Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page XLVI : Différence entre versions

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Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1874
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome premier, page XLVI


Dictionnaire Célestin Port de 1874, page XLVI.

XLVI

INTRODUCTION.


Population.

Les relevés de 1790 indiquaient pour le Maine-et-Loire une population de 407,786 âmes. Aussi le Conseil général protesta-t-il en 1791, quand la répartition des contributions prétendit l’évaluer à 455,500 habitants. Le dénombrement de l’an IX n’en compte plus que 376,113, diminution trop facilement expliquée par les désastres de cinq longues années de guerre. Dès 1820 les pertes étaient amplement réparées et le développement s’accuse vivement : 442,859 hab. en 1820. — 467,871 hab. en 1831. — 477,300 hab. en 1841. — 505,009 hab. en 1851. — 526,012 hab. en 1861. — 532,325 hab. en 1866. — 518,471 hab. en 1872. — 517,258 hab. en 1876.

L’accroissement de près d’un tiers (156,212 hab., acquis depuis le commencement du siècle, s’est trouvé réduit d’un dixième (13,854 hab.) à la suite de la dernière guerre, mais sera vite regagné. Tel quel ce recensement présente un chiffre de 73 hab. par kil. carré et, si l’on pense au petit nombre d’agglomérations importantes qu’il renferme, atteste une densité considérable de la population rurale relativement au reste de la France.

Agriculture.

Le pays, en effet, — malgré ses immenses ardoisières, sans rivales en France, ses mines de houille, ses exploitations de tuffeau, ses corderies, ses filatures renommées d’Angers, de Cholet, — est avant tout essentiellement agricole. — Vers l’E. dominent les cultures maraîchères, les pépinières, les fruits, les lins, les chanvres, qui à eux seuls occupent, de juin seulement à septembre, 21,000 hectares, fournissant plus de 21 millions de francs au marché d’Angers ; — vers l’O. les pâturages et les labours ; — vers S. les céréales, les prairies artificielles, les plantes fourragères pour l’engraissement du bétail à destination des marchés de Paris ; — vers N. le froment, le seigle, les châtaigniers, les noyers, les pommiers à cidre, dont la récolte trop inégale peut varier de 350,000 hectolitres, comme en 1877, à 425,000 hectolitres, comme en 1876 ; — au centre et partout, aux flancs de tous les coteaux, sur les hauts plateaux où les taillis reculent et font place, dans les replis même des vallées trop souvent brimées par les gelées printanières, la vigne, plus que jamais fêtée, malgré tant de menaces et de misères, par le propriétaire qu’elle enrichit, sur plus de 40,000 hectares, autrefois tout en récolte blanche, mais depuis 1849 garnis pour près d’un tiers en plants rouges, représentant ensemble une production moyenne de 900,000 hectolitres, qui a dépassé plus de 11 millions d’hectolitres en 1873. Sauf sur les confins lointains de la Bretagne ou des Mauges chaque ferme s’habitue à cultiver son lopin privilégié de vignoble, qui garnit à suffisance pour les besoins de l’année le petit caveau de la famille ; — et partout où domine la vigne, règnent avec elle et par elle l’aisance et la cordialité. Que de fois, dans mes courses, n’ai-je pas entendu dire : « Ici ni bourgeois ni pauvres ; tout vit à l’aise, en travaillant. »

Conclusion.

C’est le caractère de la vie en somme dans ces campagnes, quoique la richesse y abonde et qu’à chaque coin en belle lumière se dresse quelque château, tout battant neuf ou tout rajeuni. La Loire, qui coupe en deux profils distincts la physionomie du pays, y crée au cœur un large courant de vie, où tout converge du sol et du ciel pour s’y animer. Là l’horizon s’ouvre à pleine vallée et la vue, pour peu que le printemps et le soleil s’y prêtent, n’est qu’une fête le long des eaux semées d’îles et sur les deux rives, chargées d’églises, de cottages et de moissons.


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