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« Rochefort-sur-Loire » : différence entre les versions

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== Histoire et patrimoine ==
== Histoire et patrimoine ==
La voie antique de la rive gauche de la Loire y longe les coteaux. Le village fortifié d'origine est implanté dans la vallée, protégé par les trois promontoires de [[Saint-Offange]], [[Saint-Symphorien]] et [[Dieuzie]]. Il est mentionné sous au {{XIs}} sous le nom de ''[[Rochefort|Roca forti]]''. Mais c'est plus haut, au bas des coteaux, à l'abri des crues, que s'implantera le bourg d'aujourd'hui. La situation du château de Saint-Offange en fait un verrou pour la Loire et les routes des deux rives. Comme dans le reste de l'Anjou, la population sera touchée par plusieurs vagues épidémiques, par exemple par la dysenterie en [[1707]]. Au {{XVIIIs}}, Rochefort-sur-Loire relève de l'élection d'Angers<ref name="cport1989">Célestin Port (révisé par André Sarazin et Pascal Tellier), ''Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou'', {{t.|III}} (N-R), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1989, 2e éd. (1re éd. 1878), {{p.|467-475}}</ref>{{,}}<ref>''[[BDF49 L'Anjou#Rochefort-sur-Loire|Coteaux du Layon et région de Rochefort]]'' <small>[[http://web.archive.org/web/20171105151144/http://bdf49.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=17:rochefort-sur-loire&catid=14:l-anjou&Itemid=43 archive]]</small>, février 2010</ref>{{,}}<ref>Jean-Louis Robin, ''1707, 1740, 1779, 1834, de multiples épidémies à Rochefort s/Loire'', dans ''Revue de l'APEC Rochefort-sur-Loire'', n° 38, printemps 2021, p. 6-12 (APEC, Association patrimoine environnement culture)</ref>.
La voie antique de la rive gauche de la Loire y longe les coteaux. Le village fortifié d'origine est implanté dans la vallée, protégé par les trois promontoires de [[Saint-Offange]], [[Saint-Symphorien]] et [[Dieuzie]]. Il est mentionné sous au {{XIs}} sous le nom de ''[[Rochefort|Roca forti]]''. La cité médiévale est close d'une fortification (ville close). Mais c'est plus haut, au bas des coteaux, à l'abri des crues, que s'implantera le bourg d'aujourd'hui. La situation du château de Saint-Offange en fait un verrou pour la Loire et les routes des deux rives. Comme dans le reste de l'Anjou, la population sera touchée par plusieurs vagues épidémiques, par exemple par la dysenterie en [[1707]]. Au {{XVIIIs}}, Rochefort-sur-Loire relève de l'élection d'Angers<ref name="cport1989">Célestin Port (révisé par André Sarazin et Pascal Tellier), ''Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou'', {{t.|III}} (N-R), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1989, 2e éd. (1re éd. 1878), {{p.|467-475}}</ref>{{,}}<ref>Conseil général de Maine-et-Loire - Service départemental de l'Inventaire (Ronan Durandière), ''Portes de ville en Anjou : L'Anjou et ses 32 villes closes'', coll. ''Reflets - Patrimoine de Maine-et-Loire'', septembre 2003</ref>{{,}}<ref>''[[BDF49 L'Anjou#Rochefort-sur-Loire|Coteaux du Layon et région de Rochefort]]'' <small>[[http://web.archive.org/web/20171105151144/http://bdf49.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=17:rochefort-sur-loire&catid=14:l-anjou&Itemid=43 archive]]</small>, février 2010</ref>{{,}}<ref>Jean-Louis Robin, ''1707, 1740, 1779, 1834, de multiples épidémies à Rochefort s/Loire'', dans ''Revue de l'APEC Rochefort-sur-Loire'', n° 38, printemps 2021, p. 6-12 (APEC, Association patrimoine environnement culture)</ref>.


