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« Béhuard » : différence entre les versions

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{{Infobox commune
{{Infobox commune
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'''Béhuard''' est une commune [[Glossaire#L|ligérienne]] de l'ouest de la France, qui se situe dans le département de [[Maine-et-Loire]] (49), entre les communes de [[Rochefort-sur-Loire]] et [[Savennières]].
'''Béhuard''' est une commune [[ligérienne]] de l'ouest de la France qui se situe dans le département de [[Maine-et-Loire]] (49), en aval d'Angers entre Savennières et Rochefort-sur-Loire, dans la zone du Val de Loire inscrite au patrimoine mondial. C'est la seule commune à être une île sur la Loire.


Elle devient [[Population de Maine-et-Loire/2022|en 2022]] la plus petite commune de Maine-et-Loire en nombre d'habitants.


[[Labels et classements des villes et villages#Petites cités de caractère|Petite cité de caractère]], '''Béhuard''' est construit sur une ile de la [[Loire]] d'une superficie d'un peu plus de 2 {{km2}}. Une des particularités de Béhuard est que tout le village, ou presque, est inondable. Les Béhuardais doivent alors s'accommoder des caprices du fleuve qui est monté jusqu'à 6 m 78 en 1910 dans les rues du village, comme en témoigne le niveau d'eau installé à côté de l'église.


