Edgard Pisani

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Edgard Pisani
Personnalité politique de Maine-et-Loire
Mandats Maire de Montreuil-Bellay
de 1965 à 1975,
député de 1967 à 1968.
Période XXe siècle
Note(s)
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Organisation territoriale

Edgard Pisani est un homme politique angevin, qui a notamment été maire de Montreuil-Bellay de 1965 à 1975, et député de la première circonscription de Maine-et-Loire de 1967 à 1968.


Biographie

Originaire de Malte, arrivé à 18 ans de Tunis à Paris, Edgard Pisani est en khâgne (classes préparatoires littéraires) lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Dès le début de l'occupation allemande il rejoint la résistance intérieure française. Son rôle dans la libération de la préfecture de Paris (interprété dans le film Paris brûle-t-il ? par Michel Piccoli) lui vaut d'être distingué par les membres du CNR (Conseil national de la Résistance). Il devient le plus jeune sous-préfet de France en 1944.

Chef de cabinet du préfet de police en 1944, Edgard Pisani devient directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur André Le Troquer en 1946. La même année, il est nommé préfet de la Haute-Loire et directeur de cabinet de la Défense nationale.

En 1947 il devient préfet de la Haute-Marne, il est élu sénateur de ce département de 1954 à 1961 et s'inscrit au groupe du Rassemblement des gauches républicaines et de la Gauche démocratique qui prend le nom de Gauche démocratique en 1956.

Conseiller général du canton de Montreuil-Bellay en Maine-et-Loire de 1964 à 1965, il est maire de Montreuil-Bellay de 1965 à 1975.

Fondateur du Mouvement pour la réforme (MPR, gaulliste de gauche), il siège à l'Assemblée nationale en 1967 comme député UD-Ve République de la première circonscription de Maine-et-Loire puis au Sénat de 1974 à 1981, comme sénateur socialiste de la Haute-Marne. Il est chargé de représenter la France à la Commission de Bruxelles, après mai 1981. Il y restera deux années.

Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie en 1984 et 1985 en pleine période d'affrontements violents entre partisans et opposants de l'indépendance (appelée période des « Événements »), il propose notamment un projet d'indépendance-association vite rejeté par les deux camps puis contribue à l'élaboration, avec le Premier ministre Laurent Fabius, du statut « Fabius - Pisani » qui sépare notamment la Nouvelle-Calédonie en quatre circonscriptions et prévoit la tenue d'un référendum d'autodétermination. Il est chargé de mission auprès du Président de la République française de 1986 à 1992.

Il préside l'Institut du monde arabe de 1988 à 1995 et entre au Conseil économique et social en 1992.

Mandats

Fonctions gouvernementales

Membre de plusieurs gouvernements, il exerce les fonctions de ministre de :

  • l'Agriculture dans les cabinets Michel Debré de 1961 à 1962, et de Georges Pompidou de 1962 à 1966 (il jouera un grand rôle dans la définition de la politique agricole commune de la CEE) ;
  • l'Équipement dans le Gouvernement Georges Pompidou (3) troisième cabinet Pompidou de 1966 à 1967, (il préparera notamment la Loi d'Orientation Foncière - la LOF - adoptée en 1967) ;
  • l'Équipement et du Logement dans le gouvernement Georges Pompidou en avril 1967, l'année où il donne sa démission de membre de gouvernement (le conseil des ministres demande l'autorisation à l'Assemblée de gouverner par ordonnance et Edgard Pisani est contre) ;
  • chargé de la Nouvelle-Calédonie du 21 mai 1985 au 15 novembre 1985, dans le gouvernement du premier Ministre Laurent Fabius.

Alors ministre de l'Agriculture, il participe à la création en 1971 de l'EnitaH d'Angers[1].

Mandats politiques

Dans le département de la Haute-Marne puis de Maine-et-Loire :

  • sénateur de 1954 à 1961 puis de 1974 à 1981,
  • député de 1967 à 1968,
  • maire de Montreuil-Bellay de 1965 à 1975.

Bibliographie

  • La Région : pour quoi faire (1969) ;
  • Le Général indivis (Albin Michel, 1974) ;
  • Utopie foncière (Gallimard, 1977 - Préface de Michel Rocard) ;
  • Socialiste de raison (1978) ;
  • Défi du monde" (Ramsay - 1979) ;
  • Pour l'Afrique (1988) ;
  • Persiste et signe (1992) ;
  • "Pour une agriculture marchande et ménagère (1994) ;
  • Entre le marché et les besoins des hommes. Agriculture et sécurité alimentaire mondiale, avec Pierre-Yves Guihéneuf, 1996, éditions Charles Léopold Mayer ;
  • Un vieil homme et la Terre (Seuil, 2004) ;
  • Vive la révolte ! (Seuil, 2006) ;
  • Une politique mondiale pour nourrir le monde (Springer, 2007) ;
  • Le sens de l'État (L'aube, 2008).

Citations

  • « Je distingue deux sortes d'hommes politiques : ceux qui m'ennuient et ceux qui m'intéressent. C'est l'esthétique qui est décisive. De Gaulle est suprême en esthétique. Le reste, je m'en fous ». 1965.
  • « J'ai été, quant à moi, productiviste... hier. Ce qui se passe, aujourd'hui, m'inspire plus d'inquiétude que d'espoir. A vouloir forcer la terre, nous prenons, en effet, le risque de la voir se dérober. A vouloir mondialiser le marché, nous faisons fi du besoin que tous les peuples ont de vivre à leur manière du travail de leurs terres. A industrialiser le travail agricole, nous chassons des paysans dont les villes et les usines ne savent plus que faire ». (« Un vieil homme et la terre », Seuil, 2004)
  • « Il n'y a pas d'unité possible qui ne respecte la diversité, il n'y a pas de diversité viable pacifiquement qui ne soit en quête d'unité ». 2006.
  • « Le monde ne peut nourrir le monde ». et « La PAC doit être supprimée  » 2008 (interviewé par JP Elkabbach dans Bibliothèque Médicis sur Public Sénat)

Notes

Sources et annotations

• La première version de ce texte (08 mars 2011) était basée sur une reprise de l'article Edgard Pisani de Wikipédia (auteurs), du même jour, sous licence CC-BY-SA .
  1. François Colson, Les enjeux de la restructuration de l'enseignement supérieur agricole, Pour, vol. 200, 1, 2009, pp. 59-69


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