Patrimoine architectural<ref name="merimee">Ministère de la Culture, ''Base Mérimée (Rochefort-sur-Loire)'', mai 2012</ref>{{,}}<ref name="cport1989-p468">Dict. Célestin Port de 1989, ''op. cit.'', p. 468</ref> :
Patrimoine architectural<ref name="merimee">Ministère de la Culture, ''Base Mérimée (Rochefort-sur-Loire)'', mai 2012</ref>{{,}}<ref name="cport1989-p468">Dict. Célestin Port de 1989, ''op. cit.'', p. 468</ref> :
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== Cité ligérienne ==
== Cité ligérienne ==
C'est une commune de Loire : le bourg est au bord du bras du [[Louet]] et [[les Lombardières]], ancien village de mariniers et de pêcheurs, au bord du fleuve<ref>Ouest-France, ''Rochefort-sur-Loire. Rochefort au fil de l'eau, entre Loire et Layon'', 9 octobre 2024 (selon Jean-Louis Robin, président de l'Association pour le patrimoine et l'histoire de Rochefort)</ref>.
C'est une commune de Loire : le bourg est au bord du bras du [[Louet]] et [[les Lombardières]], ancien village de mariniers et de pêcheurs, au bord du fleuve<ref>Ouest-France, ''Rochefort-sur-Loire. Rochefort au fil de l'eau, entre Loire et Layon'', 9 octobre 2024 (selon Jean-Louis Robin, président de l'Association pour le patrimoine et l'histoire de Rochefort)</ref>. Une partie de son territoire est sujet aux [[Crues en Maine-et-Loire|inondations]]. Dans la vallée de Rochefort, elles gagnent tout d'abord les basses terres et font suite aux débordements du Louet. Les eaux gagnent ensuite la route qu'elles coupent lorsqu'elles sont importantes<ref>Dominique Oudot, ''Les îles de la Loire angevine armoricaine'', dans ''Norois'', n° 142, avril-juin 1989, p. 205-223</ref>.


Ce village [[ligérien]] se situe entre fleuve et coteaux, dans le Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l'[[Val de Loire angevin classé à l'UNESCO|UNESCO]], de Sully-sur-Loire (45) à Chalonnes-sur-Loire, dans une zone [[Zones Natura 2000 en Maine-et-Loire|Natura 2000]] pour la vallée de la Loire entre Nantes et Les Ponts-de-Cé, et dans le site classé de la confluence Maine Loire et des coteaux angevins<ref name="dreal">DREAL Pays de la Loire, ''Données environnementales GéoSource'', mai 2012</ref>{{,}}<ref>Confluence Maine-Loire et coteaux angevins, Décret du 23 février 2010 portant classement d'un site, JORF n° 0047 du 25 février 2010, page 3564, texte n° 2 ([https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2010/2/23/DEVN0911338D/jo/texte sur Légifrance]).</ref>.
Ce village [[ligérien]] se situe entre fleuve et coteaux, dans le Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l'[[Val de Loire angevin classé à l'UNESCO|UNESCO]], de Sully-sur-Loire (45) à Chalonnes-sur-Loire, dans une zone [[Zones Natura 2000 en Maine-et-Loire|Natura 2000]] pour la vallée de la Loire entre Nantes et Les Ponts-de-Cé, et dans le site classé de la confluence Maine Loire et des coteaux angevins<ref name="dreal">DREAL Pays de la Loire, ''Données environnementales GéoSource'', mai 2012</ref>{{,}}<ref>Confluence Maine-Loire et coteaux angevins, Décret du 23 février 2010 portant classement d'un site, JORF n° 0047 du 25 février 2010, page 3564, texte n° 2 ([https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2010/2/23/DEVN0911338D/jo/texte sur Légifrance]).</ref>.
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Jean Bouhier, pharmacien à Rochefort, et Pierre Penon, peintre qu'il héberge, ont de longues discussions. Ils parlent peinture, poésie, philosophie, et collaborent à un ouvrage, ''Les onze cordes de l'arc'', paru en [[1941]]. Dans son prolongement, revendiquant la liberté de l'esprit, ils décident de créer un groupe poétique qu'ils nomment {{citation|l'École de Rochefort}} et une revue littéraire, les ''Cahiers de l'École de Rochefort''<ref name="cbft-2023" />{{,}}<ref name="tl-2010" />{{,}}<ref name="jyd-2007-2010">Jean-Yves Debreuille, ''L'École de Rochefort (1941-1961)'', dans ''Le français : des mots de chacun, une langue pour tous'', édité par Françoise Argod-Dutard, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 279-288</ref>{{,}}<ref>Jean-Yves Debreuille, ''Poésie engagée et poésie dégagée'', dans ''Écrire sous l'Occupation'', édité par Bruno Curatolo et François Marcot, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 223-232</ref>.
Jean Bouhier, pharmacien à Rochefort, et Pierre Penon, peintre qu'il héberge, ont de longues discussions. Ils parlent peinture, poésie, philosophie, et collaborent à un ouvrage, ''Les onze cordes de l'arc'', paru en [[1941]]. Dans son prolongement, revendiquant la liberté de l'esprit, ils décident de créer un groupe poétique qu'ils nomment {{citation|l'École de Rochefort}} et une revue littéraire, les ''Cahiers de l'École de Rochefort''<ref name="cbft-2023" />{{,}}<ref name="tl-2010" />{{,}}<ref name="jyd-2007-2010">Jean-Yves Debreuille, ''L'École de Rochefort (1941-1961)'', dans ''Le français : des mots de chacun, une langue pour tous'', édité par Françoise Argod-Dutard, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 279-288</ref>{{,}}<ref>Jean-Yves Debreuille, ''Poésie engagée et poésie dégagée'', dans ''Écrire sous l'Occupation'', édité par Bruno Curatolo et François Marcot, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 223-232</ref>.


