Tirer (angevin)
En Anjou
- tirer
Mot
Verbe.
En Anjou, tirer peut avoir plusieurs utilisations, comme tirer la vache pour traire la vache.
Glossaire V. et O.
Dans le glossaire de Verrier et Onillon : « Tirer (Mj.), v. n. — Tirer à cul, — chercher
à reculer. \\ Tirer au renard, — tirer à l'écart,
chercher à s'échapper. Etre récalcitrant à
faire une corvée. \\ Tirer à l'écorche-cul, —
faire tous ses efforts pour se dégager d'une
étreinte, même en se faisant traîner sur le
derrière. \\ Sp. — Tirer du cœur, — avoir des
nausées, des haut-le-corps, des envies de
vomir ; vomir (Lg.) \\ v. a. — Traire. Ex. :
Je vas aller tirer la vache. \\ Tirer le diable
par la queue, — faire difficilement ses affaires.
\\ Tirer au cul. Sp. — tromper, duper, attraper,
flouer ; laisser en plant. \\ Se tirer maigre,
— être à peine suffisant, \\ Se tirer d'épaisseur,
— s'avancer, tirer à sa fin, en pari, d'un
ouvrage. Ex. : Ça commence à se tirer
d'épaisseur. \\ Se tirer des pieds ou des flûtes,
— Sp., etc. — décamper, s'enfuir. Syn. De
Décarrer, Filer à l'anglaise. \\ Se tirer, — tirer
à sa fin, — en pari, d'un travail. \\ Tirer à,
sur, — avoir qq. rapport, qq. Ressemblance.
« Le plumage de cet oiseau tire sur le violet. »
\\ Tirer la raie, traîner la jambe. \\ Tirer des
plans sur la comète, — faire des projets irréalisables,
bâtir des châteaux en Espagne, ou
simplement : rêvasser, être songeur. \\ Tirer
à l'eau, — fraîchir, en parl. du vent. \\ Tirer
sa journée, — tirer un salaire raisonnable
d'un travail marchandé. \\ Tirer la faim du
cou à qqn, — le trer de la misère. \\ Tirer en
portrait, — portraiturer, faire le portrait de
qqn. — Et cela est bien dit. Portrait dér. Du
lat. Trahere, tirer. \\ Se faire tirer, — se faire
photographier. \\ Presque tous ces sens à Ag.
Hist. « Et l'air de son visage a quelque mignardise
Qui ne tire pas mal à celle de Dorise. »
(Corneille, Clitandre, II, 8.)
— « Comme un peintre peut représenter l'âme,
avec le corps de celuy qu'il entreprend tirer après
le naturel. » (J. Du Bell., Déf. et III., I, 6, 14.) —
« Ce grand monarque qui défendit que nul n'entreprist
de le tirer en tableau. » (Id., ibid, II, 11, 56.)
— « Je saisirai cette occasion pour faire tirer
mon portrait, dit Mme Crémière. N. En province,
on dit encore tirer au lieu de faire un portrait. »
(H. De Balz., Ursule Mirouet, 222.)
— « . . .Veux- tu le paindre au vif ?
Paings ung dragon dévorant par oultraije
Ung humain corps ; paings ung lyon en raige ;
Tire serpens gectans poison mortelle ;
Pourtray la mer en turbulant oraige. »
(G. C. Bucher, 20, 90.) »
Notes
- Voir aussi aller, pied, que, venir.
- Anatole-Joseph Verrier et René Onillon, Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou, t. 2e, Germain & Grassin (Angers), 1908, p. 283
- Louis Maucourt, Tiercé - Frontière des appâtis et de la chouanerie, Impr. Paquereau Technographis (Angers), 1989, p. 381 (tirer, traire)