== Situation administrative ==
La commune angevine de Béhuard est membre de la communauté urbain d'[[Communauté urbaine Angers Loire Métropole|Angers-Loire-Métropole]], et se trouve sans le canton [[Canton d'Angers-3|d'Angers-3]] (Savennières en 1793, [[Canton de Saint-Georges-sur-Loire|Saint-Georges]] en 1801<ref>École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ''Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui - Notice communale de Béhuard'', 2007</ref>) et l'arrondissement [[Arrondissement d'Angers|d'Angers]]<ref name="insee-gae">Insee, ''Géographie administrative et d'étude - Béhuard (49028)'', 2020</ref>.
Son code commune (Insee) est 49028 et son code postal est 49170. Ses habitants se nomment (gentilé) les Béhuardais et les Béhuardaises. Sa population est de {{unité|110|habitants}} en 1999, 124 en 2012 et 126 en 2020<ref>[[Population de Maine-et-Loire]] ([[Population de Maine-et-Loire/1793|1793]], [[Population de Maine-et-Loire/1800|1800]], [[Population de Maine-et-Loire/1999|1999]], [[Population de Maine-et-Loire/2012|2012]], [[Population de Maine-et-Loire/2020|2020]])</ref>. La commune de Béhuard appartient à l'Aire d'attraction des villes d'Angers, à la Zone d'emploi d'Angers et au bassin de vie d'Angers<ref name="insee-gae" />.
La mairie de Béhuard se trouve 9 rue du Chevalier-Buhard (tél. 02 41 72 84 11, courriel [mailto:mairie.behuard@wanadoo.fr behuard]).
== Histoire et patrimoine ==
Les terres de Béhuard, des îles non encore réunies, sont données en fief au {{XIs}} à un chevalier du nom de Buhard, qui donnera son nom à l'île ([[Beuhard|formes anciennes]]). C'est un lieu de pèlerinage des bateliers. Au {{XVs}}, {{nobr|Louis XI}}, neveu de [[René d'Anjou]], ordonne de construire sur le rocher un sanctuaire, qui devient un lieu de pèlerinage dédié à la Vierge. Au fil des siècles le peuplement se développe autour de l'église<ref>Célestin Port (révisé par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), ''Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou'', {{t.|I}} (A-C), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1965, 2e éd. (1re éd. 1874), {{p.|321-326}}</ref>{{,}}<ref>Angers Loire Métropole (I. Berger-Wagon et C. Blin), ''Communes de Savennières, Bouchemaine et Béhuard (Maine-et-Loire) : Aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP)'', janvier 2016, p. 82</ref>.
Éléments du patrimoine<ref>Ministère de la Culture, ''Base Mérimée (Béhuard)'', octobre 2016</ref> :
* [[Église Notre-Dame de Béhuard|Église Notre-Dame]] (classée MH) du {{XVs}} ;
* Deux maisons (classées MH) du {{XVe}} et du {{XVIIIs}}, à proximité de l'église ;
* Le calvaire, construit après la Première Guerre mondiale comme monument du souvenir et comprenant trois chapelles.
Le Trésor de Béhuard est volé en mai 1975, dont certaines pièces avaient été offertes par {{nobr|Louis XI}}. Une partie du butin sera ensuite retrouvé<ref>Ouest-France (Kate Stend), ''Comment ce trésor de Louis XI a été volé un soir de 1975, sur une île, près d'Angers'', 23 juillet 2024</ref>.
Site patrimonial remarquable<ref>Ministère de la Culture, ''Base Mérimée - Site patrimonial remarquable (SPR5200017)'', 2021-2022</ref>.
Ce territoire se trouve sur la zone du Val de Loire, entre Sully-sur-Loire et Chalonnes, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'[[Val de Loire angevin classé à l'UNESCO|UNESCO]]<ref>DREAL Pays de la Loire (Ministère de l'Écologie), ''Données communales - 933 Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes'', juin 2017</ref>.
== Fête du 15 août ==
Chaque 15 août, le petit village de Béhuard accueille plusieurs milliers de fidèles pour la messe de l'Assomption qui s'y déroule en plein air<ref>Ouest-France (Mathys Vallée), ''À Béhuard, des milliers de fidèles assistent à la plus importante messe de l'année'', 16 août 2024</ref>. Une tradition qui s'explique par l'histoire du sanctuaire. La légende raconte qu'au {{Vs}}, l'évêque d'Angers saint Maurille aurait évangélisé le site en déposant une image de la vierge Marie. La Vierge de Béhuard est ensuite souvent invoquée par les pêcheurs en détresse sur la Loire et acquière une grande renommée. Au {{XVe}} s., le roi {{nobr|Louis XI}}, sauvé des eaux après avoir invoqué la Vierge pour lui venir en aide, fait construire à Béhuard un sanctuaire en son honneur et installe un {{abréviation|chapitre|assemblée de religieux}} royal<ref>André Salmon, ''Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire, 1852-1853'', Bibliothèque de l'école des chartes, 1855, t. 16, p. 281-285</ref>{{,}}<ref>Anna Leicher, ''Un don des Clarisses de Mazamet pour le sanctuaire de Béhuard en Anjou'', dans ''Patrimoines du Sud'', n° 14, 2021</ref>{{,}}<ref>Ouest-France (Paul Edon), ''Pourquoi cette commune d'Anjou attire-t-elle des milliers de pèlerins pour célébrer l'Assomption ?'', 15 août 2025</ref>.
