Château de Brézé

De Wiki-Anjou
Château de Brézé
(monument)
Le château de Brézé
Époque Temps modernes
Classement Monument historique (1979)
Commune Brézé
Notes Propriété d'une personne privée
Aide à la rédaction
Monuments de Maine-et-Loire

Datant de la Renaissance (XVIe siècle), le château de Brézé est un monument historique angevin se trouvant sur la commune de Brézé (49 Maine-et-Loire), au sud de Saumur. Outre le château, on y trouve une galerie souterraine et de profondes douves sèches.

C'est l'un des sites les plus visités de la région, avec 79 642 visiteurs en 2011[1].

Château fort mentionné en 1063, détruit, puis fortifié à nouveau vers 1449 et reconstruit au milieu du XVIe siècle, l'actuel château a été fortement remanié aux XVIIIe et XIXe siècles. Visite du château comme s'y vous y étiez…


SITUATION

Le château de Brézé se situe sur la commune éponyme[2] de Brézé (49260), dans le Saumurois, à 10 kilomètres au sud de Saumur, soit à l’extrême sud-est du département de Maine-et-Loire, dans la région administrative des Pays-de-la-Loire.

Brézé est une commune rurale de l'Ouest de la France qui se trouve au carrefour de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou. Le village s'est développé au pied du château[3]. Sous l'Ancien Régime, Brézé dépendait du diocèse de Poitiers et de l'élection de Saumur[4].

SON HISTOIRE

Les "Brézé"

Les premières fondations d’un ensemble fortifié remontent au XIe siècle ; d’après une charte retrouvée dans l’abbaye de Saint-Florent, près de Saumur, qui prouve son existence dès 1063[5],[6],[7]. Le cartulaire[8] de Brézé mentionne la présence d’une structure seigneuriale, ou habergement à l’emplacement du château actuel. Un siècle plus tard, la terre de Brézé apparaît déjà dans les textes comme formant un fief de belle importance. Les actes notariés de cette époque mentionnent les Brézé comme faisant état d’un rang seigneurial élevé. Il faut dire que « Brezay[9] » est depuis toujours un site stratégique[10], à l’origine à la croisée de plusieurs grandes tribus celtes et traversé par la route ancienne qui menait de Saumur à Loudun et Poitiers.

De cette époque subsistent de nombreux habitats souterrains (troglodytiques[11]) dont on trouve la trace dans les archives sous le nom de roches munis de systèmes défensifs, vraisemblablement plus efficaces pour faire face aux envahisseurs que ceux des châteaux de surface. Bien avant l’existence des châteaux de pierre, les hommes ont cherché refuge au sein de la terre et ont, comme à Brézé, creusé le tuffeau, cette roche caractéristique de la vallée de la Loire et de l’Anjou. De nombreux documents font état de ces habitats, dont l’origine est attestée dès le IXe siècle (époque des invasions barbares, les Normands remontent la Loire). Fréquemment, la désignation de « roche » est suivie du nom de son propriétaire et seigneur fondateur. La roche de Brézé, est l’une des mieux préservées parmi les cavités médiévales fortifiées dont on connaît pourtant de très nombreux exemples dans la région. Accessible au public, elle a conservé la plus grande partie de ses aménagements primitifs : puits de lumière, boyaux[12] défensifs, silos à grains, niches ou placards, mangeoires pour les animaux…

Les "Maillé-Brézé" (XIVe-XVIIe)

En 1318[5], Péan de Maillé, originaire de la ville du même nom au nord de Tours appelée aujourd’hui Luynes, épouse l’héritière de la seigneurie de Brézé, qu’il avait enlevé avant les noces. Cette nouvelle branche de la famille prend le nom de « Maillé-Brézé ».

Au XVe siècle, Gilles de Maillé-Brézé[13], conseiller du « Bon Roi René » (duc d’Anjou[14]) obtient de ce dernier l’autorisation de fortifier[15] sa gentilhommière[16]. À partir de 1448, des douves sèches[17] sont creusées et des pont-levis les enjambant ferment et défendent l’accès au château. Profondes alors de 10 à 12 mètres, elles sont protégées par un efficace système de défense souterrain composé de chemins de ronde et de postes de garde[18]. D’autre part, les travaux entrepris pour les creuser permettent d’extraire la pierre nécessaire à la construction du château aérien.

Début Renaissance (XVIe siècle)[19], les douves sont approfondies (jusqu’à la profondeur actuelle, soit 18 à 20 mètres, les plus profondes d’Europe à faire le tour complet d’un château ![20]) et on y aménage dans les parois d’importantes structures et dépendances seigneuriales : celliers, boulangerie, magnanerie[21] (pour l’élevage du vers à soie), salle des pressoirs… En même temps, le système défensif est complété par un pont-levis souterrain protégeant l’accès au château depuis les douves.

En 1565[15], Catherine de Médicis et son fils, le jeune Charles IX font étape à Brézé où ils sont accueillis par Artus de Maillé-Brézé, lequel donne au logis seigneurial son allure Renaissance[22].

Le XVIIe siècle est une époque d’ascension sociale pour les Maillé-Brézé. En effet, l’arrière petit-fils d’Artus, Urbain de Maillé-Brézé, obtient du roi Louis XIII le titre de marquis en 1615. Il épouse « la Grande Nicole », sœur de Armand Jean du Plessis[23], futur cardinal de Richelieu (ministre de Louis XIII). Ce puissant prélat décide du destin de ses neveux, Armand et Claire-Clémence de Maillé-Brézé. La jeune fille est donnée en mariage, à 13 ans, au « Grand Condé », Louis II de Bourbon-Condé[24], cousin de Louis XIV, l’un des instigateurs de la Fronde des princes durant la jeunesse du roi. Quand à son frère Armand, le Cardinal, encore évêque de Luçon, décide pour lui d’une carrière militaire maritime. À 23 ans, il est nommé grand amiral de France mais il meurt à 27 ans[25] sur son navire, tué par un boulet de canon lors d’un siège en Italie. Décédé sans héritier, c’est donc à sa sœur que revient le marquisat[26] à la mort de son père.

