Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page 35

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Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1874
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome premier, page 35


Dictionnaire Célestin Port de 1874, page 35.

ANGERS — 35 — ANGERS

à la ville et à la peuplade, d’Andes, Andecavi. — Civitas Andecavorum, Andecavorum, Ande gavorum (Not. Provinc.) — Andegaris civi. Andegaves, Andecavis, Andicavis civ. (Monnaies Méroving.). — Andecavis, Andecavis civitale, 681 (Formules Angev. Edit. de Rolières), Xe siècle (Cartul. Saint-Aubin, f. 3). — Civitas Andegava VIe s. (Vie de Saint-Aubin par Fortunat). — Andegava urbs (Grég. de Tours, 1. X, 9 et 14). — Andegavus, Andegavi (Ib. 1. II, 18) et adverbialement Andegavis. — C’est sur cette dernière forme, la plus commune, que s’est produite la forme actuelle par l’assourdissement de l’a et la syncope du v. — Andecaus civitas, Urbs Adegais, Aidega, Aide cous, Aidecu, Udegu, Udegav, variantes difformes données par les monnaies des comtes. V. Em. Desjardins, Carte de Peutinger, p. 27. — Angiers, XIIe-XVIIe siècles.

2. — Armoiries. — Angers portait depuis ses dues apaganistes : de gueule à la clé en pal d’argent, au chef d’azur chargé de deux fleurs de lys d’or, avec une couronne ducale. Un des sceaux, 1506, de la collection des Archives Impériales représente : un pont portant un château à trois tous ; sur celle du milieu un écu chargé d'une clé en pal, accosté en chef de deux fleurs de lys — et comme légende : Grand scel [de l’esch]evinage d’Angiers. Il est décrit déjà dans un acte de 1481 comme le sceau « duquel ceulx qui estoient de la dite mairie par le passé usoient en leurs besoignes et affaires privées. » Un autre sceau, et plus petit encore, servait pour les contrats. Arch. mun. BB. 2, f. 82. — Sous le premier Empire : de gueule à la clé en pal d’argent, avec une couronne murale à sept créneaux, sommée d'une aigle naissante d’or pour cimier, soutenue d’un caducée de même, auquel sont suspendus deux festons servant de lambrequins, l'un à dextre de chêne, l'autre à senestre d'olivier, aussi d'or, noués et rattachés par des bandelettes de gueule. — Elle a repris, depuis la Restauration, ses armes historiques, moins les fleurs de lys.

3. — Résumé historique. — César ne dit mot de la ville des Andes. Il est à peu près certain que la cité celtique n’était ni à Frémur ni à Andard ni ailleurs qu’à Angers même. On y a rencontré, de ces temps primitifs, des haches polies, — en pierre, boulevard du Château et près du doyenné de Saint-Laud, — en jaspe vert, au Champ-de Mars (1805-1841), — en bronze, avec anneau, à la gare du chemin de fer (1855), — une monnaie en électrum au cheval androcéphale, dans le clos des Belles-Poitrines (1848) ; — dans une sorte de puisard, à 5 pieds en terre, près le pont de la Chalouère (octobre 1828), une masse agglutinée de fragments de poterie grise à couverte brune, un torques de bronze, et des monnaies par milliers, dont un seul statère d’or pâle, plusieurs à potins coulés, le reste de bas billon, du poids de 8 ou 9 grains, de 12 à 20 millimètres de modèle, portant une tête de face et un sanglier,

ou la tête de profil et un cheval. V. Mém. de Ia Soc. d’ag., se. et arts d’Angers, t. I, p. 82, art. de M. Grille. — Répert. arch., 1859, p. 283, art. de M. Godard. — Dict. arch. de la Gaule, 1er liv, p. 59 et 62. — Berthe, Mss 896, p. 15.

L’histoire de la Gaule impériale est pendant trois siècles absolument ignorée. Les monuments seuls parlent, quoique relativement récents. On voit par eux l'existence attestée au moins au IIIe et IVe siècles d’une ville importante, qui se concentre au S.-O. de la ville actuelle vers Lévière, Saint-Laud, l’Académie, la Gare, les Terres-Noires et le Haras. Sur tous ces points se rencontrent de nombreuses découvertes de monnaies (I-IVe siècle) ; la plus importante pourtant à l’autre extrémité de la ville : 300 pièces de bronze, dans un vase d’argile rouge, sans vernis ni reliefs, au carrefour de Pierre-Lise, maison Trudelle ; — quatre inscriptions sans importance dont deux seulement conservées en original : l’épitaphe d’Arria trouvée en 1838 sous la porte de la Vieille-Charue, et celle de l’épouse de Flavius, autrefois dans le cimetière de St-Julien. V. Péan de la Tuilerie, nouv.édit., p. 157 ; — les deux autres découvertes dans la cave de la maison Puységur, place St-Maurice, perdues depuis, mais publiées par Bodin, Angers, 1. 1, p. 45 et 47, et dessinées, ainsi que les précédentes, par Berthe, Mss. 896. p. 13-20. — Un cimetière considérable (fin du IIe siècle), a été traversé par le tracé du chemin de fer. Une partie des colonnes funéraires se retrouve dans les fondements de la Cité. Nombre d’urnes dont une seule en bronze trouvée dès 1839 sur l’emplacement de la gare. Mém. de Soc. d’agr., sc. et arts, 1840, p. 38 ; — plusieurs cercueils en plomb ; — en juillet 1848, une crypte en brique et ciment, sans aucun signe de chrétienté, contenait un cercueil en plomb encastré dans un bain de ciment ; aux pieds du corps un petit bélier en terre cuite blanchâtre, Ibid. 1849, p. 49- 63 ; plusieurs petits vases en verre ; à la main gauche du squelette un très beau style en bronze et divers menus objets ; — une autre petite crypte formée de briques à fossette, contenait un tombeau de femme et a été transportée dans sa masse au musée Toussaint, Ibid. p. 240 ; — six cercueils en pleine terre, avec ou sans signes chrétiens ; — plusieurs lampes sépulcrales en terre cuite ou en bronze, un petit buste d’enfant, une Vénus Anadyomène, une statuette d’Apollon, une divinité étrange moitié ours et renard, en terre de pipe, et des fragments de vases avec noms de potiers et dessins variés. — Une frise en pierre calcaire, trouvée en 1863 dans les caves de la maison Puységur, V. Bul. de la Soc. Ind. d’A., t. IX, p. 206, et presque aussitôt disparue, V. le dessin dans Berthe, Mss. p. 14, signalait l’existence d’un Cirque construit en l’honneur de Minerve par le consul Rufin (345 de J. -G.). L’emplacement, ignoré jusqu’alors, en a été indiqué en septembre 1841, à gauche en descendant vis-à-vis le château, par les restes d’une enceinte semi-circulaire de 23 mètres en pierre de taille, enterrée sous des décombres mêlés de fragments de vases en terre rouge vernissée, le tout immédiatement recomblé (V. Maine-et-Loire du 8 septembre 1841.) Aux alentours, en 1860, a été trouvé un petit génie, nu, ailé, debout sur un dauphin en


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