1944

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1944 en Maine-et-Loire

Ça c'est passé en Maine-et-Loire
Année 1944 (XXe siècle)



1944 en Maine-et-Loire

Bombardements : Les opérations aériennes américaines poursuivent leurs attaques contre les voies de communication. 1 200 bombardiers prennent pour objectif le réseau routier du bassin de la Loire. La ville d'Angers est bombardée en mai et juin 1944, notamment au niveau du quartier de la gare. Bilan de celui de la nuit du 28 au 29 mai : 254 morts, 250 blessés et 5 584 sinistrés[1],[2].

Résistance : Le département ne dispose pas d'une forte identité résistante, même si certaines organisations sont actives comme Honneur et Patrie de Victor Chatenay. Les réseaux de résistance angevins sont principalement orientés vers la propagande, le renseignement et l'évasion. Les FFI angevins passent sous commandement de l'Organisation de résistance de l'armée (ORA) au printemps 1944[3],[4].

Maurice Tardat constitue en 1940 un petit noyau de résistants qui vient en aide aux prisonniers évadés. Le groupe de Tardat prend le nom en 1941 de CND Castille. Maurice est arrêté le en septembre 1943, puis est enfermé à la prison du Pré-Pigeon. Il est emmené à Buchenwald, camp de concentration nazi situé en Allemagne. Arrivé le 26 janvier 1944, il y meurt de la dysenterie le 23 mai 1944[5].

Joseph Cussonneau adhère au réseau Honneur et Patrie dès 1940. Il intensifie en 1942 son action de résistance. Arrêté dans la nuit du 9 au 10 février 1944, il est déporté à Mauthausen puis le 5 avril au camp de concentration d'Ebensee, en Autriche, où il meurt le 2 mars 1945[5].

Le jeune résistant Marius Briant, instituteur à Angers à l'école Victor-Hugo en 1942, est arrêté après avoir été dénoncé. Emmené en Allemagne à Berlin, il est décapité le 29 mars 1944. Il sera plus tard médaillé de l'Ordre de la Libération ; ordre français créé par le général de Gaulle en 1940 pour ceux qui se sont signalées dans l'œuvre de libération[6],[7],[8].

Les résistants Jeanne et Michel Canonne, qui opèrent sur Angers en organisant des filières d'évasions, sont arrêtés le 20 juin 1944 puis amenés dans la prison du Pré-Pigeon. Le 7 août 1944, le résistant Michel Créac'h, qui transporte vers Cholet un chargement d'armes parachutées au bois de Somloire, est intercepté par une patrouille allemande puis exécuté après un interrogatoire. Il est plus tard médaillé de l'Ordre de la Libération[9],[10],[11].

En août 1944, les deux jeunes angevins Louis Bordier et Pierre Labbé se rendent auprès des forces américaines pour les renseigner sur l'existence du pont de Pruniers qui n'est pas encore détruit. Il reste la seule voie d'accès vers Angers et permet aux forces alliées d'y traverser la Maine le 9 août pour prendre à revers les troupes ennemies[12],[13].

Libération : Pouancé est la première ville du département libérée le 5 août, suivie de Segré puis du Lion-d'Angers. C'est ensuite la ville d'Angers qui est libérée le 10 par les troupes du général Patton[14].

La Loire étant un obstacle sérieux, les régions au sud du fleuve ne sont libérées qu'à la fin du mois : Saumur le 31 août et Cholet le 1er septembre[3].

Administration : Michel Debré (du nom de Jacquier dans la clandestinité) est nommé commissaire de la République de la région d'Angers le 10 août 1944, et Michel Fourré-Cormeray, délégué dans les fonctions le 18 novembre à compter du 10 août 1944[15].


Bulletin d'information du Maine-et-Loire du 14 août 1944.


Bulletin d'information du Maine-et-Loire 14 août 1944

LUNDI 14 AOUT 1944 - MARDI 15 AOUT 1944

LES JOURS DE LIBÉRATION SONT ARRIVÉS !




Proclamation aux habitants de la Ville d'Angers et du département de Maine-et-Loire

Citoyens,

La Ville d'Angers est libérée, et, avec elle, plus de la moitié du département, plus de la moitié de la région.

La République est rétablie. Sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité est restaurée.

Le régime de Vichy est abattu. Les lois de Vichy sont abrogées. Les Collaborateurs seront châtiés.

Au nom du gouvernement provisoire et de son chef, le général de Gaulle, j'assure, à dater d'aujourd'hui, en qualité de Commissaire de la République, l'administration de la région.

M. Michel FOURRE-CORMERAY est nommé préfet du département de Maine-et-Loire. Il est assisté par le Comité départemental de libération, qui tiendra aujourd'hui sa première séance publique.

Citoyens,

Elle est arrivée cette heure de délivrance et d'espoir que nous attendons depuis quatre ans, cette heure pour laquelle tant de Français, et des meilleurs, sont morts tant d'autres arrêtés, torturés, déportés...

Pavoisez en l'honneur des armées alliées et de leur victoire !

Pavoisez en l'honneur de la République et du général de Gaulle !

Vive la France !

Le Commissaire de la République pour la Région d'Angers,

JACQUIER.




Proclamation aux Angevins

ANGEVINS !

Enfin, l'heure de la libération a sonné !

Nous saluons les Alliés qui sont les artisans de la victoire.

