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« Jacques Bruneau de Tartifume » : différence entre les versions

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Jacques Bruneau, sieur de Tartifume<ref name="FRBNF11304360">Bibliothèque nationale de France (BnF), ''Notice de personne - Bruneau de Tartifume Jacques'', 1 juillet 1997 ([https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11304360g lire])</ref>, naît le {{date|5 mai 1574}} de Philippe Bruneau et Perrine Lebec. Le nom de [[Tartifume]] vient d'une terre possédée par la famille à [[Cantenay-Épinard|Cantenay]], près d'[[Angers]]<ref name="cport-1965">Célestin Port (révisé par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), ''Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou'', {{t.|I}} (A-C), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1965 (2e éd.), {{p.|558-559}}</ref>{{,}}<ref name="ra-1852">M. Lemarchand, ''Jacques Bruneau sieur de Tartifume'', dans ''Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire'', 2{{e}} partie du t. 1{{er}}, Libr. de Cosnier et Lachèse (Angers), 1852, {{p.|337-342}}</ref>.
Jacques Bruneau, sieur de Tartifume<ref name="FRBNF11304360">Bibliothèque nationale de France (BnF), ''Notice de personne - Bruneau de Tartifume Jacques'', 1 juillet 1997 ([https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11304360g lire])</ref>, naît le {{date|5 mai 1574}} de Philippe Bruneau et Perrine Lebec. Le nom de [[Tartifume]] vient d'une terre possédée par la famille à [[Cantenay-Épinard|Cantenay]], près d'[[Angers]]<ref name="cport-1965">Célestin Port (révisé par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), ''Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou'', {{t.|I}} (A-C), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1965 (2e éd.), {{p.|558-559}}</ref>{{,}}<ref name="ra-1852">M. Lemarchand, ''Jacques Bruneau sieur de Tartifume'', dans ''Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire'', 2{{e}} partie du t. 1{{er}}, Libr. de Cosnier et Lachèse (Angers), 1852, {{p.|337-342}}</ref>.


Après des études de droit, il est reçu avocat au Présidial d'[[Angers]] en 1600. Huit ans plus tard, il épouse Claude Guilloneau, fille d'un avocat au même présidial, avec qui il aura {{nobr|seize enfants}}. La terre de Tartifume rapportant peu de bénéfices, il la vend cette année là sa terre de Tartifume à l'un de ses collègues. Le juriste plaide peu préférant enseigner le grec et le latin à des étrangers venant à Angers<ref name="cport-1965" />{{,}}<ref name="ra-1852" />.
Après des études de droit, il est reçu en 1600 avocat au Présidial d'[[Angers]]. Huit ans plus tard, il épouse Claude Guilloneau, fille d'un avocat au même présidial, avec qui il aura {{nobr|seize enfants}}. La terre de Tartifume rapportant peu de bénéfices, il la vend cette année là à l'un de ses collègues. Le juriste plaide peu, préférant enseigner le grec et le latin à des étrangers venant à Angers<ref name="cport-1965" />{{,}}<ref name="ra-1852" />.


