Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page VI : Différence entre versions

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Version actuelle datée du 14 février 2020 à 18:06

Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1874
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome premier, page VI


Dictionnaire Célestin Port de 1874, page VI.

VI

INTRODUCTION.


[loin]tains, chacune d’elles se concentre dans un groupe fortifié, à l’abri d’une étroite enceinte, pour faire face aux plus prochains dangers. Tous les promontoires de la Loire se hérissent de refuges et de vedettes en armes, et pendant que les Goths d’Alaric débordent jusqu’au Saumurois mais s’y arrêtent, sans le dépasser, de l’ouest montent les barques des Saxons d’Odoacre, qui s’installent à demeure dans les îles et bientôt à Angers même. Le comte Paul qui commande les troupes romaines, cantonnées dans le pays, appelle à lui le chef des Francs Chilpéric, à titre d’auxiliaire, tenant son investiture de l’empire, et sans l’attendre, se fait tuer dans un assaut. Les Francs, survenus le lendemain, emportent la ville et en saccagent le territoire ; mais les Saxons, poursuivis jusque dans leurs îles, disparaissent sans retour (471)[1]. C’est seulement après la mort de Syagrius, le « roi » des soldats romains dispersés entre la Somme et la Loire, que l’Anjou tombe directement sous la main des Francs. Il échoit, après Clovis (511), à Clodomir avec Orléans, Tours et le Mans, puis au roi d’Australie Théodebert (534-547) et à son fils et successeur Théodebald (547-558), qui tous deux y vinrent plus d’une fois visiter le glorieux[2] saint Maur. Clotaire aussi, leur héritier (558-561), fier d’être plus riche et plus puissant qu’eux[3] pour mieux honorer le grand apôtre, l’appelait souvent auprès de lui comme conseiller. De 561 à 567 l’Anjou fait partie du domaine de Charibert, roi de Paris, échoit ensuite au roi de Soissons Chilpéric (567-584), et dans l’expédition de 578 on voit marcher sous les ordres des Francs contre Waroch et ses Bretons les contingents d’Anjou et de Touraine et d’autres cités de l’ancien gouvernement armoricain[4]. — Gontran, roi d’Orléans et de Bourgogne, abusant de la tutelle, qui lui était confiée, du roi de Soissons, Clotaire II, laissa en mourant (593) le pays annexé à son royaume de Bourgogne sous le gouvernement de Childebert II, puis en 596 de son fils Théodoric II ; mais ce dernier meurt subitement en 613 et Clotaire II, qui avait été contraint par lui de renoncer à tous ses droits sur le territoire entre la Seine, la mer et la Loire (600)[5], réunit en ses mains sans conteste toute la monarchie franque.

L’Anjou dès lors suit les destinées de la Neustrie.

Les gouverneurs ou comtes royaux.

La province, le pagus, apparaît dès la fin tout au moins de la domination romaine et jusqu’au Xe siècle sous l’administration d’un gouverneur, qualifié du titre de comte ou vicomte dont l’autorité précaire reste à la libre révocation du pouvoir qui la lui a donnée. Florus, le puissant seigneur de Glanfeuil, était vicomte du pays angevin pour le roi Théodebert, au moment de l’arrivée de saint Maur (543)[6]. C’est comme comte que Théodulphe fut délégué en 585 par le roi Gontran, mais à peine entré à Angers, il s’en vit expulser par les citoyens et ne parvint à s’installer que muni de nouveaux pouvoirs et assisté du duc Sigulf, c’est-à-dire de son chef hiérar[chique]


  1. C’est ainsi du moins qu’après Dubos, III, 6, la critique moderne, Lehuéron, I, 227, Pétigny, II, 223-237, et en dernier lieu Fustel de Coulanges, 2e édit., p. 634, interprètent le fameux passage de Grégoire de Tours, II, 18, bien différemment compris par Frédégaire (D. Bouq. II, 546) et encore aujourd’hui par tous les livres angevins.
  2. Bolland., t. II, p. 331.
  3. Prœsertim cum ampliorem illis tam regni quam divitiarum obtineamus potestatem, lui fait dire le légendaire. Ibid., p. 331.
  4. Grég, de Tours, V, 27.
  5. D. Bouq. III, 110.
  6. Cum in omni regno summam ohtineret potestatem ac vice comitis in Andegavensi eo tempore fungeretur pago, Boll., janv., t. II, p. 329.


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