Pierre-Jean David d'Angers

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Portrait de l'artiste.

Artiste angevin, Pierre-Jean David d'Angers est un sculpteur et graveur-médailleur du XIXe siècle. La ville d'Angers a offert à sa galerie le cadre de l'abbatiale Toussaint (XIIIe) restaurée.


L'artiste

Pierre-Jean David[1], dit David d'Angers, naît à Angers, en Maine-et-Loire, le 12 mars 1788. Il manifeste de l'intérêt pour les arts dès son plus jeune âge, mais son père, le sculpteur Pierre-Louis David, ne l'encourage pas dans cette voie. Il finit par obtenir l'autorisation de suivre des cours à l'École centrale d'Angers. L'école est supprimée et Pierre-Jean se rend à Paris en 1808 pour continuer de suivre les cours du dessinateur et peintre Jean-Jacques Delusse. Il suit l'enseignement d'anatomie, de dessin et de sculpture. Pour subvenir à ses besoins, il exécute des travaux d'ornementation pour l'arc de triomphe du Carrousel et pour le palais du Louvre[2],[3].

Pour éviter la confusion avec l'illustre peintre David, Pierre-Jean décide d'ajouter à son nom celui de sa ville natale, Angers[3].

David d'Angers remporte plusieurs prix dès le concours d'essai de l'Académie en 1809. Il obtient le Grand prix de Rome en 1811 et part en Italie pour la villa Médicis où il reste pendant cinq ans. Revenu en France, il quitte la capitale pour Londres avant d'y retourner en 1818. Il reçoit la commande d'un monument commémoratif de la bataille de Waterloo, puis celle de l'achèvement de la statue de Condé commencée par le sculpteur Philippe-Laurent Roland, dont il a suivi l'enseignement. Il réalise, entre 1825 et 1850, quelque sept cents médaillons-portraits représentant des personnalités de son époque. Après 1825, il se consacre aux œuvres monumentales : monument de Bonchamps (église de Saint-Florent-le-Vieil), monument à Fénelon (cathédrale de Cambrai), monument au général Foy (cimetière du Père-Lachaise, Paris), etc. Le sculpteur réalise ensuite de très nombreuses pièces de 1830 à 1848[2],[3],[4],[5].

Il est élu membre de l'Institut de France en 1826 et nommé professeur à l'École de peinture et de sculpture. Il sculpte une importante série de portraits de personnalités contemporaines littéraires, artistiques et scientifiques[3].

En 1848, Pierre-Jean David est élu représentant du peuple par le département de Maine-et-Loire et entre à l'Assemblée nationale, mais en 1852, après le coup d'État de Napoléon III, il doit quitter la France et s'exiler en Grèce[2],[3].

L'artiste meurt à Paris le 5 janvier 1856[2]. La Galerie David-d'Angers est consacrée à son œuvre.

Ses œuvres

Son succès est paradoxal ; il évite la voie de l'hagiographie en s'attachant à une représentation réaliste de ses modèles ou des détails de leur coiffure, vêtement ou accessoires, tout en idéalisant leurs traits ou leurs gestes suivant l'école de la phrénologie[6].

Au lieu de créer des œuvres uniques dans un matériau noble, le bronze, il choisi de reproduire ses modèles par des procédés et dans des dimensions qui leur permettent d'être placés en tous lieux ou de circuler de main en main[7].

On peut retrouver ses œuvres[8] :

  • Galerie Toussaint à Angers ;
  • Musée du Louvre, statues en marbre et en bronze ;
  • École nationale supérieure des beaux-arts à Paris, médaillons en bronze ;
  • Musée de la vie romantique, médaillons en bronze ;
  • Musée des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France ;
  • Cimetière du Père-Lachaise, de Montparnasse et de Montmartre ;
  • dans une vingtaine de villes françaises.

La statue du roi René située à Angers, au rond-point de la place du président Kennedy et des boulevards, est une œuvre de l'artiste réalisée en 1822[7].

Bibliographie

  • Roland et ses ouvrages par David (d'Angers), Pagnerre éditeur (Paris), 1847 (sur Gallica).
  • Collection de portraits des contemporains d'après les médaillons de P.-J. David, d'Angers, publiée sous la direction de MM. P.-J. David, Paul Delaroche et Henriquel-Dupont, Bureau du trésor de numismatique et de glyptique, 1838 (sur Gallica).
  • Henri Jouin, David D'Angers, sa vie, son œuvre, ses écrits et ses contemporains, E. Plon et Cie (Paris), 1878 (sur Gallica).
  • Henri Delaborde, David d'Angers, ses œuvres et ses doctrines, Revue des Deux Mondes, tome 27, 1878 (sur Wikisource).
  • Henry Jouin, David d'Angers et ses relations littéraires, extrait de La nouvelle revue du 15 octobre 1890 (Paris), 1890 (sur Gallica).
  • Henry Jouin, David d'Angers et la catastrophe du pont de la Basse-Chaîne (16 avril 1850), extrait de La revue de l'Anjou, Germain & G. Grassin impr.-libr. (Angers), 1903 (sur Gallica).

Notes

Sur le même sujet

Quelques œuvres de David d'Angers
Galerie David-d'Angers
Étienne-Hippolyte Maindron et autres artistes angevins
Angers, rue David d'Angers
Les hommes qui ont marqué l'Anjou

Sources et annotations

  1. David, Pierre-Jean (1788-1856)
  2. a, b, c et d Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Emmanuel Bénézit dir., tome second (D-K), Ernest Gründ éditeur, 1924, p. 34-35
  3. a, b, c, d et e Célestin Port (révisé par Jacques Levron, Pierre d'Herbécourt, Robert Favreau et Cécile Souchon), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. II (D-M), H. Siraudeau & Cie, 1978, p. 13-15
  4. Encyclopædia Universalis (Jacques de Caso), David d'Angers Pierre-Jean David dit (1788-1856), 2010-2020
  5. Encyclopédie Larousse, Pierre-Jean David d'Angers, 2013-2020
  6. Exposition sur Les formes de l'âme, présentée à la galerie David d'Angers du 6 juin au 18 octobre 2015.
  7. a et b Exposition David d'Angers, les visages du romantisme, BnF, 22 novembre 2011 au 25 mars 2012.
  8. David Pierre Jean sur la base Joconde du ministère de la Culture


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Bibliothèque nationale de France