Les "Bourbon" (milieu XVIIe)

Claire-Clémence est l’épouse depuis 1641 du prince Louis II de Bourbon-Condé[24], qui devient donc propriétaire du marquisat[26] de Brézé. Ensemble, ils auront un fils, Henri-Jules de Bourbon.

Tous portant peu d’intérêt à cette terre, ils signent un acte de vente en 1682[15],[27]. Les Condé, qui possédaient en Bretagne la baronnie de Châteaubriant, étaient intéressés par la seigneurie de la Galissonnière, proche, qui appartenait à Thomas Dreux. Celui-ci l’échange contre Brézé en y ajoutant une dote de 210 000 livres.

Il est l’auteur de la branche Dreux-Brézé.

Les "Dreux-Brézé" (XVIIe-XXe)

Le fils de Thomas Dreux devient en 1710 grand maître des cérémonies de France[28] auprès du roi ; fonction qui est revenue aux fils aînés de la famille pendant plus d’un siècle, soit cinq générations, jusqu’en 1830.

Son père, Henri-Évrard de Dreux-Brézé, est chargé par le roi Louis XVI de préparer les États généraux[29]. Il participe alors à l’une des scènes les plus célèbres de la Révolution française, la séance du 23 juin 1789, qui se déroule à Versailles dans la salle du jeu de paume, au cours de laquelle il est raccompagné par Mirabeau prononçant ces paroles restées dans toutes les mémoires : « Monsieur, allez dire à votre Maître que nous sommes ici de par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes »[30].

Au XIXe siècle, les Dreux-Brézé souhaitent rénover et agrandir leur demeure. Ils font appel à l’architecte René Hodé[31], aussi surnommé « le Viollet-le-Duc angevin », célèbre pour ses nombreuses restaurations en Anjou, dans le style « gothique troubadour[32] » très apprécié à l’époque.

En 1820, Henri-Évrard de Dreux-Brézé et son épouse Adélaïde de Custines font prolonger l’aile Renaissance. Remarquable par sa discrétion tant elle reprend les éléments décoratifs de la façade d’origine, cette prolongation est seulement trahie par une couleur différente dans la pierre[33],[6].

Les principales modifications sont dans l’ouverture de l’aile Nord transformant ce simple couloir en galerie ouverte, à la manière des cloîtres. Au-dessus sont construits de toutes pièces une salle de réception éclairée par sept baies, et un second étage pour les bonnes. C’est un lieu de passage mais aussi de réjouissances. La tour de l’Horloge est modifiée depuis sa partie basse par l’ajout d’une rotonde[34]. L’aile Ouest est reconstruite et une tour carrée élevée en plein cœur. Des éléments médiévaux, utilisés en ornementation (mâchicoulis[35], créneaux, gargouilles) rappellent les systèmes de défense du Moyen Âge.

On retrouvera d’ailleurs sur la façade du château, ici et là, le blason de la famille Dreux-Brézé : « D’azur à un chevron d’or, accompagné en chef de deux roses d’argent et en pointe d’un soleil d’or », laquelle aura pour devise : « Fait ce que doit, advienne que pourra ».

Ouvert depuis 2000 à la visite, classé Monument historique[36], le château de Brézé dispose d’un exemple d’architecture intérieure néo-Gothique[37] et néo-Renaissance[38] encore conservées à ce jour avec les appartements de Monseigneur Pierre de Dreux-Brézé, évêque de Moulins de 1850 à 1893. Les logements des domestiques où sont montrées leurs tenues d’époque, ainsi qu’une salle de bain et son curieux chauffe-serviette concourent également à la vie de château à Brézé. La Chambre de Richelieu expose son mobilier Louis XIII d’origine et la grande galerie, ancienne salle de réception du château, est désormais dévolue aux ancêtres des Dreux-Brézé et aux portraits de plusieurs membres de la famille royale : Louis XVI et son épouse Marie-Antoinette, leur fils, l’infortuné Louis XVII…

Les "Colbert" (depuis 1959)

La dernière des Dreux-Brézé, la défunte marquise Charlotte de Dreux-Brézé, épousera en 1959 le comte Bernard de Colbert (descendant de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV). C’est aujourd’hui leur fils et son épouse Karine qui ont repris la propriété.

LA FORTERESSE SOUTERRAINE

La roche de Brézé

La « Roche de Brézé » est la partie du château la plus ancienne connue à ce jour. On ignore son époque de creusement, toutefois elle est vraisemblablement antérieure à 1063[6], date à laquelle l’existence d’une seigneurerie[39] à Brézé est attestée dans la charte de l’abbaye de Saint-Florent, près de Saumur.

Ce souterrain, creusé à environ 9 mètres sous l’actuelle cour d’honneur, est une véritable forteresse. En périodes de troubles - invasions vikings, épidémies, intempéries, pillages, guerres de religion -, les habitants de l’Anjou ont cherché refuge sous terre dès le IXe siècle. Le Saumurois compte à lui seul 14 000 cavités souterraines[40]. Nombres de souterrains aménagés ne sont plus accessibles de nos jours, ce qui rend l’état de conservation de la « Roche de Brézé » d’autant plus remarquable.

La forteresse présente une architecture « en trèfle » unique au monde. En son centre, on trouve un puits de lumière carré, autour duquel sont disposées trois pièces.

Dans la première pièce, cinq silos à grain sont creusés dans les parois de tuffeau. Ils étaient fermés hermétiquement par des portes de bois. Leur taille témoigne de la richesse et de la puissance des premiers occupants. En effet, ils auraient pu nourrir de 15 à 20 personnes pendant un an. Ils permettaient également, en cas de destruction des récoltes, de replanter les cultures l’année suivante. L’un des silos a été percé au XVIe siècle par le couloir d’entrée, dans le but de faciliter l’accès à la Roche depuis la surface.

Au Moyen Âge, la lumière et l’air se diffusaient du puits central vers l’habitat par d’ingénieuses fenêtres-meurtrières. Étroites à l’intérieur du puits, elles s’ouvrent en s’évasant vers les pièces. Ainsi, elles empêchaient le passage d’un ennemi tout en permettant l’apport d’un maximum d’air et de clarté. En outre, il était impossible d’enfumer les lieux, le puits faisant office de conduit de cheminée.