Bon vivant, Tartifume prend la vie avec philosophie. Il a pour devise {{citation|avecque un beau vis}}, aussi anagramme de son nom<ref name="cport-1965" />. Il se consacre aussi à l'écriture dont on peut noter ''Philandinopolis'', où il fait l'éloge des antiquités, jeux, fêtes, productions de sa province, et l{{'}}''Histoire d'Angers'' où il relève tout ce qui est remarquable. Curieux, il parcourt les quartiers de sa ville dont il reproduit notamment les inscriptions, les vitraux, les écussons<ref name="cport-1965" />{{,}}<ref name="ra-1852" />. Il réalise aussi des dessins de bâtiments comme celui du [[château d'Angers]]<ref>Le Courrier de l'Ouest (Pierre-Louis Augereau), ''Quand d'Artagnan était le gardien de la prison du château d'Angers'', 11 avril 2023</ref>, des arènes gallo-romaines<ref>Le Courrier de l'Ouest (Pierre-Louis Augereau), ''Histoire. À la découverte des arènes gallo-romaines d'Angers'', 22 janvier 2022</ref>, de l'hôtel de ville<ref>Dominique Letellier d'Espinose et Olivier Biguet, ''L'hôtel de ville d'Angers à la Renaissance'', dans ''Hôtels de ville'', dir. Alain Salamagne, Presses universitaires François-Rabelais (Tours), 2015</ref>, ou encore celui des grandes écoles<ref>Le Courrier de l'Ouest (Sylvain Bertoldi), ''La place du Ralliement d'Angers au rythme des événements religieux'', 22 décembre 2024</ref>. Dans la description qu'il donne d'Angers, Jacques Bruneau de Tartifume note aussi à propos de [[Jean Delespine]] : {{citation|Ce Lespinne a esté le plus fameux architecte qui de son temps a paru en Anjou, comme il se void... par le logis du sieur du Bois de Pincé<ref>Jacques Levron, ''Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine)'', dans ''Bulletin Monumental'', t. 99, n° 1, année 1940, Société française d'archéologie (Paris), p. 85-98</ref>... }}
Bon vivant, Tartifume prend la vie avec philosophie. Il a pour devise {{citation|avecque un beau vis}}, qui est aussi l'anagramme de son nom<ref name="cport-1965" />. Il se consacre également à l'écriture dont on peut noter ''Philandinopolis'', où il fait l'éloge des antiquités, jeux, fêtes, productions de sa province, et l{{'}}''Histoire d'Angers'' où il relève tout ce qui est remarquable. Curieux, il parcourt les quartiers de sa ville dont il reproduit notamment les inscriptions, les vitraux, les écussons<ref name="cport-1965" />{{,}}<ref name="ra-1852" />. Il réalise aussi des dessins de bâtiments comme celui du [[château d'Angers]]<ref>Le Courrier de l'Ouest (Pierre-Louis Augereau), ''Quand d'Artagnan était le gardien de la prison du château d'Angers'', 11 avril 2023</ref>, des arènes gallo-romaines<ref>Le Courrier de l'Ouest (Pierre-Louis Augereau), ''Histoire. À la découverte des arènes gallo-romaines d'Angers'', 22 janvier 2022</ref>, de l'hôtel de ville<ref>Dominique Letellier d'Espinose et Olivier Biguet, ''L'hôtel de ville d'Angers à la Renaissance'', dans ''Hôtels de ville'', dir. Alain Salamagne, Presses universitaires François-Rabelais (Tours), 2015</ref>, ou encore celui des grandes écoles<ref>Le Courrier de l'Ouest (Sylvain Bertoldi), ''La place du Ralliement d'Angers au rythme des événements religieux'', 22 décembre 2024</ref>. Dans la description qu'il donne d'Angers, Jacques Bruneau de Tartifume note à propos de l'architecte angevin [[Jean Delespine]] : {{citation|Ce Lespinne a esté le plus fameux architecte qui de son temps a paru en Anjou, comme il se void... par le logis du sieur du Bois de Pincé<ref>Jacques Levron, ''Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine)'', dans ''Bulletin Monumental'', t. 99, n° 1, année 1940, Société française d'archéologie (Paris), p. 85-98</ref>... }}


[[File:dessin angers grandes ecoles tartifume.jpg|center|thumb|alt=Les grandes écoles d'Angers, dessin de Bruneau de Tartifume.|Les grandes écoles d'Angers.]]
[[File:dessin angers grandes ecoles tartifume.jpg|center|thumb|alt=Les grandes écoles d'Angers, dessin de Bruneau de Tartifume.|Les grandes écoles d'Angers.]]