== Île sur la Loire ==
Béhuard est une île sur la [[Loire]] ; la seule commune ligérienne à être entièrement circonscrite dans une île inondable de ce fleuve<ref>Charles-Alain Schulé, ''L'eau et les paysages dans l'espace urbain et urbain d'Angers'' dans ''Hommes et Terres du Nord'', 1996/1, ''Eau des villes et eau des champs mieux connaître pour mieux gérer'', Université de Lille-1, p. 54</ref>. Le village est ceinturé par deux bras de la Loire. Le bras principal (ou bras des Lombardières) délimite sa partie Nord et Est, et le bras de la Guillemette sa partie Ouest. La [[Guillemette]] est à ce niveau le bras nord qui sépare Béhuard de [[Savennières]], tandis qu'au sud le bras des [[Les Lombardières|Lombardières]] sépare Béhuard de [[Rochefort-sur-Loire|Rochefort]]<ref>IGN et BRGM, ''Géoportail (Béhuard 49)'', avril 2010</ref>.
L'île est essentiellement alluviale, mais comporte aussi des pointements du socle armoricain. Sa géographie est dominée par le phénomène de l'[[Crues en Maine-et-Loire|inondation]] plus ou moins importante selon les années<ref>Dominique Oudot, ''Les îles de la Loire angevine armoricaine'', dans ''Norois'', n° 142, avril-juin 1989, p. 205-223</ref>.
Occupant une île, l'une de ses particularités est que tout son territoire, ou presque, est inondable. Les Béhuardais doivent alors s'accommoder des caprices du fleuve, comme en [[1910]] où l'eau monte jusqu'à {{nobr|6 mètres 78}} dans les rues du village comme en témoigne le niveau d'eau installé à côté de l'église<ref>Le Courrier de l'Ouest, ''Maine-et-Loire Béhuard sait vivre avec les crues'', 4 juin 2016</ref>. C'est régulièrement le cas comme en janvier [[2025]] ou en février [[2026]]. L'unique route qui relie l'île à la terre ferme est alors aussi submergée<ref>Ouest-France (Éric de Grandmaison), ''« On a la culture de l'inondation » : les habitants de cette île de Loire sont coupés du monde'', 16 février 2026</ref>. Seule l'église est protégée de la montée des eaux. Construit sur un rocher volcanique, le sanctuaire Notre-Dame domine le village et servait autrefois de refuge pendant les inondations.
== Espace et territoire ==
La commune rurale de Béhuard s'étend sur plus de {{unité|2|km|2}} ({{unité|221|hectares}}) et son altitude varie de 12 à {{unité|16|mètres}}<ref>IGN, ''Répertoire géographique des communes (RGC)'', données 2014 ([[Altitude des communes de Maine-et-Loire|altitude]], [[Superficie des communes de Maine-et-Loire|superficie]])</ref>. Son territoire se situe l'unité paysagère de la Loire des promontoires<ref>''Atlas des paysages de Maine et Loire'', voir [[Liste des unités paysagères de Maine-et-Loire|unités paysagères]].</ref>, et dans la zone [[Zones Natura 2000 en Maine-et-Loire|Natura 2000]] de la vallée de la Loire entre Nantes et Les Ponts-de-Cé, zone de {{unité|90|kilomètres}} le long de la vallée pour la préservation de la diversité biologique s'intégrant dans l'entité écologique du bassin de la Loire<ref>DREAL Pays de la Loire (Ministère de l'Écologie), ''Données communales - FR5212002 Vallée de la Loire de Nantes aux Ponts-de-Cé et ses annexes'', juin 2017 (Arrêté du préfet de la Loire-Atlantique en date du 2 décembre 2011 et du préfet de Maine-et-Loire en date du 24 novembre 2011, n° DREAL 2011-44/49-01)</ref>.
L'un des circuits de [[La Loire à vélo en Maine-et-Loire|La Loire à vélo]] passe par la commune.
{{Loire à vélo | ouest = [[La Possonnière]] | est = [[Savennières]] }}
Localités aux alentours : [[Savennières]] ({{unité|1.2|km}}), [[Rochefort-sur-Loire]] ({{unité|2.8|km}}), [[Denée]] ({{unité|2.8|km}}), [[La Possonnière]] ({{unité|3.1|km}}), [[Saint-Jean-de-la-Croix]] ({{unité|4.9|km}}), [[Bouchemaine]] ({{unité|5.4|km}}), [[Saint-Aubin-de-Luigné]] ({{unité|5.9|km}}), [[Mûrs-Erigné]] ({{unité|6.9|km}}), [[Saint-Martin-du-Fouilloux]] ({{unité|7.4|km}}) et [[Mozé-sur-Louet]] ({{unité|7.4|km}})<ref>Lion1906 (Lionel Delvarre), ''Distances à partir de Béhuard (49)'', juin 2010 — Les distances affichées sont des distances orthodromiques (à vol d'oiseau).</ref>.