La Roche de Brézé a connu de nombreuses modifications au cours des siècles. Certaines parties ont été détruites, d’autres murées ou transformées…

Les douves sèches et leur système défensif

Le château de Brézé, ancienne demeure des grands maîtres de cérémonies des rois de France[28], a la particularité de posséder un important réseau souterrain et les douves sèches les plus profondes d’Europe[20].

Au XVe siècle, Gilles de Maillé-Brézé, Grand maître de la Vénerie du « Bon Roi René » (René d'Anjou[14]), obtient de celui-ci l’autorisation de fortifier le domaine de Brézé. À partir de 1448-1450, les douves atteignent une profondeur de 10 à 12 mètres et l’on commence à creuser les premières salles souterraines autour des fossés. Le premier niveau de creusement est visible au pied du pilier maçonné qui soutient la passerelle piétonnière.

Vers 1525, Guy de Maillé-Brézé, son petit-fils, intensifie le creusement des douves pour parvenir à une profondeur de 15 à 18 mètres[20],[7]. Les fossés font alors le tour complet du château. Dans les salles déjà existantes, on aménage d’importantes dépendances seigneuriales : lieux de stockage, boulangerie, magnanerie, salle des pressoirs… Les six immenses celliers où étaient entreposées les récoltes du château témoignent de la puissance des châtelains à cette époque. Leur taille est en effet adaptée à celle du domaine, qui couvrait alors une surface de 1 850 hectares, comme l’indique la taille de la fuye (le pigeonnier érigé à l’entrée du parc).

Parallèlement, le système défensif est complété par un pont-levis souterrain à contrepoids protégeant l’accès à la grande galerie depuis les douves[17]. Il reposait à la place du plancher de bois sur une fosse de quatre mètres de profondeur, elle-même équipée d’un poste de guet relié à d’autres postes de garde par une galerie souterraine. En cas d’attaque, le tablier basculait le long d’un axe de métal et venait s’encastrer dans la roche.

S’il venait à être détruit par le feu, le pont-levis était complété par une première grille, une porte en chêne protégée par un poste de tir et enfin une seconde grille, formant un véritable sas défensif. Enfin, des postes de gardes situés de l’autre côté des douves permettaient de prendre les ennemis en tirs croisés.

Ce système de défense efficace va faire ses preuves durant de nombreux siècles car le château n’a jamais été pris !

Entre le XVe et le XVIIe siècle, le château de Brézé vit deux grandes époques de fortification sous l’impulsion des Maillé-Brézé. Le château en a conservé de nombreux éléments défensifs, tel l’étonnant chemin de ronde creusé dans la pierre de la face ouest des fossés.

Les chemins de ronde sont généralement situés en hauteur. Cependant, celui-là permettait de faire face à une éventuelle attaque depuis le fond des douves, ainsi que de protéger les celliers seigneuriaux situés juste en face. Il dessert plusieurs postes de tir munis d’une meurtrière centrale, de trous de visée ébrasés vers l’extérieur et de bouches à feu, c’est-à-dire des ouvertures spécifiquement destinées à l’usage d’armes à feu. À Brézé, trous de visée et bouches à feu sont entièrement taillés dans la pierre.

À mi-parcours du chemin de ronde troglodytique[11], on trouve l’échauguette défensive. Cette petite tour ronde, accolée à la paroi des fossés, a été construite en 1614. Elle remplace une partie du château disparue au XVIe siècle et n’est accessible que par le réseau souterrain. Percée d’un grand nombre de bouches à feu qui procurent de nombreux angles de tirs, elle permettait ainsi de surveiller les fossés et de les défendre par des tirs rasants et inclinés avec deux hommes équipés de simples arquebuses.

D’autres salles et galeries de défense sont visibles sur le pourtour des douves. Chaque niche de tir devait être servie par au moins un homme. La garnison du château, sous les ordres d’un « capitaine » devait atteindre pour le moins 50 hommes d’armes. C’est peut-être l’un d’eux qui grava son nom sur l’appui de l’une des meurtrières.

Le château de Brézé possède aujourd’hui les douves sèches les plus profondes d’Europe à faire le tour complet d’un château[20]. Contrairement à une idée très répandue, ces douves n’ont jamais contenu d’eau.

Il y a plusieurs raisons à cela : Le château étant construit sur une hauteur, le cours d’eau qui passe au pied du village (la Dive) ne pouvait pas être détourné pour alimenter ces fossés. / Compte tenu de la taille des douves et de la porosité du tuffeau (plus exactement sa capacité à absorber l’eau), il aurait fallu un volume d’eau énorme pour non seulement remplir ces fossés mais également pour les garder pleins. / Enfin, une immersion complète aurait rendu toute vie impossible au cœur des souterrains, tout comme dans les parois périphériques des douves.

C’est alors que les dépendances du château furent aménagées dans ces parois rocheuses, à l’abri de l’extérieur.

La magnanerie

Cette pièce est dévolue à la sériciculture, c’est-à-dire à l’élevage du ver à soie. En effet, le roi Louis XI avait installé à Tours, en 1470, la Première manufacture royale de soie. Cette activité a connu son apogée dans la région au XVIe siècle.

La possession de soie, dans les familles nobles, était très importante aux XVe, XVIe et XVIIe siècles pour la fabrication des tapis, tapisseries, atours religieux et vêtements luxueux. La soie était très prisée pour sa douceur, son pouvoir isolant et sa résistance (à diamètre équivalent, un fil de soie est aussi solide qu’un fil d’acier).

La glacière

La glacière du château de Brézé est une fosse de 7 mètres, entièrement creusée dans la pierre. Une double-porte en garantissait l’isolation, tout comme les parois qui étaient probablement tapissées de paille. De plus, elles étaient chaulées (enduites de chaux) pour éviter l’absorption de l’eau par le tuffeau. Enfin, le fond était garni d’un plancher filtrant récupérant l’eau de la fonte.

En hiver, on récoltait de la neige et de la glace dans les étangs autour du château et on les descendait depuis la surface par le puits monolithique[41]. La glacière pouvait contenir jusqu’à 50 tonnes de glace. Ainsi on pouvait conserver par le froid toutes sortes d’aliments durant le reste de l’année.