C'est un témoin de son temps. Il rapporte par exemple plusieurs pèlerinages de son époque : saint Sébastion à [[Épinard]] contre les épidémies, saint Jacques à [[Grez-Neuville]] contre la folie, saint Lien à [[Avrillé]] pour les unions, etc<ref>Janine Brouard (avec J. Bineau, D. Brunetière, P. Cayla, P. Cousin, A. Jouffray et A. Le Guennec), ''Traditions religieuses et croyances populaires'', dans ''Anjou Maine-et-Loire'', coll. ''Encyclopédie Bonneton'', Christine Botton éditeur (Paris), 2010, p. 122</ref>. Également, les prophéties de bené : si on rit d'un propos, c'est une prophétie de [[Bené]], par exemple si on a donné plus qu'il ne fallait à la personne à qui l'on devait<ref>Charles Ménière, ''Glossaire angevin étymologique comparé avec différents dialectes'', dans ''Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire'', Lachèse et Dolbeau (Angers), t. XXXVI, 1881, p. 243</ref>. Il évoque aussi le séjour de {{abréviation|François Rabelais|François Rabelais (1494-1553)}} à [[Angers - La Fayette Eblé|la Baumette]]<ref>François Uzureau, ''Rabelais et l'Anjou'', dans ''Revue de l'Anjou'', Nouvelle série, t. 66{{e}}, G. Grassin impr,-libr. (Angers), 1913, p. 444</ref>. Le chroniqueur relève également certains traits. Par exemple à propos de [[Vernantes]] : {{citation|Il y a en Anjou, un village qui se nomme Vernantes. L'angevin qui se plaist aux {{abréviation|sinccopes|syncope, retranchement d'une lettre ou d'une syllabe}} dict que les femmes sont de Vénantes, pour ce que les femmes sont sujectes de lascher leur ventz couliz, qui se prennent plustot avec le nez qu'avec un {{abréviation|quarelet|carrelet, filet de pêche}}. }} Dans son livre ''Philandinopolis'', il note aussi que l'on dit en Anjou qu'une femme a été faite à Durtal quant elle a la tête dure<ref>Pierre-Louis Augereau, ''Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire'', Cheminements (le Coudray-Macouard), 2004, p. 208, 76</ref>.
C'est un témoin de son temps. Il rapporte par exemple plusieurs pèlerinages de son époque : saint Sébastien à [[Épinard]] contre les épidémies, saint Jacques à [[Grez-Neuville]] contre la folie, saint Lien à [[Avrillé]] pour les unions, etc<ref>Janine Brouard (avec J. Bineau, D. Brunetière, P. Cayla, P. Cousin, A. Jouffray et A. Le Guennec), ''Traditions religieuses et croyances populaires'', dans ''Anjou Maine-et-Loire'', coll. ''Encyclopédie Bonneton'', Christine Botton éditeur (Paris), 2010, p. 122</ref>. Également, les prophéties de bené : si on rit d'un propos, c'est une prophétie de [[Bené]], par exemple si on a donné plus qu'il ne fallait à la personne à qui l'on devait<ref>Charles Ménière, ''Glossaire angevin étymologique comparé avec différents dialectes'', dans ''Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire'', Lachèse et Dolbeau (Angers), t. XXXVI, 1881, p. 243</ref>. Il évoque aussi le séjour de {{abréviation|François Rabelais|François Rabelais (1494-1553)}} à [[Angers - La Fayette Eblé|la Baumette]]<ref>François Uzureau, ''Rabelais et l'Anjou'', dans ''Revue de l'Anjou'', Nouvelle série, t. 66{{e}}, G. Grassin impr,-libr. (Angers), 1913, p. 444</ref>. Le chroniqueur relève également certains traits. Par exemple à propos de [[Vernantes]] : {{citation|Il y a en Anjou, un village qui se nomme Vernantes. L'angevin qui se plaist aux {{abréviation|sinccopes|syncope, retranchement d'une lettre ou d'une syllabe}} dict que les femmes sont de Vénantes, pour ce que les femmes sont sujectes de lascher leur ventz couliz, qui se prennent plustot avec le nez qu'avec un {{abréviation|quarelet|carrelet, filet de pêche}}. }} Dans son livre ''Philandinopolis'', il note aussi que l'on dit en Anjou qu'une femme a été faite à Durtal quant elle a la tête dure<ref>Pierre-Louis Augereau, ''Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire'', Cheminements (le Coudray-Macouard), 2004, p. 208, 76</ref>.


Bruneau de Tarifume meurt le {{date|26 décembre 1636}} à l'âge de {{unité|62|ans}}<ref name="cport-1965" />.
Bruneau de Tarifume meurt le {{date|26 décembre 1636}} à l'âge de {{unité|62|ans}}<ref name="cport-1965" />.