Jean Delespine

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Jean Delespine
Activités Architecte
Période XVIe siècle
Notes Logis Pincé
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Né en Anjou, Jean Delespine est un architecte de renom de la Renaissance (XVIe siècle) à qui l'on doit plusieurs édifices angevins comme le logis Pincé, la tour centrale de la cathédrale, le clocher de l'église des Rosiers, le corps de logis du château de Serrant.


Biographie

Jean Delespine[1] (ou Jean de Lépine) naît à Angers en 1505. Il devient architecte. Jean Mariau, peut-être son maître d'apprentissage, se porte garant de lui en 1535 devant le Corps de la Ville d'Angers et le propose comme successeur. Le jeune Jean Delespine devient architecte communal de la ville d'Angers. Il entretient par ailleurs des relations avec Philibert Delorme, architecte lyonnais de la Renaissance qui obtiendra le titre de surintendant des bâtiments du roi. Les deux architectes emploient les mêmes procédés originaux pour élever les tourelles en encorbellement[2].

L'architecte angevin réalise entre 1532 et 1533 la chapelle Sainte-Anne de l'église du Vieil-Baugé, entreprend en 1539 un corps de logis bâti autour d'un escalier au château de Serrant. À Angers, il édifie en 1534 une grosse tour lanterne, le beffroi de la façade de la cathédrale, puis entre 1535 et 1540 l'aile droite de l'hôtel de Pincé, et restaure en 1536 restaure la fontaine de Pied-Boulet. Sa notoriété est à ce moment là déjà très grande. Il reconstruit entre 1536 et 1537 différents bâtiments de l'hôpital Saint-Jean, dont la reconstruction de l'aile sud du cloître, est chargé en 1543 de travaux de restauration de la cathédrale Saint-Maurice. Il est également l'auteur des clochers des Rosiers (1538), de la Trinité (1540), de Beaufort-en-Vallée (1542), ainsi que l'architecte du château de La Flèche[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8].

Au titre de Commissaire des œuvres et réparations d'Angers, Jean Delespine est chargé d'importants aménagements urbains. Il rhabille d'un grand décor flamboyant-Renaissance le portail de l'hôtel de ville (place des Halles) en 1543, construit au nord-est de la ville le port Ayrault en 1546, le port Ligny et celui de la Poissonnerie ne suffisant plus au commerce de l'époque, modernise les fortifications des portes Toussaint et tour Guillou en 1562, celles du château en 1570, etc. Ces fonctions officielles lui permettent d'avoir des contacts avec le contrôleur général des Bâtiments de France, Jean Delorme[2],[4],[3].

La Renaissance en Anjou devra beaucoup à cet architecte de renom. Jean Delespine décède à Angers en 1576[3],[2].

Son épitaphe à l'église des Carmes a été relevée par Bruneau de Tartifume[2],[4] :

« On cognoist l'arbre au fruict, l'ouvrier à l'ouvrage

Les tiens portent assez, l'Espine, tesmoignage

De l'excellent esprit dont Dieu t'avoit pourveu,

Quand parmi les plus grands en crédit on t'a veu (…) »

Réalisations

Quelques-uns des ouvrages auxquels il participa[9],[10] :

  • Hôtel-Dieu dit hôpital Saint-Jean l'Evangéliste, boulevard Arago à Angers ;
  • Fontaine du Pied-Boulet, rue Baudrière à Angers ;
  • Hôtel Lesrat de Lancreau, rue Chevreul à Angers ;
  • Hôtel dit maison de Cunaul, rue Donadieu-de-Puycharic à Angers ;
  • Hôtel de Pincé, à l'angle de la rue Lenepveu et de la rue de l'Espine à Angers ;
  • Église paroissiale Saint-Michel-la-Palud, à l'angle de la rue des Lices et de la rue Saint-Aubin à Angers ;
  • Hôtel de ville dit grande maison des Halles, place Louis-Imbach à Angers ;
  • Hôtel de Charnières-Louet, place Louis-Imbach à Angers ;
  • Hôtel dit maison de la Godeline, rue Plantagenêt à Angers ;
  • Hôtel de Thévalle, à l'angle de la place Sainte-Croix et de la rue Toussaint à Angers ;
  • Hôtel Poyet des Granges, rue Valdemaine et impasse des Petits-Pères à Angers ;
  • Hôtel de Thévalle, rue Toussaint à Angers ;
  • Lanternon central (tour centrale) de la cathédrale d'Angers, ainsi que celui de l'église de la Trinité ;
  • Pont de Durtal ;
  • Église Notre-Dame, place Jeanne de Laval aux Rosiers-sur-Loire ;
  • Château de Serrant, à Saint-Georges-sur-Loire ;
  • École militaire dite le Prytanée national militaire, rue du Collège à La Flèche (Sarthe).


Notes

Sur le même sujet

Architecture angevine
René Hodé (XIXe)
Roger Jusserand (XXe)
Personnalités angevines

Sources et annotations

  1. Delespine, Jean (1505-1576)
  2. a, b, c, d et e Célestin Port (révisé par Jacques Levron, Pierre d'Herbécourt, Robert Favreau et Cécile Souchon), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. II (D-M), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1978 (2e éd.), p. 24-25
  3. a, b et c Conseil général de Maine-et-Loire (Olivier Biguet et Dominique Letellier), Jean Delespine, architecte de la Renaissance, coll. Reflets, Patrimoine de Maine-et-Loire, septembre 2003
  4. a, b et c Archives patrimoniales de la ville d'Angers (dir. Sylvain Bertoldi), Trésors d'archives - 1557, Jean Delespine, architecte, 2017
  5. Dominique Letellier d'Espinose et Olivier Biguet, L'hôtel de ville d'Angers à la Renaissance, dans Hôtels de ville : Architecture publique à la Renaissance (dir. Alain Salamagne), coll. Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais (Tours), 2015, p. 159-176
  6. Ministère de la Culture (Dominique Letellier-d'Espinose et Biguet Olivier), Base Mérimée - Hôtel de Pincé, actuellement musée Pincé (IA49000902), 9 novembre 2010
  7. Ministère de la Culture (Dominique Letellier-d'Espinose et Biguet Olivier), Base Mérimée - Hôtel-Dieu dit hôpital Saint-Jean l'Evangéliste, actuellement musée Jean Lurçat et de la Tapisserie contemporaine (IA49000809), 9 novembre 2010
  8. Françoise Boudon, Architecture de la Renaissance à Angers, dans Bulletin Monumental, tome 159, 4, année 2001, p. 337
  9. Ministère de la Culture, Base Mérimée - Jean Delespine, décembre 2014
  10. Conservation des antiquités et ojets d'art (CAOA), Dépliant Églises accueillantes - Église Notre-dame des Rosiers-sur-Loire, 2014


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