Les carrières de tuffeau

Les carrières sont également nombreuses à Brézé. Du XVe au XIXe siècle, le tuffeau a été le principal matériau de construction en Anjou. Selon sa couleur et sa qualité, il servait à la construction de bâtiments nobles (églises, châteaux…) ou d’habitations traditionnelles. De nos jours, il est surtout extrait pour la restauration. La dernière grande carrière en activité se trouve dans le village de Brézé.

Pour extraire la pierre, le carrier, appelé « perreyeur » ou « perreyeux », devait d’abord dégager le « front de taille », c’est-à-dire le bloc à extraire. Tout autour, il creusait des saignées à l’aide d’un pic. L’une d’elles était oblique. Il y insérait des coins de bois très dur, sur lesquels il fallait frapper avec un maillet spécifique.

La boulangerie souterraine

Dans les châteaux, les cuisines furent souvent éloignées des bâtiments principaux pour éviter les risques d’incendie. C’est le cas de cette cuisine troglodytique[11], la plus grande connue en France.

Elle a été refaite au XVIe siècle, comme en témoigne la façade avec ses fenêtres géminées, destinées à évacuer les buées et les fumées.

La cheminée monumentale, elle aussi du XVIe siècle, était autrefois équipée de crémaillères permettant de cuire toutes sortes d’aliments. Elle accueille trois fours : deux grands fours à pain et un plus petit, sur la gauche, dit « four à sucreries ». Jadis, on pouvait obtenir prés de 100 kilogrammes de pain à chaque cuisson.

Pour séparer le son de la farine, on utilisait le blutoir, le grand meuble situé au fond de la pièce. La farine était conservée dans la belle maie-pétrin visible devant la cheminée. La cuisine-boulangerie comporte également un puits à eau à deux niveaux, de 15 mètres de profondeur, et un évier en cuivre.

La niche, creusée en hauteur, en face de la cheminée, était la chambre du boulanger. Il y accédait par un étroit escalier monolithique[41]. Cette installation lui permettait de se reposer tout en surveillant le tirage des fours et la réserve (la petite pièce du fond).

L’escalier situé à droite de la cheminée mène au-dessus des fours à la pièce chaude. Son sol, pavé de tomettes, chauffait lorsque les fours étaient allumés. Ainsi la pâte à pain, posée sur les tomettes, levait plus rapidement. On y conservait aussi le levain sur les grosses étagères monolithiques, à l’écart de la chaleur du sol.

Derrière la porte menant à la pièce chaude, on trouve enfin un potager à trois réchauds du XIXe siècle, une sorte de cuisinière qui fonctionnait à l’aide des braises du grand foyer.

Les habitants du village auraient été autorisés à cuire leur pain dans le fournil souterrain en dédommagement des ravages provoqués aux cultures par les innombrables pigeons vivant dans la fuye[42] du domaine. Il a également servi durant la Deuxième Guerre mondiale.

La salle des pressoirs

Brézé, c’est aussi une longue tradition viticole. Le vin du château de Brézé est connu depuis le Moyen Âge. Le cépage « chenin blanc » était déjà implanté à Brézé en l’an 845, mais c’est au XVe siècle que le domaine devient connu pour son vin blanc, dont le roi René d’Anjou[14] lui-même vantait les mérites. Plus tard, et particulièrement au XVIIe siècle, les vins du domaine connurent les faveurs des rois des plus grandes cours européennes. La chute de la monarchie, au XVIIIe siècle, fit tomber le domaine dans l’oubli. Puis, en 1910, le vignoble dut être entièrement reconstitué suite à la crise du phylloxéra qui détruisit le vignoble français[43].

C’est alors que jusqu'à la fin du XXe siècle, la production de vin est installée dans ces souterrains. Cette salle des pressoirs est l’une des plus grandes de France. On y a pressé le raisin depuis le XVIe siècle jusqu’en 1976. Cette salle conserve l’emplacement de trois importants pressoirs.

À l’extrême droite, on voit les poutres qui subsistent d’un pressoir du XVIe siècle. Au centre, le pressoir dit « à cage » est plus récent. Il était électrifié, permettant un gain de manœuvre important. Il est équipé d’une jitte, un conduit creusé dans le tuffeau depuis la surface, qui permettait aux vignerons de jeter directement la vendange dans le pressoir. D’autre part, la « cage » évitait que le raisin ne s’éparpille en dehors de la zone de presse. Enfin à gauche, on peut voir un très rare pressoir du début du XIXe siècle que l’on appelle pressoir à cliquets. Il est muni de ressorts pour augmenter la pression du moût : les battants actuellement relevés étaient ouverts vers le sol. De cette façon, les raisins emprisonnés dessous étaient écrasés sous la pression des ressorts qui se détendaient doucement. Ce pressoir nécessitait neuf personnes pour fonctionner et a donc été rapidement abandonné.

Le long des pressoirs se trouvent des rigoles dans lesquelles coulait le jus extrait des raisins. Il était ainsi acheminé vers deux cuves de décantation : les « enchaires ». Celles-ci étaient munies de claires-voies afin d’empêcher l’intrusion d’animaux. Le jus subissait une première fermentation et un premier filtrage dans les enchaires, puis il était extrait pour être mis en foudres et en barriques dans la salle des foudres.

Les cuves étant en tuffeau (pierre poreuse), les vignerons avaient soin de les remplir d’eau pendant les deux mois précédant les vendanges de façon à perdre le moins de jus possible.

La salle des foudres

Ancien cellier, lieu de vinification des vins du château jusqu’en 1981, c’est ici que le miracle se produisait chaque année, et que le jus récolté devenait ce subtil nectar si prisé.

Chaque foudre a une contenance d’un peu plus de 22 hectolitres (soit 2 200 litres). Aujourd’hui, ils sont vides.

La pièce a conservé cette couleur noire, obtenue par la présence d’un champignon qui se développe dans les caves à vin et dont la croissance est favorisée lors de la fermentation du jus ("la part des anges").

