Ardoisières de Trélazé

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Ardoisières de Trélazé
Ardoisières d'Angers
Société Ardoisières d'Angers
Localisation Trélazé
(Maine-et-Loire, France)
Secteur Extraction de schiste ardoisier.
Créée en 1891-2014
Notes L'entreprise Ardoisières d'Angers a été créée en 1891, de la fusion de plusieurs producteurs ardoisiers.
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Les ardoisières de Trélazé étaient une activité d'extraction de schistes ardoisiers pour produire de l'ardoise. L'entreprise de Maine-et-Loire (région Pays de la Loire), les Ardoisières d'Angers, concentrait jusqu'au début du XXIe siècle la principale production française.

L'ardoise angevine est réputée dans le monde entier, et orne notamment les châteaux du val de Loire, ainsi que maisons et jardins[1].


Les ardoisières

C'est à Trélazé, aux portes d'Angers[2], qu'ouvre en 1406 à Tirepoche (ou Tire-Poche) la première carrière à ciel ouvert d'extraction de l'ardoise[3].

Au milieu du XVIIIe siècle on trouve plusieurs carrières à Angers et aux alentours : les Carreaux (Trélazé), la Noë (Trélazé), la Paperie (Saint-Barthélemy), Villechien (Trélazé), le Pigeon (Angers), le Bouillou(Angers), la Hacherie(Angers)[4]. En 1830, les quatre sites trélazéens d'extraction (Aubinière, Brémandière, Carreaux, Gravelle) emploient 981 ouvriers pour une production de 38 millions d'ardoises[3]. La première tentative d'extraction souterraine a lieu en 1838 (Grands-Carreaux). L'extraction à ciel ouvert ne s'arrêtera qu'à la fin du XIXe siècle, en 1899[3], pour être reprise ensuite en 1992.

La Loire inonde Trélazé en juin 1856, submergeant ses ardoisières. Une levée de 4 kilomètres sera ensuite construite[5],[6].

Trois sociétés s'entendent en 1826 pour fixer les normes de fabrication et les prix, donnant naissance à la Commission des ardoisières[7]. À la fin du XIXe siècle, en 1891, plusieurs producteurs ardoisiers fusionnent pour créer la société en nom collectif Commission des Ardoisières d'Angers[3],[8],[9], qui deviendra ensuite, en 1963, la société des Ardoisières d'Angers[10],[11]. Le premier chevalement métallique de Trélazé est construit en 1910.

À la fin des années 1960, l'entreprise représente 60 % de la production française, et exploite les puits des Fresnais et des Grands-Carreaux, dans le bassin de Trélazé, les gisements de Bel-Air à Combrée, de l'Espérance à La Pouëze, de la Rivière à Saint-Saturnin, du Limet près de Renazé (Mayenne), dans le bassin du Segréen, et le gisement de Co à Ploermel, dans le Morbihan. Elle emploie 2 100 personnes, dont 1 300 à Trélazé[8].

En 1983, la société des Ardoisières d'Angers supprime 420 emplois ardoisiers[3].

N'échappant pas à l'influence des grands groupes, les ardoisières de Trélazé, qui représentent 95 % de la production française, entrent en 1989 dans le giron d'Imétal[12], entreprise minière belgo-française, qui change de nom en 1999 pour devenir Imerys[13],[11].

En 1992, l'entreprise ouvre une carrière à ciel ouvert à la Porée. À cette même période, 207 emplois sont supprimés, dont les trois-quarts à Trélazé[3].

En 1995, l'extraction d'ardoises emploie 293 personnes[3], puis 240 personnes à l'orée des années 2000[14]. La production passe de 80 000 tonnes en 1982, à 40 000 tonnes en 1990, puis 25 000 tonnes en 1997[15]. En 2007, la société des ardoisières d'Angers compte 220 salariés, dont 60 au fond, pour une capacité de production de 15 000 tonnes. Elle comprend quatre sites[7] :

  • La carrière souterraine des Grands-Carreaux à Trélazé, exploitation par puits de mine avec ascenseur, d'où est extraite 9 000 tonnes de schiste ardoisier ;
  • La carrière souterraine des Fresnais à Trélazé, avec descendrie de 3 kilomètres, d'où est extraite 6 000 tonnes de schiste ;
  • L'usine des Fresnais, lieu de transformation des blocs de schiste en produits finis ;
  • Le siège social au 56 rue Albert-Camus à Trélazé, où se trouvent les services commerciaux et administratifs.