René-Guy Cadou, un des premiers ralliés de Jean Bouhier, Michel Manoll, Jean Rousselot, Luc Bérimont, Maurice Fombeure, Roger Toulouse, Jean Jégoudez, Marcel Béalu, Yanette Delétang-Tardif et d'autres de la poésie nouvelle, collaborent à la revue. La première série des cahiers est publiée entre le 15 mai et le {{date|1{{er}} septembre 1941}}, les deux premiers portant à leur dos un manifeste. Ce mouvement s'inscrit dans une démarche de liberté d'expression et d'humanisme. La petite ville de Rochefort devient alors un haut lieu de la poésie et de la résistance artistique<ref name="tl-2010" />{{,}}<ref name="cbft-2023" />{{,}}<ref name="jyd-2007-2010" />.
[[Automne par R. G. Cadou|René-Guy Cadou]], un des premiers ralliés de Jean Bouhier, Michel Manoll, Jean Rousselot, Luc Bérimont, Maurice Fombeure, Roger Toulouse, Jean Jégoudez, Marcel Béalu, Yanette Delétang-Tardif et d'autres de la poésie nouvelle, collaborent à la revue. La première série des cahiers est publiée entre le 15 mai et le {{date|1{{er}} septembre 1941}}, les deux premiers portant à leur dos un manifeste. Ce mouvement s'inscrit dans une démarche de liberté d'expression et d'humanisme. La petite ville de Rochefort devient alors un haut lieu de la poésie et de la résistance artistique<ref name="tl-2010" />{{,}}<ref name="cbft-2023" />{{,}}<ref name="jyd-2007-2010" />.


Le groupe littéraire disparaît à la Libération, puis renaît en 1951 au décès de René-Guy Cadou avant de disparaître une nouvelle fois dix ans plus tard. Il réapparaît de nouveau en 1991 à Rochefort, au quarantième anniversaire de la mort de René-Guy Cadou<ref name="jyd-2007-2010" />{{,}}<ref>Ouest-France (Marianne Deumié), ''Le village qui déclame son amour aux poètes'', 18 juin 2016</ref>.
Le groupe littéraire disparaît à la Libération, puis renaît en 1951 au décès de René-Guy Cadou avant de disparaître une nouvelle fois dix ans plus tard. Il réapparaît de nouveau en 1991 à Rochefort, au quarantième anniversaire de la mort de René-Guy Cadou<ref name="jyd-2007-2010" />{{,}}<ref>Ouest-France (Marianne Deumié), ''Le village qui déclame son amour aux poètes'', 18 juin 2016</ref>.