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Fichier:Béhuard.JPG|<center>Rue du village</center>
File:Loire behuard 2010a.jpg|Nord de l'île en hiver
Fichier:Béhuard-Niveau d'eau.JPG|<center>Niveau d'eau</center>
File:Béhuard-Niveau d'eau.JPG|Échelle de crue
Fichier:Béhuard-rue.JPG|<center>Une rue pavée</center>
File:Béhuard.JPG|Rue du village
Fichier:Loire behuard pont 2008.jpg|<center>Pont sur la Loire</center>
File:Béhuard-Sanctuaire.JPG|Église Notre-Dame
File:Béhuard-rocher.JPG|Rocher du sanctuaire
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</gallery>




Seule l'église est protégée de la montée des eaux. Construit sur un rocher volcanique, le sanctuaire Notre Dame domine le village et servait de refuge pendant les inondations. C'est au XV{{s}} que Louis XI, neveu du [[Histoire de l'Anjou et du Maine-et-Loire#Les Ducs d'Anjou|roi René]] d’Anjou, ordonna de construire sur le rocher le sanctuaire que nous connaissons aujourd'hui.
On dit [[On dit quoi|''Béhuard'' ou ''Beuhard'']] ?
 
== Célestin Port (1874) ==
<!-- Reproduction du texte de Célestin Port. Ne peut être modifié. -->
Béhuard dans le [[dictionnaire Célestin Port]] de 1874<ref>Célestin Port, ''Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire'', t. 1 (A-C), P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers), 1874, pages 287 à 289</ref> :
 
{{citation|'''Béhuard''', canton de Saint-Georges-sur-Loire
(13 {{abréviation|kil.|kilomètres}}), {{abréviation|arrond.|arrondissement}} d’Angers (16kil.). — ''Buhardus''
1063 circa (Epît. St-Nicol. p. 20) : c’est le nom
d’un chevalier breton, qu’a conservé mieux encore
la prononciation populaire : ''Buhard'', — ''Rupes''
''Buhuardi'' 1070 circa (D. Houss., n° 989).
''Rochia Buhuiardi'' 1110-1165 (Epît. St-Nic,
p. 95). — ''Notre-Dame de Béhuard'' 1478 (CC 5).
 
La commune occupe deux îles de Loire, dont
la plus grande et la seule qui soit habitée mesure
un peu plus de 4 kil. de longueur, coupée
de jolis vallons, [[boires]] autrefois de la Loire qui y
formait deux ou trois petits îlots aujourd’hui
réunis, et renommée entre toutes par ses sentiers
verdoyants et sa situation charmante au-dessous
du confluent de la Maine, entre les coteaux de
Rochefort (3 kil.) et de Savennières (600 {{abréviation|mèt.|mètres}}),
vis-à-vis la station des Forges (200 mèt.). Deux
bacs communiquent avec l’une ou l’autre rive de
la Loire, où fait escale à portée le bateau à vapeur
d’Angers à Nantes.
 
En dépendent les hameaux du Merdreau (1 kil.),
du Haut-Griveau (1,500 mèt.), du Bas-Griveau
(2 kil.), du Bois (300 mèt.) et la ferme de la
Maison-Neuve.
 
Superficie : 221 hectares ; ni vignes ni bois ;
lins, froments, surtout des chanvres.
 
Population. 62 feux, 315 {{abréviation|hab.|habitants}} en 1720. —
feux, 230 communiants en 1737. — 72 feux
en 1741, 180 communiants. — En l’an XIII,
312 hab.— En 1820, 270 hab. — En 1831, 280 hab.
— En 1841, 257 hab. — En 1850, 239 hab. —
En 1861, 235 hab. — En 1866, 237 hab. dont 166
au bourg (70 maisons, 76 ménages).
 
Bureau de poste de St-Georges-sur-Loire et
perception de Savennières.
 
Mairie et École construite en 1860-1864 par
l’architecte Richou.
 