LE CHÂTEAU AÉRIEN

Le château Renaissance

En surface, le château porte l’empreinte de deux styles architecturaux : le style Renaissance[22], œuvre de la famille Maillé-Brézé au XVIe siècle, et le style néogothique, choisi par les Dreux-Brézé au XIXe siècle[33].

À partir de 1560, Arthus de Maillé-Brézé remplace l'ancien château fort médiéval par une demeure plus élégante[4] dans le style de la Renaissance[19]. C’est de cette époque que date le corps du bâtiment, en forme de "U". L’aile privée, reconnaissable à son escalier à double volée, présente ainsi des lucarnes doubles et des décors d’inspiration Antique, tels que les pilastres[44] et les colonnes de marbre rouge qui encadrent la porte d’entrée. Sur le tympan[45] de la porte se trouvait auparavant une Diane Chasseresse allongée à demi dévêtue. Mais une aïeule du propriétaire, jugeant sa tenue indécente, l’a fait jeter dans un puits !

Au XIXe siècle, le château Renaissance[19] est profondément modifié par la famille de Dreux-Brézé. En 1820, le marquis Henri-Évrard de Dreux-Brézé et sa femme Adélaïde de Custines font prolonger l’aile privée, qui, au XVIe siècle, s’arrêtait au perron. Mais les modifications les plus importantes sont réalisées par le petit-fils d’Henri-Évrard, Henri-Simon de Dreux-Brézé, l’arrière-grand-père de l’actuel propriétaire. Avec son oncle, Pierre de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, il fait appel à l'architecte angevin René Hodé[31] pour restaurer et agrandir le château en style néogothique.

Dans l’aile nord-est du château, René Hodé[31] crée une galerie ouverte, au rez-de-chaussée, surmontée d’une galerie fermée contenant une grande salle de réception. Les fenêtres à meneau sont décorées des blasons des Dreux-Brézé et de leurs épouses. Il modifie également la Tour de l’Horloge par l’ajout d’une rotonde et surélève l’aile nord-ouest. Enfin, il construit la tour carrée selon le goût du XIXe siècle, en utilisant des éléments défensifs moyenâgeux (créneaux, merlons et mâchicoulis…) comme décoration. Les initiales « PDB » entrelacées, visibles sur la tour carrée, sont les initiales du propriétaire et de son épouse, Madeleine du Prat.

Pierre de Dreux-Brézé

Pierre de Dreux-Brézé naît au château en 1811. C’est le dernier enfant du Marquis Henri-Évrard de Dreux-Brézé. Comme le veut la tradition, il étudie la théologie en Italie et devient prêtre en 1834. En 1850, il est consacré évêque de la ville de Moulins, dans l’Allier, et devient, à trente-huit ans, l’un des plus jeunes évêques de France. Au moment de son décès, quarante-trois ans plus tard, il en sera le doyen.

Dès le début de son épiscopat, il affiche fermement ses convictions ultramontaines, c’est-à-dire sa volonté de dépendre directement du Pape. Vous pouvez d’ailleurs voir le buste de Pie IX dans le vestibule.

Doté d’un grand talent oratoire, il parvient à obtenir de nombreux changements au sein de son diocèse, tels l’adoption d’une liturgie romaine. Il aime les cérémonies fastueuses et transforme la tenue des évêques dans le goût néogothique. Alors qu’elle était jusque-là cintrée à la taille, elle est allongée et élargie, ainsi que vous pouvez le voir dans la vitrine.

Malgré ses préférences conservatrices, il est le premier à dire la messe face aux fidèles. Il a également marqué son temps par sa générosité envers les plus défavorisés.

Il meurt en 1893 et est enterré à Moulins. Le buste le représentant est daté de 1862. « L’Oncle Évêque » s’est toujours montré très attaché à sa famille. Il lègue d’ailleurs à son neveu Henri-Simon de Dreux-Brézé une grande partie de sa fortune. À son retour d’Italie, vers 1840, il entreprend, avec ce dernier, qui est alors propriétaire du château, d’y aménager ses appartements dans le style néogothique, un style qui vise à faire revivre le Moyen Âge.

Les appartements de Mgr Pierre de Dreux-Brézé

Le vestibule d'entrée : Derrière le buste de Pie IX est exposé une gravure présentant les 255 papes, de saint Pierre à Grégoire XVI.

La chambre néogothique : Les murs sont recouverts de boiseries de chêne, sculptées de lancettes séparées par des pinacles rehaussées de noir et or. La poutre centrale est recouverte d’une toile peinte en bleu outre-mer, à rinceaux blancs, verts et roses, motifs que l’on retrouve peint sur les solives. Monsieur Maison fut chargé d’éclaircir l’aspect sombre et austère de la pièce en la rehaussant de ses peintures.
La cheminée, de couleur bleue outre-mer, rouge et or à fleurs présente un style médiéval[46].
Le mobilier : il provient des ateliers d’un sculpteur angevin, Jacques Granneau[47]. Les chaises et fauteuils ont des pieds hexagonaux, montants en forme de pinacles couronnés de fleurons et reliés par une galerie de lancettes à claire-voie interrompue par le gâble crocheté du dossier aux armes des Dreux-Brézé. Ce mobilier « Restauration » est aussi appelé « troubadour » ou « cathédrale »[48].

Le bureau néo-Renaissance : Le décor d'apparence Renaissance[22] date du XIXe siècle[33]. Cette pièce a les murs recouverts de lambris, peints en trompe l’œil imitant le chêne foncé. Le plafond contient des compartiments aux fonds bleus, rehaussés de rinceaux en stuc blanc. Aux angles des murs, les caissons sont pourvus de la lettre « H » de Henri-Simon de Dreux-Brézé (neveu de l’évêque et propriétaire du château) surmonté de la couronne comtale (son père, Henri-Évrard étant encore en vie, possédant lui, le titre de marquis).

Quatre personnages historiques sont représentés dans ce cabinet de travail car, au XIXe, des archives familiales ont fait apparaître l’affiliation des Dreux-Brézé aux comtes de Dreux. Ces derniers, issus de lignée royale puisque descendants de Louis VI le Gros comptent parmi leurs membres un certain Simon Dreux vivant au XIVe siècle.

