La peste noire en Anjou de 1348 à 1362

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Langue et littérature angevine
Document   La peste noire en Anjou de 1348 à 1362
Auteur   E. Farge
Année d'édition   1854
Éditeur   Libr. de Cosnier et Lachèse (Angers)
Note(s)   dans Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire


Couverture du numéro de la Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire.
LA PESTE NOIRE EN ANJOU
1348-1362
Ah! modo ne talem patiantur secula cladem !
Symon de Covino.


En parcourant les nombreux auteurs qui ont écrit l'histoire de notre Anjou, on est frappé du silence presque absolu qu'ils ont gardé sur l'un des plus grands événements du XIVe siècle, cette terrible peste noire qui, dans la seule Europe, fit périr plus de trente-sept millions d'hommes, et dont le nom reste encore aujourd'hui moins un caractère de l'épidémie qu'une marque de deuil pour l'humanité.

Le premier de nos historiens, Bourdigné, poursuivant les nobles souches des familles angevines sur tous les champs de bataille, ne semble préoccupé que des noms d'hommes ou de lieux, et des grands coups d'épée de ses héros. Hiret paraît l'avoir aussi complètement ignorée. Louvet, si précieux pour les événements de son temps, ne donne qu'une histoire écourtée des siècles antérieurs. Enfin, Roger lui-même, si riche de fails, le consciencieux Roger consacre à peine à cet étonnant désastre deux lignes d'une vague mention entre le récit du siège de Calais et l'histoire d'un brigand de grands chemins. « L'année suivante, 1348, il y eut une trève, puis une pestilence très horrible qui affligea étrangement toute la France et les royaumes voisins. Les auteurs italiens de ce temps-là la représentent très horrible en Italie (1). »

(1) Roger. Hist. d'Anjou, p. 296.

Renseignés à ces sources, nos historiens modernes ne sont pas plus explicites, et les histoires générales comme les histoires spéciales de la peste sont muettes en ce qui concerne notre pays (1).

Fallait-il croire que fatalement cantonnés dans le récit des gestes de nos comtes ou de nos ducs, des abbés ou des évêques, nos annalistes, faute de noms célèbres à enregistrer, faute de quelque fondation pieuse, avaient passé sans attention sur cette perturbation profonde de la vie du genre humain ? Mille faits seraient venus protester contre ce reproche, et nous étions portés à conclure du silence général que notre province avait été épargnée et n'avait entendu qu'un écho lointain du cri de désolation poussé par toute la terre. Aujourd'hui l'incertitude cesse et la lacune se comble par une curieuse note marginale de la Petite Chronique de Saint-Aubin, dont l'importance avait échappé à tous les chroniqueurs (2), et qui nous a été signalée par le savant archiviste auquel on doit déjà tant de précieuses découvertes, M. Paul Marchegay.

L'Anjou a donc été ravagé par la peste noire, et l'histoire en a conservé la trace. Sans doute notre pays, encore bien barbare au XIVe siècle, n'aura point un Boccace pour placer au frontispice d'une production légère le tableau de Florence désolée. Rien ne rappellera les accents de Pétrarque pleurant sur ces jours de terreur et de regrets dont vécut pendant trois ans la malheureuse Provence. Ce ne sera pas non plus une chronique rimée comme celle de Lyon ou les saisissants proverbes de la Bourgogne dévastée :

En mil trois cent quarante et huit,
A Nuits de cent restérent huit.
(1) Ozanam (Histoire des épidémies) ne signale aucune trace de la peste noire dans l'ouest de la France. Le docteur Philippe, dans un ouvrage spécial sur cette contagion (Histoire de la peste noire, Paris, 1853, in-8°), indique la marche de la maladie à travers toute la France, sauf les régions situées entre la Garonne et la Seine, dont il n'est fait aucune mention. Aussi M. le docteur Leborgne, dans son histoire des épidémies de Nantes, a été réduit à des conjectures : « Comme toutes les grandes cités, Nantes en fut probablement atteinte. » (Histoire des grandes épidémies qui ont régné à Nantes. Nantes , 1852, in-8°.)
(2) Le père Labbe, qui a eu entre les mains l'exemplaire même de la Petite Chronique, sur lequel existent les notes, a publié presque tout le manuscrit dans le Bibliotheca nova manuscriptorum ; il a même vu la note, car il en cite textuellement la dernière phrase, celle où il est question de la prise du roi Jean ; mais il a omis toute la partie où il est question de la peste et de la famine.
(V. Bibl. nov. manus. Chronic. andecavia.)

La courte narration du moine de Saint-Aubin se recommande par d'autres qualités. Simple constatation du fait, sans recherches ambitieuses sur les causes ou la fin, elle raconte brièvement, mais elle décrit avec une rare clarté. C'est dans la description des trois formes principales du fléau qu'on reconnaît le témoin oculaire, l'observateur, le savant, j'ai presque dit l'homme de l'art ; et vraiment on serait en droit de le conclure, en comparant à sa note les passages que les savants médecins d'Avignon, de Montpellier et de Bologne ont consacrés au même sujet.

