Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page XXXV : Différence entre versions

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Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1874
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome premier
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Dictionnaire Célestin Port de 1874, page XXXV.

XXXV

INTRODUCTION.


Insurrection

les électeurs ayant mandat d’envoyer onze députés à une Convention nationale[1]. — Le 13 septembre part pour la frontière un second bataillon de Volontaires (761 hommes), commandé par Desjardins et suivi bientôt de trois autres, dont le dernier, malgré toute protestation, devait se fondre enrôlé dans la levée de la première réquisition. — Le 21 sont embarqués à Nantes sur la Didon et le Français 246 prêtres angevins[2], à destination de l’Espagne. — Les pèlerinages nocturnes redoublent dans les districts des Mauges. — La loi du 25 février 1793, qui requiert une levée de 300 000 hommes, vient mettre au service des passions religieuses tous les jeunes gens des campagnes, qui n’ont d’autre pensée première que d’échapper à la conscription abhorrée. Une émeute échoue le 4 mars à Cholet. Le tocsin sonne dès le 5 au May ; les 10 et 11 l’insurrection est debout en armes à Gesté, à Gonnord, à Jallais, à Chanzeaux, au May, dans les trois Districts des Mauges et à Varades, comme dans le Baugeois et dans le bas Anjou, à Tiercé, à Contigné, à Cherré, à Miré, à Briolay, à Châteauneuf ; mais de ce côté les gardes nationales, bien commandées et toutes patriotes, font tête et imposent la loi aux mutins. Dans les Mauges, au contraire, où tout est désorganisé, ou à peine errent quelques gendarmes, les rendez-vous sont pris librement dans les landes ; des troupes d’inconnus armés courent les campagnes, recrutent bon gré malgré « les gars » de la réquisition et se trouvent le 12 en force à St-Florent-le-Vieil. La troupe commandée par Cathelineau occupe le 13 Jallais et Chemillé et se rallie le 14 à celle de Stofflet qui descend d’Yzernay et de Vezins. Cholet tombe le même jour au pouvoir des paysans, qui dès la veille avaient enrôlé d’Elbée pour chef et le lendemain s’en vont requérir Bonchamps, tous deux gentilshommes d’épée, engagés avec répugnance dans cette lutte impie. — Les insurgés marchent à la rencontre des gardes nationales de Saumur, occupent Vihiers le 16 et s’emparent de la fameuse pièce Marie-Jeanne. — Chalonnes-sur-Loire tombe entre leurs mains le 22, malgré l’énergie du maire Vial. — Le 25 trois colonnes d’Angers, Doué, Thouars s’avancent sur St-Lambert, Vihiers, Bressuire, sans pouvoir dépasser le Layon, qui tout d’abord et jusqu’au bout, quoique souvent franchi par l’ennemi, doit rester la première ligne de défense de tout le pays patriote. Le 11 avril la colonne de Vihiers, commandée par Leygonier, entre à Goron et à Vezins, et le 17 au Boisgrolleau et à Cholet ; mais elle y est vivement attaquée le 19, et réfugiée à Vihiers sans être poursuivie, se débande dans la nuit. Gauvillier de son côté, surpris à Beaupréau le 22, est repoussé jusqu’à la Loire et entraîne l’abandon de Chemillé par Berruyer et la retraite jusqu’à Doué et aux Ponts-de-Cé. Où quelques bataillons de ligne eussent fait respecter la loi sans combat, des ramassis de paysans, requis de force, ou d’ouvriers affamés, les volontaires même, engagés seulement pour la quinzaine, les recrues des dépôts de dix régiments, sans respect des chefs, sans pudeur du drapeau, apportent le désordre et l’épouvante et sèment les routes d’armes et de munitions, avidement recueillies par les rebelles.

Guerre de Vendée. Pendant quelques semaines l’effort de l’ennemi se reporte vers la haute Vendée ; mais dès le 6 juin « la grande armée » a son avant-garde aux Verchers et les pre-


  1. Furent élus Choudieu, Delaunay aîné, la Révellière-Lépeanx, Pilastre, Leclerc, Dandenac aîné, Dandenac jeune, Delaunay jeune, Perard, Maignan, de Houillères, et pour suppléants Viger, Talot, Menuau.
  2. V. les Documents relatifs à la déportation en Espagne des prêtres angevins publiés par la Revue d’Anjou, 1853, p. 541, et 1854, p. 142.

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