Dictionnaire Célestin Port/1878 - Tome 3 - Page 615

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Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1878
Éditeur   Lachèse & Dolbeau, Libraires (Angers)
Note(s)   Tome troisième
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Dictionnaire Célestin Port de 1878, page 615.

TRÉ — 615 — TRÈ

au S.-O., la Daguenière (6 kil. 1/4) an S.-E., St-Barthélemy (3 kil.) an N., Brain-sur-l’Authion (4 kil. 800) à l’E.

La route nationale de Briare à Angers y pénètre à quelques mètres de la Pyramide, traversant une pointe extrême du territoire du S.-E. au N.-O., tandis qu’à l’entrée elle est rejointe du S.-O. par la route départementale d’Angers à Longué, qui s’y embranche durant 500 mèt. et s’en détache à la Pyramide même pour remonter vers l’E. et passer au bourg.

La voie ferrée d’Orléans, montant du S.-E. au N.-O. stationne à 1,500 mèt. au N. du bourg. — Le chemin de fer départemental de Montreuil-Bellay, qui passe transversalement, fait station à la Pyramide.

L’Authion borde le territoire à l’angle S.-E. et reçoit les ruisselets du Pont-Malembert, de Malaquais, du Grand-Limesle et de la Chevalerie.

En dépendent les vill. et ham. du Poirier (77 mais., 425 hab.), de Malaquais (79 mais., 449 hab.), de la Pyramide (107 mais., 662 hab.), de Tellières (62 mais., 307 hab.), des Plaines (51 mais., 304 hab.), de la Maraîchère (43 mais., 207 hab.), de la Roe (43 mais., 242 hab.), de l’Enfer (36 mais., 178 hab.), du Pont-Malembert (34 mais., 191 hab.), de St-Lezin (31 mais., 274 hab.), de l’Union (24 mais., 140 hab.), du Vissoir (29 mais., 318 hab.), de la Porée (15 m.. 323 hab.), de la Gravelle (14 mais., 53 hab.), de l’Aubinière (16 mais., 116 hab.), de Bellevue 6 mais., 34 hab.), de la Chevalerie (5 mais., 18 hab.), de la Clarté (4 mais., 21 hab.), de Montibert (4 mais., 24 hab.), des Petits-Carreaux (4 mais., 25 hab.), de Plaimpont (4 mais., 35 h.), des Saulaies (5 mais., 101 hab.), les chât, de la Cantînière, de Verrières, de Rosseau et 25 fermes ou écarts dont une dizaine de petits groupes de deux et trois maisons.

Superficie : 1,182 hect., dont, au temps de la rédaction du Cadastre, 112 hect. en taillis, 90 hect. en vignes, 161 en prés, 599 hect. en labours, 86 hect. en landes.

Population : 161 feux, 726 hab. en 1720-1726 — 215 feux en 1789. — 1,156 hab. en 1793. — 985 hab. en 1804. — 2,003 hab. en 1831. — 3,150 hab. en 1841. — 3,025 hab. en 1851. — 3,881 hab. en 1861. — 4,707 hab. en 1866. — 4,607 hab. en 1872. — 5,214 hab. en 1876, — dont 441 seulement au bourg (43 mais., 101 mén.). — Ces chiffres avec leurs brusques variations constatent le développement correspondant de la grande industrie locale.

C’est ici en effet le principal centre de la grande exploitation des Ardoisières d’Angers, qui donne comme un caractère sauvage à ce pays perdu an milieu de la molle et verdoyante vallée angevine. Le sol est noir, parsemé à peine de touffes de genêts ou d’ajoncs, creusé çà et là de larges excavations, où croupit une eau verdâtre, où de toutes parts se hérissent des amoncellements énormes de débris schisteux. Tout au sommet, sous l’abri d’un paillon ou tue-vent, le perrayeur d’à haut débite, avec son ciseau et son maillet de bois, l’ardoise fine, la carrée, le poil taché,

le poil roux, l’héridelle ou l’anglaise, la taille, l’équarrit, la façonne en trois ou quatre coups, portés de main sûre. Au pied se dressent de colossales cheminées et l’étagement gigantesque d’engins sons lesquels s’ouvrent béants d’immenses gouffres, découpés avec la pointe et le pic ou enlevés à la mine. Au fond s’agitent les groupes d’ouvriers d’à bas, bêchant à ciel ouvert le roc et rempilant sur les bassicots, qui descendent vides et remontent alourdis de blocs de pierre ; — ailleurs l’abîme parait désert, mais de droite on de gauche plongent dans les parois des couloirs sombres, étroits, qui vont s’agrandissant par galeries, creusées sous voûte, dans les mêmes conditions qu’à ciel ouvert, et où l’exploitation se poursuit aujourd’hui, sur des plans fixes et dans une veine étudiée. C’est un ouvrier d’à bas, Boudaron, qui en 1842 essaya le premier aux Grands-Carreaux ce système, pratiqué dès avant la Révolution dans les Ardennes. La foncée la plus profonde, poussée à ciel ouvert, s’est arrêtée aux Petits-Carreaux, à 42 foncées, 125 mètres, — tandis que par galeries l’extraction est pour ainsi dire illimitée et aux Fresnais, par exemple, porte deux étages de chambres et peut atteindre 250 met. de profondeur.

Sur une longueur de 5 kil., de l’E. à l’O. entre l’Authion et le vill. de St-Léonard, quatre veines distinctes ont été bien constatées, dont deux seulement en réalité exploitables, distantes l’une de l’antre de 350 mèt. et qu’on désigne par les noms de Veine du Nord ou des Petits-Carreaux, et Veine du Sud ou des Grands-Carreaux. Une cosse extérieure cache d’ordinaire de 15 ou 20 mètres l’ardoise fine on couche exploitable, que recherche le travail toujours incertain de la d^couverture. On voit en 1728 cinq ardoisières en activité produisant 12 millions d’ardoises, — en 1750 sept carrières, — en 1792, onze occupant 2.100 ouvriers, — en 1808, cinq produisant 52 millions d’ardoises, — en 1830, neuf pour 1,900 ouvriers et 60 millions d’ardoises, — en 1840, seize pour 2,300 ouvriers et 111 millions d’ardoises, — en 1850, huit pour 800 ouvriers, 104 millions d’ardoises, — en 1860 six pour 2,900 ouvriers et 206 millions d’ardoises, — aujourd’hui (février 1878) huit exploitations, Trélazé-Montibert, les Grands- Carreaux (en découverture), l’Ermitage, les Petits-Carreaux (en arrolement), la Paperie, le Pont-Malembert, sur la veine du Nord et à ciel ouvert, — les Grands-Carreaux, les Fresnais, l’Ermitage, sur la veine du Sud et en galeries, — la Grand’Maison, sur la veine du Nord, mixte, — ayant produit chacune de ces deux dernières années 1876-1877, en moyenne 173 millions d’ardoises diverses, et occupant en ce moment 1,125 fendeurs, 578 ouvriers d’à bas, 844 journaliers ; — et les bras manquent pour fournir aux demandes du monde entier qui s’y approvisionne, et dont les envois s’expédient par les deux gares de Trélazé et de la Paperie, par la Maine et par la Loire. L’union, réalisée de 1808 à 1814 entre les intéressés de neuf carrières, fut partiellement rétablie de 1820 à 1825, et s’est consommée heureusement par la constitution définitive, à la date du 1er jan-


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