Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page XLVII

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Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1874
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome premier, page XLVII


Dictionnaire Célestin Port de 1874, page XLVII.

XLVII

INTRODUCTION.


À droite et à gauche encore s’entrouvrent les vallées secondaires, — à gauche du Thouet, du Layon, de l’Evre, de la Divatte, — à droite de l’Authion et de la Maine, où vient se confondre la quadruple vallée de la Sarthe, du Loir, de la Mayenne et de l’Oudon[1] ; — à distance, vingt rivières, trois cents ruisseaux on ruisselets, qui découpent le terrain de coteaux sans nombre[2] ; mais la variété même s’y présente sans contrastes puissants, sans horizons tourmentés ou grandioses. Presque partout s’offre une nature douce et souriante, qui éclate en ses plus vives élégances dans les beaux bois domaniaux du Baugeois, plus triste et comme assombrie aux abords de la Bretagne, où des haies basses bordent les champs et les routes, et dans les Mauges, où les tuiles rouges ou noirâtres chargent la pente des toits ; — mais là même, au détour de quelque chemin, un frais vallon se rencontre tout boisé de vieux chênes, une clairière de hautes herbes peuplée de grands bœufs, — et sans aller bien loin, quelque cascatelle sourd dans le fossé verdoyant et va prolongeant son sillon à travers des ravines déchiquetées. Le touriste, en quête d’émotions vives, passe indifférent mais plus d’une fois y est revenu s’y faire un gîte à demeure. L’artiste et l’homme d’étude n’ont qu’à marcher pour trouver à chaque pas les traces antiques et les souvenirs et debout encore, — à côté des grands monuments du Moyen Age ou de la Renaissance, qui comptent au premier rang dans le trésor d’art de la France, Montreuil-Bellay, Cunaud, Fontevraud, Montsoreau, Durtal, Serrant, Brissac, — tant de vieux manoirs de guerre à demi-écroulés, tant de coquettes gentilhommières, tant d’églises rustiques[3], qui gardent pour le curieux leur enseignement inattendu.

  1. Le tableau, qui plafonne la grande salle des fêtes de la Préfecture, représente le Maine-et-Loire sous les traits d’au homme robuste, appuyé sur l’Abondance ; à ses pieds se jouent la Loire, la Sarthe, la Mayenne et le Loir, ces deux dernières sous les traits des deux enfants du préfet Vallon. Sur la gauche un Vendéen fraternise avec un Bleu. Autour du cadre six médaillons armoriés symbolisent les six principales villes. — Œuvre de M. Dauban, directeur du Musée d’Angers (1855).
  2. Les chroniqueurs et les savants jusqu’au XVIIIe s. prétendent que le nom antique de l’Anjou est Egada, mot imaginaire, qu’ils dérivent d’aquæ, « à cause des eaux qui y sont » .
  3. Sans parler des nombreuses chapelles publiques ou privées, qui vaudraient une visite comme celles du Fresne, d’Avrillé, de la Blanchaie, de la Blinière, du Boumois, de la Bourgonnière, de Ste-Emérance, de Launay-de-Gennes, de Montplacé, etc., etc. — Malgré la grande impulsion donnée depuis vingt ans à la reconstruction et à la restauration des églises, plus des deux tiers encore gardent ou dans leur appareil ou dans leur ornementation quelques restes de l’édifice primitif, pour un grand nombre encore du XIe ou du XIIe siècle, — et pour ne parler que des œuvres d’art et du mobilier, on peut trouver en dehors même d’Angers et de Saumur, de curieuses fresques du XIe s. à St-Rémy-la-Varenne, — du XIIe s. à Pontigné, à Cunaud, — du XIIIe s. à Cizay, St-Pierre de Chemillé, — du XIVe à la Blouère, à Miré, — du XVe au Lion-d’Angers, à Fontaine-Guérin, à Fougeré, — du XVIe à Fontevraud, St-Melaine, les Ponts-de-Cé, Notre-Dame de Chemillé, Chanteussé, Beaulieu, Savennières, Beaufort, — du XVIIe à Fontevraud, — du XVIIIe à Cheffes ; — de précieux ou intéressants tableaux du XVe s. à Béhuard, à Chantoceaux, — du XVIe à Fontevraud, Gené, Epieds, Savennières, — du XVIIe s. à Antoigné, Auverse, Bauné, Beaucouzé, Beaufort, Blou, Bocé, Bouillé-Ménard, la Lande-Chasle, l’Hôpital, Gennes, Fougeré, Gené, Dampierre, Corzé, Varennes-sous-Montsoreau, Corné, Cherré, Chenillé, Charcé, la Chapelle-Saint-Laud, Montguillon, Montreuil-Bellay, Montsoreau, Pellouailles, Pontigné, le Puy-Notre-Dame, Rochefort, St-Barthélemy, St-Quentin-en-M., St-Rémy-la-Varenne, Sermaise, Souzay, Tancoigné, Vaulandry, Villebernier, — du XVIIIe s. à Beauvau, Blou, Bourg-l’Evêque, Broc, l’Hôtellerie, Allonnes, Fontevraud, Gené, Montfort, Durtal, Cleré, Cherré, Rochefort, St-Sulpice, Sceaux, Thorigné, Tilliers, etc. ; — des vitraux du XIV e s. à Montreuil-sur-Loir, — du XVe à Linières-Bouton, Briolay, Soulaire, — du XVIe à Brissac, Béhuard, Candé, Epiré, Seiches, Grugé, l’Hôpital, Nueil, Parnay, les Ponts-de-Cé, Vernantes, — du XVIIe à Savennières ; — des statuts, groupes, bas-reliefs du XVe s. à Béhuard, — du XVIe à Fontaine-Guérin, Savennières, Nyoiseau, la Boissière, Candé ; — du XVIIe à Aviré, Bauné, Chalonnes-sur-Loire, Chanteussé, la Daguenière, Fontaine-Guérin, Parnay, Sermaise, Vaulandry, Vernantes, Villedieu, — du XVIIIe à la Boissière, Chantocé, la Chapelle-Rousselin, Chaumont, Cherré, Meigné-sous-Doué, Chantocé, la Chapelle-s.-Oudon, Cheffes, Clefs, Gené, le May, la Pélerine, Turquant ; — des stalles, boiseries ou chaires sculptées du XVe à Béhuard, — du XVIe aux Ponts-de-Cé (St-Maurille) et à Beaulieu ; — du XVIIe à Sceaux, Etriché,


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