Les Dreux-Brézé, triant ces documents, se sont découvert une ascendance directe avec ce même Simon Dreux. Ainsi Monseigneur de Dreux-Brézé décide de faire figurer dans cette pièce ces ancêtres royaux :

  • Louis VI le Gros[49] apparaît ici avec au plafond les symboles royaux (le sceptre, la couronne et l’épée). Deux gravures l’entourent : à droite Notre Dame de Paris et à gauche la Basilique Saint Denis (la sépulture des rois de France). Ces deux monuments sont érigés sous son règne (né en 1081, roi en 1108, mort en 1137).
  • Louis VII le Jeune[50] épouse en 1137 Aliénor d’Aquitaine, ce mariage apportant au domaine royal tout le sud-ouest de la France. Issus de cultures et de traditions différentes, les époux divorcent en 1152. Aussitôt, Aliénor se remarie avec le comte d’Anjou qui devient roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II Plantagenêt[51]. Cette alliance fut l’une des causes originelles de la guerre de Cent Ans (1337-1453).
  • Robert Ier Comte de Dreux[52], le cinquième fils de Louis VI le gros, est considéré au XIXe siècle comme l’ancêtre direct des marquis de Dreux-Brézé. C’est pourquoi l’accompagne sur la gauche une gravure du château avant les restaurations de 1850. Celle de droite montre les douves et la façade de la boulangerie souterraine.
  • Anne de Bretagne[53], épouse en 1492 Charles VIII au château de Langeais représenté à droite. Reine de France à deux reprises, elle s’unit sept ans plus tard au cousin du premier : Louis XII. Descendante de Robert de Dreux, la plus célèbre des duchesses de Bretagne, illustrée à gauche par une vue du château de Nantes, se voit donc apparentée à l’évêque de Moulins, enorgueilli d’avoir comme aïeule cette femme très pieuse.

Plus tard, la famille de Dreux-Brézé découvre qu'elle n’avait rien à voir avec celle des comtes de Dreux. En effet, à une même époque ont coexistés deux Simon Dreux n'ayant aucun lien de parenté entre eux : l'un descendant des rois de France, l'autre issu de la bourgeoisie. A-t-on volontairement confondu ces deux personnages ? Ce qui est sûr, c'est que l'évêque de Moulins n'était pas au courant de cette confusion. C'est pourquoi il a fait réaliser ce bureau en toute bonne foi.

Comme dans beaucoup de châteaux, une porte secrète se cache dans le décor en trompe l’œil de cette pièce, sur la droite près des fenêtres. Elle ouvre sur un escalier dérobé menant aux latrines situées à l’étage. Les vestiges d’un système de communication par cloche sont encore visibles (à gauche, au niveau de la corniche séparant murs et plafonds), utilisé pour appeler les domestiques logeant au sommet de la tour.

Le corridor rouge

Dans ce couloir sont exposées plusieurs gravures, reproductions de fresques de la basilique Saint-Pierre de Rome (fresques de Rafaël). C’est Pierre de Dreux-Brézé qui les fit ramener lorsqu’il effectua ses études de théologie à Rome.

Ce corridor donne accès à cinq petits appartements identiques composés d’une chambre, d’un cabinet de toilette et d’un salon. Elles sont réservées aux domestiques de haut-rang à savoir les majordomes, les nourrices…

Au-dessus de chacune des chambres se trouvent une petite pièce destinée au serviteur du domestique.

Les chambres des domestiques

Au XIXe siècle, le domestique est une personne qui en sert une autre en échange de gages. Dans la noblesse et la bourgeoisie, avoir des domestiques est une façon de tenir son rang.

La domesticité représente près de 10 % de la population active au milieu du siècle, les femmes y sont majoritaires. Dans les grandes maisons nobles, le personnel peut dépasser trente personnes mais les maisons avec quatre ou cinq domestiques sont beaucoup plus fréquentes.

Leurs tâches, plus ou moins spécialisées, peuvent concerner la cuisine, le service de table, l’entretien des appartements et des extérieurs, mais aussi l’éducation des enfants, l’administration de la maison, le service privé des maîtres…

Le personnel est très hiérarchisé. En bas de l’échelle, on trouve les serviteurs employés à des tâches matérielles (aides de cuisine, garçons d’écurie...). Viennent ensuite ceux qui sont attachés au service d’un membre de la famille : valets et femmes de chambre, nourrices, bonnes d'enfants, chauffeurs, cuisiniers…
Les laquais, valets de pied et cochers, qui ont une fonction de représentation importante, portent la « livrée » aux couleurs de la maison. Dans les grandes maisons, le serviteur peut être considéré comme un membre de la famille.
En haut de l’échelle, enfin, on trouve le majordome ou maître d’hôtel qui contrôle l’ensemble de la domesticité, mais aussi l’aumônier, l'intendant, le secrétaire ou l'écuyer de cuisine…

Au XIXe siècle, les domestiques n’ont aucune protection légale et travaillent fréquemment de 16 à 18 heures par jour. Bien souvent, ils sont voués au célibat. Considérés comme des individus douteux, ils sont étroitement surveillés. Leurs gages sont faibles mais ils bénéficient du gîte, du couvert, de vêtements, de gratifications…

L’aménagement du château de Brézé reflète l’organisation sociale du XIXe siècle. Les serviteurs de bas rang logent sous les toits, dans des pièces petites et sans confort, alors que les serviteurs de haut rang, tels que le vicaire et le sous-vicaire, occupent le couloir du premier étage, à proximité de la chambre de l’évêque.

Conçu comme un hôtel, ce couloir contient une succession de chambres identiques entourant un petit salon. De ce salon, un escalier mène à une petite chambre : celle du domestique des serviteurs de haut rang.

La chambre Richelieu

Cette pièce, dédiée au célèbre Cardinal français[23], date de la construction du château Renaissance[19].
La cheminée est une œuvre du XVIe siècle comportant à sa base des pattes de griffon cannelés et dont le manteau est orné des mêmes entrelacs que ceux de la façade des appartements privés. Ces figures géométriques sont plaquées de stuc et de marbre.
Le mobilier est d’époque Louis XIII en ce qui concerne fauteuils dits « à os de mouton » (davantage développés sous Louis XIV), table et lit à colonnes (peint en noir à la mort de Louis XVI en signe de deuil). En revanche, l’armoire et le scriban sont d’époque Louis XV.