L’Église, conservée comme oratoire par le décret
du 9 avril 1791, a été érigée en succursale
par ordonnance du 19 avril 1826. Elle est dédiée
à Notre-Dame. C’est un petit temple rustique
(7 mèt. sur 3 mèt. 50, plus une chapelle latérale
de 5 mèt.), situé sur un pic de quartz siliceux de
7 à 8 mèt. d’élévation, qu’entourent des bas chemins.
Le plan primitif de l’œuvre comprenait une
simple nef, accrue d’un chœur superposé à rentrée,
et fut a grandi presque au courant des travaux
par l’adjonction d’une chapelle en retour d’équerre.
L’accès à lieu par deux escaliers de pierre
dont le plus haut, de cinq paliers, se dédouble à
mi-hauteur pour gagner extérieurement le chœur
on la plate-forme du rocher sur lequel existait
une antique construction. — Au bas, à droite,
encadrant d’une manière charmante et la montée
et la vue de l’édifice, s’avance un logis à pignon
du XVI{{e}} s., avec deux fenêtres géminées à meneaux,
le chanfrein orné d’une cordelière, à gauche
une petite niche avec dais architectural, cul de
lampe (fin du XVI{{e}} s.) et Vierge du XVII{{e}} s. Le
reste de la maison est moderne et porte la date :
1698. — En haut de l’escalier, un bénitier creuse sa
place dans le roc. La porte en face, à double arceau
en retrait d’ogive, est surmontée d’une fausse
fenêtre à double arcade trilobée, qu’enserre un
fer à cheval ; au-dessus, une rose à trois meneaux
de dessins flamboyants ; au sommet du pignon,
l’écu de France. — Dès l’entrée, à gauche, sous
le lambris de la voûte surbaissée, se présentent
des fonts baptismaux du XV{{e}} s., à pied octogonal,
avec piscine en contre-fort, couvercle en
bois et serrure à vertevelle. — Le chœur au-dessus,
communiquant avec la nef par un escalier de
bois, garde de curieuses stalles à miséricordes
finement sculptées (deux chiens se disputant un
os, un paysan endormi, un autre couché, une
tête de femme, un chapeau rond, un fou avec son
chaperon à grelot). Dans la petite fenêtre, un
vitrail brisé porte le monogramme du Christ. —
Vis-à-vis, un tableau votif, découpé dans une toile
plus grande, est le portrait de Louise et de Renée
d’Appellevoisin (XVII{{e}} s.) — Des combles de bois
forment la voûte en carène de navire, avec entraits
et poinçons apparents dans le goût du XV{{e}} s.
Au fond de la nef s’élève l’autel de la Vierge ; à
côté une curieuse statue du XV{{e}} s., comme le
reste de l’œuvre, et non du XII{{e}} s., comme le prétend
la tradition ; elle tient dans la main un
sceptre fleurdelisé. La fenêtre à double meneau,
chargé de triples enroulements flamboyants est
remplie par un vitrail votif (XVI{{e}} s.) ; dans le panneau
central figure une Crucifixion, au-dessus
d’un écusson ''de gueules à fleurs de lys d’argent''
''avec une croix de même'' ; dans les panneaux
de droite et de gauche un seigneur et sa dame à
genoux, assistés de leurs patrons, Ste Catherine
et St Jean ; sur leur tête, double écusson ''de gueule''
''à la croix d’argent tréflée d’hermine, parti,''
dans celui de la dame, ''de gueules à une fasce''
''ondée d*argent au lion rampant d’azur couronné''
''d’or, chargé sur les pattes de devant''
''d’une fleur de lys d’or'' ; les mômes armes se
retrouvent deux fois dans chacun des trois lobes
qui remplissent le sommet. Le vitrail de la seconde
nef est une œuvre refaite en partie, comme il serait
facile de le reconnaître sans la date et le nom de
l’ouvrier inscrits au panneau central : ''Thierry,''
''St Georges, 1837''. On y voit agenouillés devant
la Vierge et le Christ, Louis XI et Charles VIII,
un moine, un chanoine. Une autre petite fenêtre
vers N.-O. conserve aussi un St Nicolas du XV{{e}}s.
Cette seconde pièce n’offre d’ailleurs de remarquable
que des chaînes de prisonniers rachetés
d’Alger, un tronc antique formé d’un souche de
chêne écorcée, avec de lourds ferrements, une
longue inscription sur pierre, du XV{{e}} s., relatant
les dispositions prises après la mort de Louis XI
pour le service de la chapelle, enfin un singulier
et très curieux portrait de Louis XI, donné par
Charles VIII : le roi est représenté de profil, nez
long, bouche souriante et pincée, œil vif, avec
une robe jaune, pourpoint gris et calotte grise recouverte
d’un chapeau noir à basse forme. On y
conservait jusqu’en 1674 la figure en cire du même
prince, avec celles de la reine, sa femme, et d’un
Saint-Offange, toutes trois de grandeur naturelle.
— Signalons encore à la gauche de l’autel, un tableau
de ''St Bernard présentant à la Vierge''
''sa famille religieuse'' (XVII{{e}} s.) ; — un jet de lait
part du sein de la Vierge et se dirige vers les
lèvres de l’illustre docteur, en s’élargissant en
banderolle blanche sur laquelle est écrit : ''Mémento''
''congregationis nosiræ'' ; — une ''Assomption'',
donnée par Jeanne Réthoré, veuve Giffard,
1746, une ''Ste Geneviève'' de Mercier, et dans la
nef, deux statues de saints. — Des vues anciennes
de l’édifice ont été données dans la ''Vendée'' du
baron de Wismes, ''l’Anjou et ses monuments'' de
M. Godard, ''la Loire historique'' de Touchard-Lafosse,
prises toutes en face de l’entrée. La plus
pittoresque peut-être est celle qui se découvre du
jardin de la cure.
 