Notre notice n'est, en son entier, qu'une paraphrase annotée de ce passage de la Petite Chronique ; mais les renseignements curieux qu'on y peut puiser à d'autres égards, et les transpositions que nous faisons à chaque page, nous engagent à publier textuellement ce document à la fin de notre récit.

« En l'année 1349, la huitième du pontificat de Clément VI et la vingt-sixième de l'épiscopat de Foulques de Mathefelon, évêque d'Angers, Philippe de Valois étant roi de France et Jean, son fils aîné, comte d'Anjou, le 27 septembre, mourut Pierre Bonneau, alors abbé de Saint-Aubin, célèbre docteur en décret, qui avait été d'abord moine du nouveau monastère de Poitou, puis abbé de Bassac au diocèse de Saintonge, et enfin du monastère de Saint-Aubin. Il régnait alors une grande mortalité, de celle que les médecins appellent épidémie. Elle parcourut tout l'univers, mais ne sévit pas également dans tous les pays, car il ne resta, dans quelques contrées, que la dixième partie des hommes, dans d'autres la sixième, dans d'autres il en mourut le tiers, dans d'autres le quart.

Et cette mortalité avait commencé dans les régions de l'Orient, puis elle descendit vers l'Occident où elle régna moins, c'est-à-dire qu'elle s'y comporta plus doucement, et dans la province de Tours elle fut moins rigoureuse qu'elle n'avait été communément ailleurs. »

A peine la trêve conclue entre Philippe de Valois et Edouard d'Angleterre avait-elle donné aux deux peuples le temps de respirer ; à peine les armées avaient-elles quitté nos provinces, théâtre de la guerre, qu'une rumeur sinistre vint jeter l'effroi parmi les populations. Un fléau né dans l'Orient, où il avait détruit des nations entières, envahissait la France par plusieurs routes à la fois. Des vaisseaux, venus de Sicile et de Sardaigne, avaient apporté la peste à Marseille, tandis qu'un autre courant, partant d'Italie, avait franchi les Alpes pour gagner Avignon. Puis la mortalité, s'élançant tantôt sur une province, tantôt sur une autre, apparaissait dans des villes éloignées, sans cause appréciable, sans régularité. Avignon l'avait reçue d'Italie dès le mois de janvier, et Florence, où elle devait trouver son plus grand historien, ne la voyait qu'au mois d'avril. Tandis qu'elle sévissait dès le mois de juillet sur les bords de la Haute-Loire, que Paris en était frappé au mois d'août, Lyon, placé entre les deux, n'en fut atteint qu'à la fin de décembre.

En mil trois cent quarante et huit,
Ceste malencontreuse peste
Comparul de Noël la feste (1).

Le danger pourtant semblait menacer notre pays de moins près. Angers n'avait point vu rouler dans son ciel ces terribles météores qui avaient effrayé tous les autres pays ; nulle part son sol n'avait tremblé et la terre ne s'entrouvrait point pour tarir les sources. Depuis plusieurs années, une douce abondance avait remplacé les famines (2). Déjà les grandes chaleurs, causes de corruption, étaient passées, et l'hiver semblait devoir mettre un terme à l'extension du fléau.

Tout-à-coup, vers la fête de saint André (30 novembre), le bruit se répand que la peste a paru chez les frères Augustins ; ils étaient établis depuis quarante ans dans l'ancien couvent des Sacs, près la porte Lyonnaise (actuellement rue Vauvert). C'était donc dès l'abord dans l'intérieur des murs.

A partir de cet instant, la mortalité s'étendit de rue en rue, de monastère en monastère, envahit toute la ville, puis les bourgs voisins, les abbayes, les prieurés, et ne s'éteignit qu'après onze mois de ravages, vers la Toussaint 1349.

On voyait donc enfin cet ennemi redoutable annoncé depuis si longtemps ; et quelles mesures prises pour le prévenir ; quels moyens pour le combattre ? Nous pourrions, sans trop de gratuité, affirmer qu'Angers, en rapport avec Paris, possédant déjà une université fameuse, des moines savants en médecine, des médecins des ducs, etc., fut pourvue des mêmes mesures que Paris ; nous assurerions même qu'elle reçut, comme Nantes (3), la célèbre circulaire

(1) Chronique rimée de l'Hôtel-Dieu de Lyon.
(2) Famine en 1338 et 40. V. Roger.
(3) Recherches historiques sur les épidémies qui ont régné à Nantes, par le docteur Leborgne, 1852.

de la Faculté (1). L'hygiène publique se borna aux grands feux de sarment allumés dans les places et les rues, et l'on y jeta avec abondance le laurier vert, la camomille et l'encens. Faibles moyens dans des rues étroites, tortueuses et sans pavage, dans des places bourbeuses et couvertes de toutes les immondices de la cité (2). Mais, nous avons hâte de l'avouer, la science plus éclairée qui nous dirige aujourd'hui, n'eût pas été plus puissante contre une affection qui défiait toutes les conditions atmosphériques, les climats et les saisons. Pour l'hygiène particulière, la circulaire des docteurs parisiens dût encore servir de base ; mais ici nous ne pourrions que faire des hypothèses ou répéter les histoires générales ; arrêtons-nous à ce qui est nouveau ou bien démontré pour l'Anjou.