Pourquoi « chambre Richelieu » ?

La famille de Maillé-Brézé demeure propriétaire du domaine pendant trois siècles, du XIVe au XVIIe siècle. En 1615, Louis XIII érige le domaine en marquisat[26] pour Urbain de Maillé-Brézé, qui deux ans après épouse Nicole du Plessis, la sœur du futur cardinal de Richelieu. De cette union naissent deux enfants, Armand et Claire-Clémence, dont les destinées vont être soigneusement organisées par leur oncle.

Grâce à l’influence du puissant Cardinal, son filleul Armand devient Grand amiral de France, mais le jeune homme meurt tragiquement à l'âge de 27 ans sur son navire lors d’un siège en Italie. Peu de grands amiraux ont péri au combat dans l’histoire, ainsi la marine a donné son nom à un escorteur d’escadre. Aujourd’hui désarmé, le « Maillé-Brézé » se visite, transformé en musée à Nantes.

Sa sœur fut mariée selon la volonté de son oncle à l’âge de 13 ans au Prince de Condé, Louis II de Bourbon que l’histoire a retenu sous le nom de « Grand Condé ». Ensemble, ils héritent du marquisat[26] de Brézé en 1650. Mais 32 ans plus tard, le Prince décide d’échanger le domaine contre un autre situé en Bretagne et propriété des Dreux. Sa femme connut une existence peu enviable : délaissée par son époux, elle ne gagna jamais son estime et son affection. Le prince finit même par l'enfermer dans sa forteresse de Châteauroux où elle termina ses jours oubliée de tous !

Cette chambre a bien été réalisée pour la venue de Richelieu, où il n’a apparemment jamais dormi.

La grande galerie

Construite au XIXe siècle par René Hodé[31], elle ne fut jamais achevée. Dorénavant, cette ancienne salle de réception est intégralement consacrée aux marquis de Dreux-Brézé : leur ancêtre se trouve sur le tableau des sept frères Dreux daté de 1580. Thomas Dreux (le 4e en partant de la gauche), à l’origine de la lignée des Dreux-Brézé, était conseiller-secrétaire du roi.

Le décor a été terminé en 2006. C’est Amaury de Cambolas, peintre parisien, qui à réalisé ce décor néogothique.

La chapelle Ste-Catherine

La première chapelle Sainte-Catherine est mentionnée au XIIIe siècle. Détruite, elle est reconstruite au XVIe siècle et érigée en église paroissiale en 1585. À nouveau détruite, elle reconstruite en 1730, puis à nouveau en 1855[6]. On y trouve de nombreuses œuvres d'art[54].

Notes

Infos utiles

• Situation : le château se trouve au coeur du village de Brézé (2 rue du Château, 49260 Brézé).
• Coordonnées géographiques : 47° 10′ 28″ nord - 0° 03′ 27″ ouest.
• Horaires (2013) : du 1er juillet au 31 août, ouvert tous les jours de 10 h 00 à 19 h 30.
• Site web : chateau de breze

Sur le même sujet

Le Saumurois
Châteaux angevins

Bibliographie

• Victor Godard-Faultrier, Cosnier et Lachèse, Hawke, L'Anjou et ses monuments, Cosnier et Lachèse, 1840
• Henri-Évrard de Dreux-Brézé, Notice biographique sur M. le Marquis de Dreux-Brézé - Pair de France, La Renommée, 1842
Etat présent de la noblese française, Bachelin-Deflorenne, 1866
• Armand-Jean de Maillé-Brézé, Lettre inédite du jeune amiral A.-J. de Maillé-Brézé, duc de Fronsac (XVIIe siècle), Germain et G. Grassin, 1887
• Charles Urseau, Chronique d'une petite paroisse au XVIIIe siècle : le registre de Sainte-Catherine de Brézé (1720-1751), Germain et G. Grassin, 1899
• Fernand Jousselin, Octave Homberg et Fernand Jousselin. La Femme du Grand Condé : Claire-Clémence de Maillé-Brézé, princesse de Condé..., Plon, 1905
• Célestin Port, Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire, Édition révisée (tome 1) par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt, H. Siraudeau, 1965 (cne de Brézé, pages 517 suivantes)
• Michel de Dreux-Brézé, Les Dreux-Brézé, Christian, 1994
• Guy Massin-Le Goff, Les châteaux Néogothiques en Anjou, Édition Nicolas Chaudun, 2007
• Bernard Bruyant, Une envie de ... Brézé, Les Editions de la Houdinière, 2012

