Établissements Bessonneau

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Établissements Bessonneau
Société SA des Filatures, Corderies et Tissages d'Angers,
puis Établissements Bessonneau
Localisation Angers
(Maine-et-Loire, France)
Secteur Textile
Créée en 1901-1974
Notes Création en 1901 par l'industriel Julien Bessonneau.
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Les Établissements Bessonneau sont une activité implantée au XXe siècle à Angers, en Maine-et-Loire dans la région des Pays de la Loire, qui était spécialisée dans le tissage et le cordage à partir de la culture du chanvre. Elle sera l'une des plus importantes industries angevines de l'époque.


La culture du chanvre en Anjou

Le chanvre a été cultivé en Anjou pendant plusieurs siècles, notamment dans les régions de Beaufort, Chalonnes et Montjean, mais aussi à Écouflant où le chanvre était vendu à l'usine Bessonneau d'Angers. Cette matière première est alors utilisée pour les textiles ainsi que pour la fabrication de cordages. D'après Jules Verne, le chanvre occupe 7 700 hectares de superficie pour une valeur de 4 millions de francs en 1876[1],[2].

La culture du chanvre, les outils et les métiers associés, ont laissés de nombreuses traces dans la toponymie et l'anthroponymie (noms de lieux et de personnes). Le festival De fibres en musique, qui a lieu chaque année au mois d'août à Montjean-sur-Loire, est organisé par d'anciens chanvriers et montre les gestes qui se pratiquaient pour confectionner les cordages pour la batellerie, depuis l'arrachage du chanvre jusqu'à la réalisation de cordes[3].

L'entreprise

L'entreprise est créée par Julien Bessonneau (1842-1916), fils d'un sabotier marchand de bois. En 1869, il épouse la fille de son oncle maternel François Besnard, créateur en 1840 de la corderie du Mail, entreprise de cordes et de ficelles[4],[5],[6].

En 1901, Julien Bessonneau regroupe toutes les manufactures de chanvre d'Angers, qui sont au nombre de neuf en 1847, en une société unique, la Société anonyme des Filatures, Corderies et Tissages d'Angers (safcta). C'est un administrateur hors pair qui finit par détenir 60 % du capital de la nouvelle société. Il crée également une caisse de secours pour les ouvriers, des crèches (car le personnel est essentiellement féminin avec de faibles salaires), une harmonie musicale et des équipements sportifs. La constitution d'un club sportif, à la fin de l'année 1912, met une touche finale à la longue série de réalisations sociales. Mais ses ouvriers appelent l'usine Goussepain, en raison de leurs faibles salaires qui leur permettent tout juste de se nourrir d'un quignon de pain frotté à l'ail[7],[8].

À sa mort, en 1916, son empire industriel passe en succession à son fils Julien Bessonneau (1880-1960), qui développe l'activité et devient aussi député de la 1re circonscription de Maine-et-Loire de 1919 à 1924. À la suite de sa gestion hasardeuse, il démissionne de l'entreprise en 1921[9].

L'entreprise se diversifie : câbles électriques, maisons en bois préfabriquées à toits en ardoise de Trélazé, hangars en bois pour l'aviation :

  • Lancement en 1917 d'une fabrique de câbles métalliques de la Commission des Ardoisières, officiellement inaugurée le 27 décembre 1919 à Montrejeau ;
  • Fabrication de petites maisons en bois préfabriquées[10], dont l'isolation n'est pas excellente, livrées après-guerre dans de nombreuses cités ouvrières, comme celle de Batignolles[5] ;
  • Création d'hangars pour avions et dirigeables (les Bessonneau) massivement utilisés pendant la Première Guerre mondiale par le Royal Flying Corps[11].

Dans les années 1920 les établissements Bessonneau emploient 10 000 personnes à Angers. Les trois usines d'Angers couvrent plus de cinquante-neuf hectares, du Mail à la gare Saint-Laud. Des cartes postales anciennes permettent de revivre l'activité en usine et l'heure de la débauche. Il y a aussi beaucoup d'employés à domicile. L'entreprise s'adjoint des services annexes : imprimerie, atelier de vannerie pour les expéditions[7],[12].