Une cime d’environ 9 pieds de rocher perçait
autrefois le sol et donnait à l’intérieur de l’église
un aspect original qui lui a été enlevé en 1852.
On a lancé en 1866 le prospectus d’une restauration
complète, dont les visées n’ont pas abouti.
11 est pourtant question de dégager cette année
(1872) l’église.
 
La sacristie, qui attient à la gauche du grand
autel, forme une petite pièce carrée, voûtée en
berceau de pierre doublé de trois arcs parallèles
d’ogive en saillie. Dans un angle apparaît un chapiteau
fleuronné, ancien support d’une statue.
D’après un inventaire de 1527 elle possédait alors,
comme reliques, une motte de champ acheté avec
les 30 deniers dont fut vendu le Christ, des ossements
d’une des Onze mille vierges et plusieurs
statuas d’argent. Elle conserve encore deux Paix,
dont une remarquable avec ''Pieta'' du XVII{{e}} s. ;
— un calice d’argent doré, à pied octogonal évasé
avec bourrelet fleuronné et cabochons fleurdelisés
(XV{{e}} s.) ; la patène niellée porte une main
bénissant, l’avant-bras chargé d’un manipule,
dans une couronne de quinte-feuilles (XV{{e}} s.) ; —
une statuette de ''Vierge'', d’argent repoussé, à
double base hexagonale rectangulaire superposée
en cuivre doré, le front ceint d’une haute couronne
à feuillages dorés terminés par des perles, les
cheveux épars sur les épaules, la tète mal assise
et sans grâce, mais le corps remarquablement
drapé ; l’Enfant vulgaire et les jambes bizarrement
entre-croisées ; œuvre curieuse mais tout au plus
du XVI{{e}} s. ; — deux encensoirs en cuivre ornés
de grillages dans la forme des fenêtres de la fin
du XV{{e}} s., avec coupole et lanternon ; un bénitier
portatif en bronze (XV{{e}} s.) ; — une belle croix
processionnelle en argent doré, à nœuf fleuronnés
et cabochons fleurdelisés (XVII{{e}} s.) ; — enfin
une admirable chape, dont les deux orfrais représentent
en six médaillons la légende de St-Jean.
Au centre, sur le chaperon, la scène splendide
de la décollation. L’agrafe est écussonnée ''de''
''gueules et d’or'', peut-être losangée à trois traits,
et surmontée d’une crosse abbatiale.
 
