Guillaume Bodinier
Artiste angevin, Guillaume Bodinier est un peintre et dessinateur du XIXe siècle, auteur de des scènes pittoresques dans un goût italianisant. Il fut directeur honoraire du Musée des beaux-arts d'Angers.
L'artiste
Guillaume Bodinier[1] naît à Angers, en Maine-et-Loire, le 9 février 1795 dans une famille républicaine aisée. Il y passe sa jeunesse et fait des études au lycée d'Angers avant d'entrer à Saint-Cyr, qu'il quitte en 1815. Il s'adonne ensuite à la peinture, tout en suivant des études de droit à Paris. En 1817, il entre à l'École royale des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Pierre-Narcisse Guérin, où sont passés avant lui Géricault et Delacroix[2],[3].
Il part ensuite en Italie pour suivre son maître qui a été nommé directeur de l'Académie de France à Rome. Bien que Guérin lui reproche de négliger la peinture d'histoire pour aborder le genre, Guillaume Bodinier commence à rencontrer un certain succès. Il fait d'ailleurs l'objet d'une médaille d'honneur au Salon de Paris de 1827. Il expose par la suite à presque tous les salons jusqu'en 1857. Il y reçoit des prix en 1828 et 1846, est décoré en 1849 et devient membre correspondant de l'Institut[2],[3],[4],[5].
L'artiste fait plusieurs séjours en Italie, passage obligé à l'époque dans le processus de formation des artistes, où il arpente la campagne romaine et napolitaine. Les mœurs pittoresques de la Péninsule lui fournissent de nombreux sujets de genres. 1848 marque son retour définitif sur sa terre natale, avant d'être nommé directeur honoraire du musée des beaux-arts d'Angers. Il réside au milieu du XIXe siècle au 20 rue Donadieu-de-Puycharic (quartier de la Cité) où il y établit ses collections de peinture[2],[3],[6],[7].
Guillaume Bodinier meurt à Angers le 24 août 1872[8],[9]. Il a offert de son vivant à la ville le logis Pincé et plusieurs de ses œuvres, qui seront complétées par le don de sa veuve en 1874 d'un important fond d'atelier[2],[3],[4].
Un temps oublié, il faut attendre près d'un siècle pour que l'ensemble de son œuvre fasse l'objet d'un inventaire au Musée des beaux-arts d'Angers. L'artiste fait par la suite l'objet de plusieurs expositions, dont une importante rétrospective réalisée durant l'été 2011[3],[7],[10].
Ses œuvres
Le musée des beaux-arts d'Angers expose quelques-unes de ces œuvres[11] :
- Homme levant le bras, dessin de 1820 ;
- Portrait équestre de Balbus père, dessin de 1824 ;
- Demande de mariage, huile sur toile de 1825 ;
- Paysanne de Frascati au confessionnal, huile sur toile de 1826 ;
- Deux italiennes secourent un vieux moine étendu sur le sol parmi des rochers au bord de la mer, dessin de 1829 ;
- Berger de dos agenouillé, dessin de 1843 ;
- Berger à la cornemuse, dessin de 1843 ;
- Étude pour l'aménagement et la décoration d'un salon, dessins de 1856 et 1857.
La ville fait l'acquisition en 2017 d'une nouvelle œuvre, un dessin préparatoire au tableau Rencontre des voyageurs avec un berger réalisé vers 1846 en Italie et exposé au Salon de 1857. Ce tableau est ajouté au fond des collections du musée[12].
Notes
À ne pas confondre avec Guillaume Bodinier (1847-1922), homme politique français.
Sur le même sujet
Sources et annotations
- ↑ Bodinier, Guillaume (1795-1872)
- ↑ a b c et d Célestin Port (révisé par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. I (A-C), H. Siraudeau & Cie (Angers), 1965 (2e éd.), p. 398
- ↑ a b c d et e Musée des Beaux-Arts d'Angers, Guillaume Bodinier (1795-1872) : Un peintre angevin en Italie, dossier de presse de l'exposition de mai-septembre 2011
- ↑ a et b Henry Jouin, Collection Bodinier, dans Musée d'Angers : peintures, sculptures : collection Bodinier, collection Lenepveu, legs Robin, impr. Lachèse et Dolbeau (Angers), 1881, p. 62-73
- ↑ E. B., L'Investigateur – Journal de l'Institut historique, 32e année, t. V - IVe série, Institut historique (Paris), 1865, p. 360
- ↑ Ad. T., Bodinier (Guillaume), dans La Grande Encyclopédie, t. 7e (Bobino-Bricci), H. Lamirault et Cie éditeurs (Paris), 1889, p. 25
- ↑ a et b Connaissance des arts (Guillaume Morel), Guillaume Bodinier, l'Angevin épris d'Italie, 11 juillet 2011
- ↑ Bibliothèque nationale de France (BnF), Notice d'autorité, 18 janvier 2005 (lire)
- ↑ Ministère de la Culture, Base Mérimée - Hôtel dit maison de l'Archidiaconné d'Outre-Loire, actuellement école Saint-Aubin (IA49004402), 25 novembre 2009
- ↑ La Tribune de l'Art (Didier Rykne), Guillaume Bodinier (1795-1872). Un peintre angevin en Italie, 7 juin 2011
- ↑ Bodinier Guillaume sur la base Joconde du ministère de la Culture
- ↑ Le Courrier de l'Ouest, Angers. Le Musée des Beaux-Arts dévoile un nouveau dessin de Guillaume Bodinier, 10 mars 2017
Ludovic Alleaume — Alexis Axilette — Marcel Azéma-Billa — Charles Badoisel — Jean-Pierre Bocquel — Guillaume Bodinier — Jean Commère — Pierre-Jean David d'Angers (œuvres) — Jules Desbois — Louise Desbordes — Augustine Girault-Lesourd — Paul Jallat — Loïc Jombart — Jules Lenepveu — Étienne-Hippolyte Maindron — Paul Maudonnet — Jean-Adrien Mercier — Alexis Mérodack-Jeaneau (coiffes) — Michel Moreau — François Morellet — Paul Ragueneau — Daniel Tremblay — Pierre-Charles Trémolières — Georges Vaslin