Dans les années 2010, l'activité ardoisière de Trélazé est confrontée à des difficultés[16]. La mine des Fresnais est fermée en 2009, et une cinquantaine de postes sont supprimés[17]. En 2012, l'entreprise Ardoisères d'Angers élargit sa gamme de produits d'importation en commercialisant l'ardoise de la carrière de Fonsagrada (Espagne)[18], et reprend l'année suivante la recherche de nouveaux gisements ardoisiers, notamment à La Daguenière[19],[20],[21]. En 2013, 115 personnes sont mises au chômage partiel[16].

À cette période, la société Ardoisières d'Angers exploite à Trélazé une carrière souterraine de schiste ardoisier, dont l'extraction se fait à 450 mètres de profondeur. Grâce à son antériorité et son omniprésence sur les bâtiments du patrimoine architectural français, l'ardoise naturelle Angers-Trelazé bénéficie d'une forte notoriété[18].

En novembre 2013, face à l'épuisement des gisements[22], la direction annonce la fermeture des Ardoisières[23],[24], qui emploient 153 salariés[25]. Les ardoisiers demandent alors une expertise et projettent de créer une coopérative ouvrière. L'étude confirme l'épuisement des gisements[26], et en mars 2014, la direction et les syndicats signent le plan social, marquant la fin de l'exploitation trélazéenne[27].

Les marques

L'ardoise comporte en 2014 de nombreux dépôts de marques, dont l'ardoise Angers-Trélazé[28], Angers-Trélazé la qualité défie le temps[29], marques de l'entreprise Ardoisières d'Angers, mais aussi L'ardoise d'Angers Trélazé[30], La maison du quernon d'ardoise[31], marques de La Petite Marquise, etc.

L'entreprise

Plusieurs sociétés ardoisières se réunissent en janvier 1891 pour donner naissance à la Commission des Ardoisières d'Angers, qui devient en 1963 la société des Ardoisières d'Angers[11]. En 1989, l'entreprise est rachetée par le groupe Imetal.

En 2007, la société Ardoisières d'Angers réalise un chiffre d'affaires de 15 millions d'euro et compte 220 salariés[7]. En 2013, elle est constituée sous la forme d'une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU), située à Trélazé (Maine-et-Loire). Immatriculée sous sa dernière forme le 28 avril 1988, son activité est l'extraction de pierres ornementales, construction, calcaire industriel, gypse, craie, ardoise (0811Z). En 2012, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 13 985 000 pour un résultat de -4 360 000 . Son effectif est de 197 personnes en 2009[32].
Entre 2013 et 2014, son bilan diminue de 59,57 %, son chiffre d'affaires passe de 13 515 700 à 3 669 800 , et son effectif de 163 à 117 personnes[32].

Elle comporte en 2013 deux établissements : rue Albert Camus, siège et établissement principal[33], et aux Fresnais, établissement secondaire[34] de transformation en produits finis[10].

Détenue par le groupe industriel belgo-français Imerys[10],[35], en 2012 celui-ci employait 16 026 personnes pour un chiffre d'affaires de 3 885 millions d'euros[18].

En octobre 2014, les ardoisières cèdent une partie de leur activité à Ardoise et Jardin, dont l'activité est la commercialisation et le négoce de produits ardoisiers et de tout autre produit dans les domaines de l'aménagement paysager décoratif ou urbain du bâtiment et des travaux publics[36],[37].

Témoignages

Vous avez travaillé dans cette entreprise ? Alors, racontez nous…


Notes

Sur le même sujet

Les ardoisières en Anjou
Pétition du 3 octobre 1869
Les ardoisières d'Angers-Trélazé (1874)
Carte des ardoisières de Trélazé (Alexis Boisnard, 1874)
Les ardoisières de Trélazé (Célestin Port, 1878)
Moulin d'exhaure de l'Union
Le mot ardoisière
Musée de l'ardoise de Trélazé
Autres sites ardoisiers : Angers, Angrie, Avrillé, Châtelais, Combrée, L'Hôtellerie-de-Flée, La Jaille-Yvon, Juigné, Noyant-la-Gravoyère, Les Ponts-de-Cé, La Pouëze, Saint-Barthélemy, Vern-d'Anjou.