Buhard, à qui l’île doit son nom, était un chevalier
breton, qui ayant servi le comte d’Anjou,
Geoffroy-Martel, reçut de lui en fief deux îles de
Loire, dont la réunion a formé celle d’aujourd’hui.
Dans la première, sur le roc, il avait son manoir
et sa chapelle, desservie à demeure par un moine
de St-Nicolas d’Angers, dans la seconde, ses troupeaux.
À la mort de Geoffroy-Martel, son bienfaiteur,
il donna ses îles en propriété à l’abbaye
St-Nicolas qui peu à peu et vite acquit les divers
bras voisins de la Loire, reliés depuis en partie
au continent par la jetée du chemin de fer. Elle
s’empressa d’y élever une écluse, des moulins et
une seconde chapelle dont l’emplacement même
est ignoré. La célébrité de Notre-Dame ne date
que de Louis XI, qui plus tard, lorsqu’il lui importait
tort de faire ses dévotions en Anjou, se
souvint s’être recommandé d’elle, vingt ans auparavant,
en 1442, un jour qu’il était sur le point
de se noyer au passage de la Charente. Il y vint
en pèlerinage sans doute dès 1462 à son passage
à Angers et certainement en 1470 et y offrit
force « cierges d’or et d’argent. » Il y revint en 1472
et y séjourna quinze jours chez le chapelain ou chez
le bailli, et encore en 1474, quand il mit la main sur
le duché. C’est de cette époque que date la reconstruction
de l’édifice actuel. Louis XI fit un nouveau
pèlerinage en 1478, un dernier en 1480. La maladie
qui l’entreprit alors redoubla ses largesses aux
églises. Par acte de mars 1481 il fit acheter la
propriété de l’île aux moines, puis dans le dessein
d’ériger la chapelle en paroisse, il y institua
un Chapitre royal, composé d’un doyen, de six
chanoines, de six chapelains et de trois choraux,
à l’entretien desquels il affecta les revenus de la
paroisse et de la seigneurie de Denée et du droit
de Trépas de Loire, qui se percevait aux Ponts-de-Cé.
Une ordonnance du 30 avril 1483 accordait
aux chanoines, qui avaient dès lors pour doyen
le docteur Marc Fournier, la grâce à leur choix
d’un criminel dans le ressort du duché d’Anjou,
le Vendredi-Saint. La mort du roi ruina tout,
paroisse et Chapitre. Le Conseil de régence
livra au curé de Denée la seigneurie de Denée
et le gouvernement spirituel de l’île, à charge
d’y célébrer un certain nombre d’anniversaires
pour l’âme du feu roi.


Elle resta ainsi jusqu’au XVIII{{e}} s. simple annexe
et fillette de Denée, desservie par un vicaire.
Les plus anciens actes conservés datent de 1600,
en l’état où ils se trouvaient dès l’an 1741, que
le vicaire Maslin les fit relier à ses frais. Au
même pasteur, zélé pour son église, était due
la boiserie du grand autel posée le 31 novembre
1735, la restauration du sanctuaire en janvier
1736, la construction en pierre de l’escalier du
jubé, précédemment en bois, la façon de la chaire
en pierre, qu’il avait dorée lui-même en août
de la même année, enfin un petit autel boisé
avec un tableau de ''St Louis'', donné par le
curé, un autre de ''St Charles'', donné par M. de la
Roussière de Pantigné, — toute cette décoration,
boiserie, autel, chaire, tableaux, qu’il recommandait
à ses successeurs « pour l’honneur de Dieu »,
supprimée en 1848-1852. — C’est par décret épiscopal
du 8 août 1757 que la desservants fut érigée en
paroisse dont la présentation appartint au curé de
Denée. Une inscription du XVIII{{e}}., qui se lit encore
gravée sur une poutre du chœur, se trompe en indiquant
l’érection de la cure à la date de 1777 et
pour premier curé Gaugain. Charles Olivier, vicaire
depuis le 7 février 1751, signe curé à partir
du 21 septembre 1757 et meurt le 19 février 1766,
âgé de 65 ans. — François-Guy Gaugain lui
succède, 31 mars 1766, † le 20 avril 1788. — R.
Moreau, 8 juillet 1788. élu en avril 1791 curé
de Rochefort. — P. Bouvier, septembre 1791,
réduit au titre de desservant.


