, Rou, St-Melaine, le Coudray-Macouard, Vaux, St-Georges-Châtelaison, Vernantes. Mais combien d’autres localités d’importance égale dont la rencontre est plus tardive ! Dès le XIe siècle les noms abondent, à proportion surtout des documents conservés et sans qu’il faille davantage en rien conclure.

État social.

Toutes les paroisses d’ailleurs, ou bien peu s’en faut, sont dès ce temps fondées, et il en est aussi bien peu qui ne rebâtissent alors leur église, petite ou grande, simple nef d’ordinaire avec portail plein cintre à multiple voussure, enjolivée, dans l’abside surtout et aux piliers les plus voisins du chœur, par toutes les grâces si originales de l’imagerie romane. Les campagnes aussi d’alentour s’animent petit à petit de mœurs nouvelles. Encore au e siècle l’esclavage ou, comme on dit, le servage est la loi des populations rurales. Avec la terre tous les travailleurs sont vendus et les enfants partagés entre les maîtres, laïcs ou ecclésiastiques, comme des objets mobiliers[2] ; les pauvres se donnent d’eux-mêmes et les familles trop nombreuses se marchandent à proportion de leur misère. Là-même, où quelques indigènes s’établissent comme hôtes ou colons, le lopin de terre qui les nourrit les


  1. Aujourd’hui en Indre-et-Loire. C’est la vicaria Catenacensis, que Mabille place à Chétigné.
  2. Comes et abbas Sti Florentii… contendebant pro filiis servorum… ; abbas namque omnem fructum eorum ad partem Sti Florentii pertinere, aecundum morem istius pagi, dicebat ; comes autem medietatem sibi pertinere contendebat. Tandem… consensit abbas…, ut partirentur filii Landrici servi. Accepit ergo comes in suam partem istos, etc. Liv. N., f. 961. — Dans la suite du même acte est relaté le partage d’une famille entre les religieux de Saint-Florent et les chanoines de St-Maurice. V. aussi Cartul. St-Aubin, f. 76 v° et alias. — Tel serf même appartient par indivis à deux maîtres : …Ego Marcoardus… dedi Sto Florentio.., partem meam de quodam servo, cujus para media meœ possessionis, media vero ipsius Sti Florentii erat 1050 circa. Liv. N., f. 281.

< Dictionnaire Célestin Port

Avertissement : Cette reproduction en format texte peut contenir des erreurs, qu'il convient de corriger.