Sources et annotations

  1. Anjou Tourisme (Comité départemental du tourisme & Fédération des offices de tourisme et syndicats d’initiative de l’Anjou), Magazine Anjou émotions, édition de novembre 2012
  2. P.Wagret J.Boussard J.Levron S. Mailliard-Bourdillon, Visages de l'Anjou, Horizons de France, 1951, p. 40
  3. a, b, c, d, e, f et g Célestin Port, Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1874-1878, édition révisée de 1996 par André Sarazin et Pascal Tellier, t. 4, H. Siraudeau, p. 578 à 580 (voir aussi édition de 1878)
  4. L'Anjou historique, janvier-février 1909, p. 373-376
  5. Alexis-M. G., La France pittoresque de l'Ouest, deuxième édition, éd. Alfred Mame et fils, 1900, p. 96
  6. Céline Lambert, Les préfets de Maine-et-Loire, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 29
  7. a, b et c Fiche entreprise Ardoisières d'Angers (ADA) du 29 mars 2007, de l'exposition 2007 Marques de fabrique, fabrique de Marques, Service des archives de la mairie d'Angers
  8. a et b Jacques Jeanneau, Chronique Angevine - L'expansion de l'industrie ardoisière, dans la Revue de géographie trimestrielle Norois, 58, Avril-juin 1968, pp. 331-332
  9. Philippe et Catherine Nédélec, L'Anjou entre Loire et tuffeau, Éditions Ouest-France, 2010
  10. a, b et c Ardoisières d'Angers, Qui sommes-nous ?, octobre 2013
  11. a, b et c Gérard Linden, Les mots des mines et carrières du Maine-et-Loire, Éditions Cheminements, 2004, p. 54
  12. L'Usine Nouvelle, Angers attire les grands groupes, 16 juin 1994
  13. Mairie d'Angers, Fiche industrie, Ardoisières d'Angers (ADA), 30 mars 2007
  14. L'Express, Vie économique - Ardoises, 26 juin 2003
  15. Les Échos, Les Ardoisières d'Angers préparent un nouveau plan de licenciements, édition du 23 fevrier 1998, p. 19
  16. a et b Ouest -France, Les Ardoisières recherche de nouvelles ressources minières , 2 juillet 2013
  17. Ouest-France, Ardoisières de Trélazé : une des deux mines ferme, 23 janvier 2009
  18. a, b et c Imerys, Document de référence 2012 - Rapport financier annuel, mars 2013
  19. Ouest-France, Ardoisières d’Angers : les recherches ont repris, 22 août 2013
  20. Ouest-France, Ardoisières : nouvelles recherches à La Daguenière - Angers, 27 août 2013
  21. Courrier de l'Ouest, L'avenir des ardoisières va se jouer dans les prochains mois, 27 août 2013
  22. Ouest-France, « La fermeture est liée à l'épuisement des gisements », 25 novembre 2013
  23. Ouest-France, Le choc à Trélazé, les Ardoisières vont fermer !, 25 novembre 2013
  24. Le Courrier de l'Ouest, Ardoisières de Trélazé : la chronique d'une mort annoncée, 25 novembre 2013
  25. Ouest-France, Fermeture des Ardoisières. Marc Goua, maire de Trélazé : « C’est un drame humain », 25 novembre 2013
  26. Ouest-France Entreprises, Une étude confirme la fin des Ardoisières, 25 février 2014
  27. Ouest-France, Ardoisières d'Angers. C'est la fin, le plan social est signé, 28 mars 2014
  28. Institut national de la propriété industrielle (INPI), Marque ANGERS-TRÉLAZÉ, déposée par les Ardoisières d'Angers, Enregistrement du 20 avril 1984
  29. Institut national de la propriété industrielle (INPI), Marque ANGERS-TRÉLAZÉ la qualité défie le temps, déposée par les Ardoisières d'Angers, Enregistrement du 24 juillet 2007
  30. Institut national de la propriété industrielle (INPI), Marque L'ARDOISE D'ANGERS TRELAZE, déposée par La Petite Marquise, Enregistrement du 17 octobre 2005
  31. Institut national de la propriété industrielle (INPI), Marque LA MAISON DU QUERNON D ARDOISE, déposée par La Petite Marquise, Enregistrement du 29 décembre 2012
  32. a et b Infogreffe, Registre des sociétés (344 683 446 R.C.S. Angers), octobre 2013 et juin 2016
  33. Infogreffe, Registre des sociétés (344 683 446 000126 R.C.S. Angers), octobre 2013
  34. Infogreffe, Registre des sociétés (344 683 446 000134 R.C.S. Angers), octobre 2013
  35. Infogreffe, Registre des sociétés (562 008 151 R.C.S. Paris), octobre 2013
  36. Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, Bodacc A 20140192 - Annonce 534, publié le 7 octobre 2014
  37. Ardoise et Jardin, 529 104 499 R.C.S. Angers, siège 56 rue Albert Camus - 49800 Trélazé, société immatriculée le 19 septembre 2014


pour cent

euros

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