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En 1722 les habitants avaient établi dans leur
Fichier:Behuard chapelle cartepostale.jpg|<center>Notre-Dame de Béhuard</center>
île une école de filles, avec l’approbation de l’évêque
Fichier:Béhuard-Sanctuaire.JPG|<center>Sanctuaire Notre Dame de Béhuard</center>
qui nomma la première maîtresse, Marie
Fichier:Béhuard-rocher.JPG|<center>Rocher du sanctuaire Notre Dame</center>
Cady.
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La seigneurie de l’île appartenait au comte de
Serrant. — Elle relevait du Grenier à sel d’Angers,
du District de St-Georges en 1788, d’Angers en
1790. Pendant la guerre, elle servait de poste
d’observation aux Bleus et d’avant-garde pour
couvrir le passage de la Loire.


Béhuard est une île ligérienne. Le bras principal de la Loire (ou bras des Lombardières) délimite sa partie nord et est, et le bras de la Guillemette sa partie ouest.
Maires : Jacques Cady, 1790. — Charles-René-Jean
Colin, dit ''l’abbé Colin'', 1792, † le
7 janvier 1819. — Pierre-Jean Richou, 23 janvier
1819-1837. — Mathieu Richou, 1837-1848.
— Jacques Boussard, élu le 13 août 1&18.
— André Gaignard, 1871.


En 1832 le choléra y éclata avec violence le
1{{er}} juin. — En 1866 l’eau couvrit l’île sept fois
dans l’année.


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<small>Arch. de M.-et-L. C117 et ''Cartul. Saint Nic.'', p. 48.-Arch. commun. Série E. — ''Revue de l’Anjou'', 1853, t. II, p. 129-141, article de M. J. Quicherat. — Grandet, ''Notre-Dame-Angevine'', Mss. 620, f. 191. — ''Epit. Saint-Nicholai'', p. 20, 55, 57, 110, etc. — ''Affiches d’Angers'', 6 novembre 1778. — ''Répert. Archéol.'', 1866, p. 344 ; 1869, p. 48.</small>
Fichier:Loire behuard nord-2014a.JPG|<center>Vue sur la Loire avant l'île</center>
}}
Fichier:Behuard pointe nord-2014a.JPG|<center>Nord de l'île de Béhuard</center>
Fichier:Behuard pointe nord-2014b.JPG|<center>Nord de l'île de Béhuard (bras de la Guillemette)</center>
</gallery>


== Notes ==
Sur le même sujet
:* [[Béhuard en photos]]
:* [[Crues en Maine-et-Loire]]
:* [[Espaces naturels de Maine-et-Loire#Sites naturels|Îles de la Loire]]


Au XI{{s}}, ses terres sont données en fief à un chevalier du nom de Buard, qui donnera son nom à l'île.<br />
Sources et annotations
Sur le même sujet : [[On dit quoi|On dit ''Béhuard'' ou ''Beuhard'']], et [[Behuard|formes anciennes du nom]].
{{Références}}
: Les [[Beuhard|formes anciennes]] du nom.




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[[Catégorie:Commune|Behuard]]
[[Catégorie:Commune|Behuard]]
[[Catégorie:Région d'Angers|Behuard]]
[[Catégorie:Région d'Angers|Behuard]]
[[Catégorie:Béhuard]]
[[Catégorie:UNESCO 933]]
[[Catégorie:Natura 2000]]