Dictionnaire Célestin Port/1876 - Tome 2 - Page 546

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Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1876
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome deuxième
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Dictionnaire Célestin Port de 1874, page 546.

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sons une tombe de marbre noir, élevée, comme le rappelle une inscription, aux frais de la paroisse. Deux curieux tableaux représentent l'un le Christ dans la crèche, avec Vierge remarquable ; l’autre, un singulier Christ au pilier, XVIIIe s.

Le Cimetière, autrefois autour de l’église, a été transféré à 400 mèt. vers l’O. sur un terrain acquis par acte du 21 janvier 1855.

Nul vestige ni celtique ni romain sur le territoire. Le domaine formait une villa comprise dans la dotation première du prieuré de Cunaud, et qui lui resta jusqu’à sa réunion au Séminaire de St-Cbarles d’Angers. La paroisse dut peut-être sa fondation dès le XIe s. au Chapitre de Saint-Maurice, dont elle porte le vocable et qui possé dait près du bourg l'important domaine de la Trésorerie, V. ce mot. L’évêque en possédait la présentation ; mais constituée dans ces conditions et dans le fief des moines, elle dépendait absolu ment du prieur, qui laissait à peine une part des revenus suffisante à faire vivre le desservant.

En 1266, l’évoque Nie. Gellant profita de la vacance de la cure pour faire semonce à l’abbé de Tournus d’assurer des revenus au titulaire, l’avertissant qu’à son défaut il avait reçu du pape l’autorisation d’y pourvoir.

Curés : Guill. Bourreau, qui résigne en 1468. — Mie. Lepoulcre, 18 janvier 1469 n. s. — André Lemée, 1487. — Etienne Bouchet, chan. delà Grésille, 1543, 1573. — Pierre Brenet, 1592. — René Deneschau, 1630. — Pierre Daviau 1659, † le 1er décembre 1704, âgé de 68 ans. Il avait prétendu en 1664 se rendre indépendant des moines et fut réduit par arrêt à se contenter, comme ses prédécesseurs, du titre de vicaire perpétuel. — René Hersandeau, V. ce nom, juin 1705, juin 1725. — Urb. Coueffard, novembre 1725, † le 15 juin 1745, âgé de 51 ans. — P. Gaultier, juillet 1745, décembre 1746. — Nie. Le Peu, décembre 1746, « doyen de la conférence d’Ambillou et président de l’ordre du clergé de la Sénéchaussée de Saumur », † le 4 avril 1789 , âgé de 74 ans. — Justeau, août 1789.

L’ordonnance d’union du prieuré de Cunaud au Séminaire St-Charles obligeait le Séminaire à servir, — comme il le fit jusqu’à la Révolution, — une rente de 150 l. à la maîtresse d’école, tenue elle-même d’en employer le tiers en remèdes pour les pauvres. — Une rente de 50 l. fut fondée par un bienfaiteur inconnu en 1788 pour la création d’une école de garçons.

Le fief relevait de Brissac et avait été exempté par le comte Geoffroy Martel de tout service de guerre. Le domaine seigneurial, dont le manoir était détruit tout au moins dès la fin du XVIIe s., comprenait 25 boisselées de jardins et de prés, des taillis et des landes avec la dîme des fruits de la paroisse, le tout cédé par le Séminaire à Jos. Guérineau de la Felonnière, le 21 juillet 1757.

Plus de la moitié du territoire en 1789 restait en landes et bois, bruyères, ajoncs et prairies artificielles. Les femmes se procuraient du travail à la filature de Beaufort.

La paroisse dépendait de l’Archiprètré, de l’E lection et du Grenier à sel de Saumur, du District en 1788 de Doué, en 1790 de Saumur.

Maires : Emery, 1er messidor an VIII. — Jean-André Bouteiller, 2 janvier 1808. — Pierre-Franç. Grignon, avril 1815, installé le 14 juin. — J.-A. Bouteiller, 12 juillet 1815. — Vincent Chauveau, 23 janvier 1816. — Grignon, 16 décembre 1830. — Jean-Auguste Boutiller de Beauregard, 25 août 1840, installé le 6 septembre, démissionnaire en 1859. — Jacques Richard, 27 juin 1859, installé le 5 juillet. — Grignon, 1865, en fonctions, 1876.

Arch. de M.-et-L. C 193 ; G 826-842. — Arch. comm. Et.-C. — Pour les localités, voir à leur article, Bataillé, le Vau, le Chêne, Boisnoblet, Ia Trésorerie, etc.

Louet (le). — Lupe rivulus 1090 circa (Cart ul. de St-Aubin, fol. 44). — Fluvius qui dicitur Luotus 1140 (Cartul. de St-Maur, ch. 57). — Capella de Loet 1224 (H Mélinais). — Pons de Loeth 1234 (G 196). — Ces textes suffisent à dé montrer l’erreur banale qui prétend faire venir ce nom d’un diminutif du mot, Le Loiret ou Louet 1595 (Ponts de-Gé Et.-C.). — La rivière, actuellement formée par un bras de Loire, s’en détache à la hauteur du village des Aireaux, pour s’y rejoindre vis-à-vis Béhuard (13 kil.) et par un nouveau coude, s’en éloigner à travers les terres jusqu’à Ghalonnes (11 kil.), grossie sous Denée de l’Aubance.

Le cours d’eau primitif devait prendre sa source vers le pied du coteau de St-Jean-des-Mauvrets, et après tous les bouleversements de la vallée, longeait encore au XVIe s. le vill. de Juigné, sous lequel, la levée des Aireaux passée, il embrassait une grande île, en débouchant d’une part sous les moulins d’Erigné, de l’autre, par le Bois-d’Avau, la Motte-d’Enfer et la ferme dite encore du Louet. En 1588 la Loire, brisant la levée, transporta tout le courant dans le lit secondaire jusqu’au pont le plus près de St-Maurille des Ponts-de-Cé, et par un détour direct évitant le passage de Bois-d’Avau, jusqu’à l’ancien débouché d’Erigné, se précipita dans l’ancien lit, dès lors agrandi, à travers la vallée de Mûrs et de Rochefort, qu'elle dépeça, jusqu’à son embouchure nouvelle.

En tête de l’ancien pont vers St-Maurille existait dès les premières années du XIIIe s. une petite chapelle avec logement pour deux chapelains, ayant charge surtout de requérir les aumônes des passants pour la réparation du pont, mais sans revenus suffisants même pour vivre. L’évêque Guill. de Beaumont en fit don à l’abbaye de Mélinais, sous l’obligation d’y entretenir deux de ses chanoines réguliers (3 novembre 1234) et de veiller à l’entretien du passage. Le logis de ce prieuré du titre de St-Nicolas se dresse encore au bord de la route, avec tourelle à 5 pans et cheminée des XV-XVIe s. ; vis-à-vis, de l’autre côté, s’élevait la chapelle disparue. On trouve comme prieurs Louis Fardeau, V. ce nom, conseiller au Parlement de Paris, 1651, 1654 ; — Ponce Gourland, 1691, 1692 ; — Gaspard Roux, 1741 ; — tous commendataires étrangers au pays. Aussi le passage vers Erigné surtout restait-il jusqu’au XVIIIe s. toujours dan-


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