== Espace et territoire ==
== Espace et territoire ==
La commune rurale de Rochefort-sur-Loire s'étend sur {{unité|28.01|km|2}} ({{unité|2801|hectares}})<ref name="raa85-2018" /> et son altitude varie de 12 à {{unité|104|mètres}}. Le [[Louet]] traverse son territoire, en bas du bourg, tandis que la [[Loire]] marque sa limite nord. Au sud, sur le village voisin de [[Saint-Aubin-de-Luigné]], se trouve le [[Layon]] qui marque la limite des Mauges<ref name="geoportail">IGN et BRGM, ''Géoportail (Rochefort-sur-Loire 49)'', mai 2012</ref>.
La commune rurale de Rochefort-sur-Loire s'étend sur plus de {{unité|28|km|2}} ({{unité|2801|hectares}})<ref name="raa85-2018" /> et son altitude varie de 12 à {{unité|104|mètres}}. Le [[Louet]] traverse son territoire, en bas du bourg, tandis que la [[Loire]] marque sa limite nord. Au sud, sur le village voisin de [[Saint-Aubin-de-Luigné]], se trouve le [[Layon]] qui marque la limite des Mauges<ref name="geoportail">IGN et BRGM, ''Géoportail (Rochefort-sur-Loire 49)'', mai 2012</ref>.


Une partie de son territoire se trouve sur la Loire des promontoires, tandis que sa partie Est se trouve sur les plateaux de l'Aubance<ref>''Atlas des paysages de Maine et Loire'', voir [[Liste des unités paysagères de Maine-et-Loire|unités paysagères]].</ref>. À l'est du bourg, sur la route de Chalonnes, on trouve le site de la [[Corniche Angevine]]. Au nord, ce sont les bords de [[Loire]]. De la vallée, émergent trois pointes rocheuses, Saint-Offange, Saint-Symphorien et Dieuzie ; buttes insubmersibles dominant l'étiage de 10 à {{unité|35|mètres}}<ref>Dominique Oudot, ''Les îles de la Loire angevine armoricaine'', dans ''Norois'', n° 142, avril-juin 1989, p. 206</ref>. Le pont venant de Rochefort, et se dirigeant vers Béhuard et Savennières, enjambe le bras des [[Les Lombardières|Lombardières]]<ref name="geoportail" />.
Une partie de son territoire se trouve sur la Loire des promontoires, tandis que sa partie Est se trouve sur les plateaux de l'Aubance<ref>''Atlas des paysages de Maine et Loire'', voir [[Liste des unités paysagères de Maine-et-Loire|unités paysagères]].</ref>. À l'est du bourg, sur la route de Chalonnes, on trouve le site de la [[Corniche Angevine]]. Au nord, ce sont les bords de [[Loire]]. De la vallée, émergent trois pointes rocheuses, Saint-Offange, Saint-Symphorien et Dieuzie ; buttes insubmersibles dominant l'étiage de 10 à {{unité|35|mètres}}<ref>Dominique Oudot, ''Les îles de la Loire angevine armoricaine'', dans ''Norois'', n° 142, avril-juin 1989, p. 206</ref>. Le pont venant de Rochefort, et se dirigeant vers Béhuard et Savennières, enjambe le bras des [[Les Lombardières|Lombardières]]<ref name="geoportail" />.
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[[Catégorie:Saumurois]]
[[Catégorie:Saumurois]]
[[Catégorie:Rochefort-sur-Loire]]
[[Catégorie:Rochefort-sur-Loire]]
[[Catégorie:ville close]]
[[Catégorie:UNESCO 933]]
[[Catégorie:UNESCO 933]]
[[Catégorie:Natura 2000]]
[[Catégorie:Natura 2000]]