Sources et annotations

  1. CDT Maine-et-Loire, Chiffres clés, 2011
  2. Éponyme : nom propre qui est devenu un nom commun.
    La plupart des explications de mots sont issues du dictionnaire Wiktionnaire (juin 2013).
  3. Mairie de Brézé, juin 2013
  4. a et b Ministère de la Culture, Base Mérimée (IA00054113), juillet 2013
  5. a et b Édition de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 518
  6. a, b, c et d Ministère de la Culture, Base Mérimée (IA00053646), juillet 2013
  7. a et b Le Point, En Val de Loire, l'étonnant château de Brézé se hisse dans la cour des grands, août 2012
  8. Cartulaire : ensemble de parchemins du Moyen Âge.
  9. Formes anciennes du nom de lieu de Brézé : Brezay en 1105, Brezé en 1160 (Édition révisée de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 517), Brezé en 1793 et 1801, avant de devenir Brézé (EHESS, Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, juin 2013).
  10. Des traces du Néolithique ont été retrouvé sur la commune en 1876 (Édition de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 518).
  11. a, b et c Troglodytique(s) : voir dictionnaire.
  12. Boyau(x) : galerie étroite servant de communication entre deux galeries plus larges.
  13. Gilles de Maillé-Brézé (1437-1477) : chambellan et grand-maître de la vénerie du roi René (Édition de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 519).
  14. a, b et c René d'Anjou (1409-1480) : duc d’Anjou et comte de Provence, surnommé par ses sujets provençaux le « Bon Roi René ».
    La plupart des informations sur les personnalités sont issues de l'encyclopédie Wikipédia (juin 2013).
  15. a, b et c Édition de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 519
  16. Gentilhommière : petit domaine à la campagne d’un gentilhomme.
  17. a et b Douve(s) : fossés de fortifications anciennes, ou par extension le fossé lui-même. À Brézé, les douves sont dites « sèches » car elles ne sont par remplies d'eau.
  18. Les douves sont restées celles du château primitif (Édition de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 520)
  19. a, b, c et d Renaissance : époque historique (1517-1610), sous ensemble de l'époque des Temps modernes.
  20. a, b, c et d Plus profondes douves sèches d’Europe :
    - Agence régionale Pays de la Loire Territoires d'innovation, Château de Brézé, mai 2009
    - Société publique régionale des Pays de la Loire, Au château de Brézé, juin 2013
    - Office de tourisme de Saumur, Château de Brézé, juin 2013
    - Comité départemental du tourisme, Château de Brézé, juin 2013
  21. Magnanerie : bâtiment destiné à l’élevage des vers à soie.
  22. a, b et c Style Renaissance : en France, de 1495 à 1589, caractérisé par le développement du décor architectural.
    La plupart des informations sur les périodes sont issues de l'encyclopédie Wikipédia (juin 2013).
  23. a et b Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642) : cardinal-duc de Richelieu et duc de Fronsac, ecclésiastique et homme d'État français.
  24. a et b Louis II de Bourbon-Condé, dit le Grand Condé (1621-1686) : pair de France, premier prince du sang, général français pendant la guerre de Trente Ans.
  25. En 1646, au siège d'Orbetello (Édition de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 519).
  26. a, b, c et d Marquisat : titre de dignité qui était attaché à une terre.
  27. Henri-Évrard de Dreux-Brézé indique quant à lui la date de 1669 (Notice biographique sur M. le Marquis de Dreux-Brézé, op. cit., 1842, p. 1).
  28. a et b Grand maître des cérémonies de France : officier de la Maison du roi chargé d'ordonner les cérémonies publiques de la couronne de France sous l'Ancien Régime et la Restauration.
  29. États généraux (du Royaume de France) : assemblées convoquées par le roi de France pour évaluer l'état du Royaume.
  30. Le 23 juin 1789, au cours d'une réunion des trois ordres en présence du roi, Louis XVI ordonne aux députés de siéger en chambres séparées. Les députés du tiers état et ceux du bas clergé restent refusent. Bailly lance au marquis de Dreux-Brézé : « Allez dire à votre maître monsieur, que la Nation assemblée n'a d'ordre à recevoir de personne », à la suite de quoi Mirabeau ajoute : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous ne partirons que par la force des baïonnettes. » (Assemblée nationale, Séance du mardi 23 juin 1789, Extrait des débats retranscrits sur le Moniteur Universel, 25 juin 1789, p. 48).
  31. a, b, c et d René Hodé (1811-1874) : architecte angevin de style néogothique, connu pour la construction du château de Challain-la-Potherie (sud-ouest de Segré).
  32. Style troubadour : mouvement artistique tendant à reconstituer une atmosphère idéalisée du Moyen Âge et de la Renaissance.
  33. a, b et c Le château a fait l'objet d'importantes restaurations au cours du XIXe siècle (Édition révisée de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 520)
  34. Rotonde : édifice de forme circulaire, et surmonté d’une coupole.
  35. Mâchicoulis : galerie en porte-à-faux établie à la partie supérieure des fortifications défendre le pied des ouvrages.
  36. Ministère de la Culture, Base Mérimée (PA00108988), juin 2013
  37. Style néo-Gothique : style architectural né au milieu du XVIIIe siècle en Angleterre.
  38. Style néo-Renaissance : style architectural du XIXe siècle.
  39. Seigneurerie (ou seigneurie) : souveraineté exercée par le seigneur sur un territoire (CNTRL, Lexicographie, juin 2013).
  40. Habitat troglodytique : voir Village troglodyte de Rochemenier.
  41. a et b Monolithique : qui est d’un seul bloc.
  42. Fuye : variante de fuie, sorte de petit colombier, où l’on loge des pigeons.
  43. On trouve sur la commune de Brézé, notamment les appelations (AOC - AOP) : Anjou blanc, Anjou rouge, Anjou mousseux blanc, Anjou mousseux rosé, Cabernet de Saumur, Cabernet d'Anjou, Coteaux de Saumur, Crémant de Loire blanc, Crémant de Loire rosé, Rosé de Loire, Rosé d'Anjou, Saumur blanc, Saumur mousseux blanc, Saumur mousseux rosé, Saumur rouge (INAO, Liste des produits par commune, juillet 2013).
  44. Pilastre(s) : pilier carré, auquel on donne la même apparence que les colonnes.
  45. Tympan : espace qui se trouve encadré.
  46. Art médiéval (ou style médiéval) : ensemble large d'histoire de l'art, qui inclut de nombreux mouvements (Art roman, Art gothique, Art byzantin, etc).
  47. Jacques Granneau (1817-1891), artiste angevin, sculpteur sur bois et sur pierre, élève de David d'Angers (Les chateaux Neogothiques en Anjou, op. cit., 2007, p. 89 et 259).
  48. Style Restauration : art sous les règnes de Louis XVIII et Charles X, courte période de la première moitié du XIXe siècle.
  49. Louis VI de France, dit « le Gros » ou « le Batailleur » (1081-1137) : roi des Francs de 1108 à 1137.
  50. Louis VII de France dit « Louis le Jeune » (1120-1180) : roi des Francs de 1137 à 1180.
  51. Henri II d'Angleterre (1133-1189) : comte d'Anjou, du Maine et de Touraine, duc de Normandie, roi d'Angleterre (1154-1189). Voir Plantagenêt.
  52. Robert Ier de Dreux, dit le Grand (1125-1188) : comte de Dreux, cinquième fils de Louis VI le Gros.
  53. Anne de Bretagne (1477-1514) : duchesse de Bretagne de 1488 à 1491, et de 1498 à sa mort, et, reine de France de 1491 à 1498, et de 1499 à 1514.
  54. Édition de 1965 du Célestin Port, op. cit., p. 520


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