Château de Saint-Symphorien

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Carte postale ancienne, photographie du château.

Forteresse initialement bâtie au Moyen Âge, le château de Saint-Symphorien se trouve sur la commune de Rochefort-sur-Loire, en Maine-et-Loire, sur l'un des trois éperons rocheux de sa vallée.


Situation

Rochefort se situe dans la vallée angevine à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest d'Angers, sur la rive gauche de la Loire[1]. Le château de Saint-Symphorien se trouve dans la vallée, sur le roc Saint-Symphorien d'origine volcanique. Des intrusions volcaniques ont été dégagées par la Loire à cet endroit, laissant émerger les pointements rocheux de Béhuard, Saint-Offange, Saint-Symphorien et Dieusie[2].

On trouve également sur cette commune les châteaux de Dieuzie et de Saint-Offange, avec qui il partagea son histoire. Également, un peu plus loin dans la vallée, une chapelle au nom de Saint-Symphorien.

Histoire

Le petit village fortifié de la Motte St-Symphorien fut la première paroisse de Rochefort, siège d'une ancienne ville close qui abritera jusqu'à la fin du XVIe une partie importante de la population locale. Elle fusionnera au XIIIe siècle avec celle de Sainte-Croix de Rochefort.

Réutilisant les bases des anciennes murailles comme fondations, un château néo-gothique fut construit en 1864 (Époque contemporaine)[3],[4],[5].

Le site a été inscrit à l'inventaire des Monuments historiques en 1943[6].

Autres sites classés

Autres sites classés de la commune[6] :

Ruines de Rochefort-sur-Loire

(Aimé de Soland, Bulletin historique et monumental de l'Anjou, Année 1861-1862, impr. Eugène Barassé, 1862, p. 37-38)

« Rochefort- sur-Loire est une des contrées de l'Anjou qui mérite d'être étudiée avec un soin tout particulier. Les nombreux événements qui s'y sont passés doivent fournir au narrateur une source féconde de récits (1).

Malgré les ravages du temps, des révolutions et de l'homme, Rochefort présente des édifices du XVe au XVIe siècle, pleins d'originalité et sortant de la vulgarité des constructions modernes ; partout on retrouve des traces de ce passé observé maintenant avec tant de soin et d'étude. Ici, c'est une maison aux tourelles en encorbellement ; là, un logis à pignon élevé, aux fenêtres divisées par d'élégants meneaux et au toit à la Bocador ; sur la place, le clocher du XVIe siècle, constellé par les balles révolutionnaires ; plus loin un vaste bâtiment nommé l'abbaye, ancienne propriété de l'abbesse du Ronceray. L'église, récemment bâtie, offre encore un souvenir historique, à la clef de voûte d'une chapelle placée sous le clocher on distingue le beau blason des abbesses Jehanne et Yvonne de Maillé.

Si on sort de Rochefort pour visiter l'ancienne ville de Saint-Symphorien, mille pensées s'éveillent à la vue de ces coteaux portant jadis ville, château et forteresse : le rocher de Saint-Symphorien est dominé par un pan de muraille escarpé, géant du moyen-âge, à la chevelure d'œillets blancs et rouges (2). Sur le plateau de cette montagne, l'œil embrasse un magnifique panorama. Au milieu de sa luxuriante végétation ligérienne, on voit Dieuzie, dont le château rasé est remplacé par

(1) A trois lieues au-dessous d'Angers, près d'un bourg qu'on nomme actuellement Rochefort-sur-Loire, et qu'on appelait anciennement Sainte-Croix, s'élèvent à une assez grande hauteur trois roches contiguës, dont les plateaux sont plus ou moins vastes. La roche, située à l'est des deux autres, autrefois occupée par une forteresse proprement nommée Rochefort, était unie par un pont à une seconde roche plus considérable, sur laquelle existait une ville défendue par des murailles, des tours et un château ; on la nommait Saint-Symphorien ; un château fort, détruit dans le quinzième siècle, couronnait la troisième roche, située vis-à-vis Saint-Symphorien, à une portée d'arquebuse : on l'appela successivement la roche Gauzie , Gueuzie, Diexaie et enfin Dieuzie, nom qui lui est demeuré. (Bodin, Recherches Historiques, tome 2 , p. 186).
(2) L'œillet qui croit à Rochefort est le dianthus caryophyllus de Linné, c'est cette plante qui a donné naissance aux nombreuses variétés d'oeillets cultivés dans nos jardins.

une construction nouvelle ; le Puy-Saint-Martin, où s'exécutait la justice seigneuriale, puis les ruines de l'ancienne ville.

Les ruines du château de Saint-Symphorien dont nous devons un charmant dessin à l'intelligent crayon de M. de Latourette, de Rochefort-sur-Loire, rappellent ces burgs de la vieille Allemagne, détruits par Frédéric Barberousse. L'archéologue placé au milieu des bastions renversés, des courtines éventrées qui jonchent l'herbe, évoque le souvenir de ces temps où l'intrépide huguenot Hercule Saint-Aignan Desmarais, ayant, avec une audace incroyable, pu avoir des intelligences dans la ville de Saint-Symphorien, s'emparait en 1562 de la forteresse avec les restes d'une compagnie qui venait d'éprouver le plus rude échec aux Ponts-de-Cé.

Puygaillard, envoyé par le duc de Montpensier pour déloger ce rude batailleur, finit après avoir essuyé une longue résistance des assiégés par se rendre maître du château, fit prisonnier Desmarais et ses lieutenants Jean Panvert et La Guette. Conduit à Angers, Desmarais y fut jugé et condamné à être rompu vif ; il demeura douze heures sur la roue avant que d'expirer ; ensuite son cadavre fut apporté à Saint-Symphorien et placé sur l'instrument du supplice, en face de l'antique forteresse.

La vue de ces débris remet encore en mémoire les ligueurs Saint-Offange (1), burgraves d'un autre siècle, repoussant par des prodiges de valeur le formidable assaut du maréchal d'Aumont, et dont les étranges physionomies ont été si pittoresquement reproduites par M. Victor Pavie.

(1) Un vieux proverbe dit :
Saint-Offange
Première épée de France,
Et Dieuzie
Son premier fusil.
 »

Notes

Sources et annotations

  1. IGN et BRGM, Géoportail Rochefort-sur-Loire 49, avril 2013
  2. Dominique Oudot, Les îles de la Loire angevine armoricaine, dans Norois 142, avril-juin 1989, p. 205-223
  3. Célestin Port, Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1874-1878, t. 4, édition révisée en 1996 par André Sarazin et Pascal Tellier, H. Siraudeau, p. 247 (Saint-Symphorien)
  4. Célestin Port, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, 1874-1878, t. 4, édition révisée en 1996 par André Sarazin et Pascal Tellier, p. 467-475 (Rochefort)
  5. Le Courrier de l'Ouest, Découvrir les « roches fortes », journal du 3 août 2017, p. 10 (entretien avec Jean-Louis Robin)
  6. a et b Service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP), Protections sur la commune de Rochefort-sur-Loire, mars 2010


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Institut national de l'information géographique et forestière

Bureau de recherches géologiques et minières

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