L'usine de l'Ecce-Homo est détruite en 1944 par les bombardements de mai. Un nouveau quartier prend sa place en 1947. Les Établissements Bessonneau souffrent d'une grave crise. C'est le déclin de l'entreprise qui aura longtemps fait la renommée industrielle de la capitale angevine. On démolit l'usine du Mail, après une série de licenciements qui ont fait tomber l'effectif de 4 800 salariés en 1946 à 2 300 en 1959, puis 1 700 en 1961[7],[13].

La mine des Malécots, qui servait à alimenter les machineries de la fabrique Bessonneau depuis 1942, cesse son exploitation du charbon en 1964. C'est aussi la fin de l'extraction du charbon en Anjou[14].

Les tentatives de redressement des établissements Bessonneau se soldent par un échec. La dissolution de la société est rendue publique fin 1965 : le département métallurgique est cédé à la Tréfilerie et Câblerie de Bourg-en-Bresse, et les ateliers de tissage, teinture et confection sont pris en charge par la Société Trigano. L'activité textile s'arrêtera en 1966, suite à la concurrence des fibres synthétiques, et l'activité sidérurgique fermera définitivement en 1974. La liquidation des activités s'achève en 1976[7],[15],[12],[16].

Témoignages

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Galerie

Notes

Sur le même sujet

Musée du textile et de la mode de Cholet
Ardoisières
Entreprises de Maine-et-Loire

Bibliographie

• Julien Bessonneau, La Société anonyme de filatures, corderies et tissages d'Angers, anciennes maisons Bessonneau, Max Richard et Joubert Bonnaire réunies (Exposition internationale de Bruxelles 1910), G. Grassin (Angers), 1910 (notice BnF no FRBNF31810818).
• Maurice Poperen, Filassiers, cordiers et toiliers d'Anjou, Travail et culture (publication de l'association Travail et culture de Maine-et-Loire) (Angers), 1981, 144 pages (notice BnF no FRBNF36602421).
• Jacques Bouvet, Bessonneau - Angers, Société des études angevines (Angers), 2002, 251 pages (ISBN 978-2-9055-7003-1) (notice BnF no FRBNF40076569).
• F. Lennel et J. Potiron, Histoire des manufactures et usines de la société Bessonneau, 1750-1920, Le Livre d'histoire (Paris), coll. Monographies des villes et villages de France, 2017, 311 pages (ISBN 978-2-7586-0981-0) (notice BnF no FRBNF45424391).

Sources et annotations

  1. Jules Verne, Géographie de la France, Édition J. Hetzel (Paris), 1876, p. 394 (voir).
  2. Mairie d'Écouflant, Histoire d'Écouflant, 2021
  3. Festival De fibres en musique, juin 2013.
  4. Ville d'Angers (Sylvain Bertoldi), "De sac et de corde" : Bessonneau à Angers, dans Vivre à Angers 337, octobre 2009.
  5. a et b Jacques Bouvet, Besonneau Angers, Société des Études Angevines, mars 2002, Archives municipales d'Angers, 13 Fi (albums de photographies).
  6. Célestin Port (révisé par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. I (A-C), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1965, p. 359-360.
  7. a, b, c et d Mairie d'Angers, 1919 - Bessonneau[archive], consulté le 16 novembre 2015.
  8. Jacques Bouvet, Bessonneau in corpore sano : Un exemple de sublimation du sport dans les mentalités patronales de la Belle Epoque, dans Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, tome 103, numéro 2, 1996, p. 93-113.
  9. Assemblée nationale, Julien Bessonneau (1880 - 1960), consulté le 16 novembre 2015.
  10. Histoire Angevine (Louis Le Bail), Bessonneau : les petites maisons en bois des Batignolles, du 10 juin 2011.
  11. Wikipédia (en), Bessonneau hangar, version du 16 novembre 2016.
  12. a et b Ouest-France (Benoît Robert), Angers. Les belles années de l'usine Bessonneau, l'empire industriel, 11 juillet 2017.
  13. Jacques, Chronique angevine, dans Norois, 42, avril-juin 1964, p. 258-259.
  14. Association Sainte-Barbe des mines (François Martin), Les Malécots : un site mémoire sur la Corniche Angevine, avril 2010.
  15. Jacques Jeanneau, Chronique angevine, dans Norois, 50, avril-juin 1966, p. 296-297.
  16. Fonds des Établissements Bessonneau, Archives départementales de Maine-et-Loire (cote 98 J).


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