Sortant d'un épouvantable cauchemar, nous vivons, à pleins poumons, les premières heures de la délivrance.

Quatre longues et durables années passées sous la monstrueuse botte allemande, aggravées par la duplicité du gouvernement illégal de Vichy, n'ont pu anéantir notre farouche résolution de refaire la France, ni éteindre dans nos cœurs la soif de liberté et de justice sociale.

Faites donc confiance à ceux qui, dans ces jours difficiles, ont pris, au nom du gouvernement provisoire de la République, la charge et la responsabilité des affaires publiques.

Le Comité départemental de la libération, image de l'unité française, vous demande à tous de prendre, dans l'allégresse de la délivrance, la résolution de consacrer le meilleur de nos forces à la rénovation de la Patrie.

Le Comité départemental de la Libération.



Presse : Se substituant au Petit Courrier, Le Courrier de l'Ouest paraît pour la première fois le 21 août 1944[16].

Baraquements : Une partie de la population est relogée dans des baraquements provisoires.

1944 en France

Seconde Guerre mondiale, conflit militaire de 1939 à 1945 : Les alliés débarquent en Normandie le 6 juin 1944 et en Provence le 15 août. Le 10 juin, la division SS Das Reich, alors qu'elle mène des actions contre la Résistance, massacre la population d'Oradour-sur-Glane. Les alliés avancent inexorablement vers l'intérieur et libèrent Paris le 25 août[17].

Le régime de Vichy assure le gouvernement de la France du 10 juillet 1940 au 9 août 1944. Dans la clandestinité, le Conseil national de la Résistance (CNR) assure en France depuis 1943 la coordination des organisations opposées à Vichy. Sa charte adoptée en mars 1944 prévoit notamment la nationalisation des grandes entreprises, une planification de l'économie, un régime de sécurité sociale pour tous[18],[19].

Le Comité français de la Libération nationale (CFLN), créé en 1943, se proclame gouvernement provisoire de la République française le 26 mai 1944. Il a notamment définit le 21 avril une nouvelle organisation des pouvoirs publics. Le 2 juin, le comité prend le nom de Gouvernement provisoire de la République française, qui lui succède officiellement le lendemain. Pendant deux années, cinq gouvernements provisoires se succèdent, dirigés respectivement par Charles de Gaulle, Félix Gouin, Georges Bidault puis Léon Blum[20],[21],[19].

L'article 17 de l'ordonnance du 21 avril 1944 du Comité français de la Libération nationale accorde le droit de vote aux femmes ainsi que leur éligibilité. Elles voteront pour la première fois quelques mois plus tard, en 1945[22].




  1. Ouest-France (Benoît Robert), 1944 : peu avant minuit, le déluge de feu à Angers, 24 mai 2017
  2. Luc Simon, Souvenirs d'Angers : la vie en 1900, Éditions LNG (Nantes), 1992, p. 108
  3. a et b Marc Bergère, Tensions et rivalités entre les pouvoirs issus de la Résistance en Maine-et-Loire, dans La Résistance et les Français, Presses universitaires de Rennes, 1995, p. 295-305
  4. Ouest-France, 1940-1945. Le vrai visage de l'armée des ombres en Anjou, 2 et 3 octobre 2016 (propos de l'historien Marc Bergère)
  5. a et b Mairie d'Angers, Regards : Résistance et Déportation à Angers, de 1939 à 1945, 16 avril 2021
  6. Ouest-France, L'hommage d'Angers au résistant Marius Briant, mort en 1944, en Allemagne, 2 février 2022
  7. Ministère de la défense, Mémoire des hommes - Marius Briant, 2013-2022
  8. Charles-Louis Foulon, Ordre de la Libération, Encyclopædia Universalis, 2019-2021
  9. Lycée Henri Bergson, 5 femmes angevines en Résistance, dans la série S'engager pour libérer la France (2018), 21 mars 2018
  10. Le Courrier de l'Ouest, Chanteloup-les-Bois. A la mémoire de Michel Créac'h, 7 septembre 2022
  11. Ministère de la défense, Mémoire des hommes - Michel Maurice Creach, 2013-2022
  12. Célestin Port (révisé par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. I (A-C), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1965 (2e éd.), p.  440
  13. Ouest-France, Il y a 68 ans, la Libération d'Angers en images (journée du 9 août), 8 août 2012
  14. Service départemental d'archives de Maine-et-Loire, Seconde Guerre mondiale, 2022
  15. Préfecture de Maine-et-Loire, Histoire de la Préfecture et des Préfets, 2012-2020
  16. Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale (PQR), Le Courrier de l'Ouest, 2011-2015
  17. Henri Michel, Guerre mondiale (Seconde), Encyclopædia Universalis, 2010-2021
  18. Armel Marin, C.N.R. (Conseil national de la Résistance), Encyclopædia Universalis, 2011-2021
  19. a et b Pierre Bréchon, Quatrième république, Encyclopædia Universalis, 2010-2021
  20. Charles-Robert Ageron, Sid-Ahmed Souiah, Benjamin Stora et Pierre Vermeren, Comité français de libération nationale (C.F.L.N.), Encyclopædia Universalis, 2010-2021
  21. Armel Marin, Comité français de la Libération nationale, Encyclopædia Universalis, 2010-2021
  22. Bernard Valade, Vote des femmes (France), Encyclopædia Universalis, 2010-2021


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