Quant à la nature même de la peste qui venait d'envahir Angers, on ne peut douter un seul instant que ce ne fut exactement la même qui sévissait par toute l'Europe ; il suffit, pour s'en convaincre, d'énumérer les principaux symptômes, et c'est ici qu'il faut suivre pied à pied notre narrateur.

« Et il y avait trois genres de celte épidémie, car quelques-uns crachaient du sang, d'autres avaient sur le corps des taches rouges et brunâtres, à la manière du peigne marin ou bien du turdo ou de la truite, et de ces deux genres aucun n'échappait. Les autres avaient des aposthèmes ou des strumes dans l'aine ou sous l'aisselle, et de ceux-là quelques-uns échappaient. »

Nous ne croyons pas trop nous avancer en affirmant que cette courte description est celle d'un homme savant en médecine et d'un profond observateur. Les trois formes de la peste y sont nettement accusées par leur caractère distinctif : la gangrène du poumon par le crachement de sang, la forme pétéchiale par les taches brunes et rouges, pittoresquement comparées aux macules d'un poisson, puis enfin la forme, moins inexorable, se terminant par les bubons des aines ou des aisselles.

Presque tous les chroniqueurs, au contraire, ont confondu ces trois manifestations bien distinctes de la peste noire, ou bien n'ont été frappés que par les tumeurs inguinales ou axillaires. Le continuateur

(1) Histoire de la peste noire, par le docteur Philippe. Paris, 1853, pages 213 et suivantes.
(2) « Il n'y avoit point autrefois de retraites aux maisons particulières d'Angers » et les rues n'étoient point pavées, tellement que les grandes rues étoient pleines » de boues, d'infections et d'ordures. Durant le règne de François Jer on remédia å » ce désordre...... » (Roger, voyez Histoire d'Anjou, page 11 de l'édition de la Revue.)

de Guillaume de Nangis les regarde même comme un signe inévitable de mort. Sans doute une des formes symptômatiques prédominait dans chaque pays ; en Angleterre, le crachement de sang ; en Allemagne, les taches ; en Italie, les bubons (1) ; mais il est remarquable que le plus exact des observateurs, le plus savant des médecins du temps, Guy de Chauliac, « bien placé pour tout voir et tout savoir » établit à peu près la même distinction et tire des conclusions analogues à celles de notre auteur (2). « Ladite mortalité fut de deux sortes : la première dura deux mois avec fiebvre continue, crachement de sang, et l'on en mouroit en trois jours. La seconde, avec le reste du temps, aussi avec fiebyre et apostèmes et carboncles principalement aux aisselles et aux aines, et l'on en mouroit en cinq jours... Mais l'apostème étant meur et traicté, on en échappoit parfois, au vouloir de Dieu... Et ladicte mortalité fut de grande contagion, principalement celle qui étoit avec crachement de sang (3). »

Ainsi ce fut, comme dans Avignon, sous des types variables, que la peste noire se manifesta dans notre Anjou. Elle eut aussi le même caractère contagieux :

« Et il faut savoir que ces maladies étaient très contagieuses, et que presque tous ceux qui servaient les malades mouraient, ainsi que les prêtres qui les écoutaient en confession. »

Le narrateur s'était abstenu de toute étiologie fabuleuse ou astrologique ; de même il parle de l'influence contagieuse, sans la moindre exagération. Il ne suffit pas, pour lui comme pour Boccace, Villani ou même Guy de Chauliac, de regarder un malade ou un cadavre, pour être frappé de peste, il faut les servir à tout instant, les entretenir

(1) Histoire de la peste noire, par le docteur Philippe, passim.
(2) Le pape Clément VI (Pierre Roger), dont Guy de Chauliac était le médecin, était lui-même frère de Guillaume Roger, comte de Beaufort-en-Vallée, et déjà, en 1315, il avait appelé près de lui son neveu également nommé Pierre Roger, et qui devint pape sous le nom de Grégoire XI. Ce Pierre Roger, fils du comte de Beaufort, avait été religieux de la Haie aux Bons-Hommes, près d'Angers. Ces fréquents rapports entre l'Anjou et la cour d'Avignon n'ont-ils point établi quelques relations scientifiques et influé sur les études de notre pays ? Ce fait n'a rien d'impossible, si l'on remarque surtout que Clément VI et son neveu Grégoire XI sont particulièrement loués de leur amour pour l'étude et de la protection qu'ils accordèrent aux sciences et aux lettres. Quoi qu'il en soit, le chroniqueur de Saint-Aubin, ayant écrit en 1357, ne peut être soupçonné d'avoir copié Guy de Chauliac, qui ne publia qu'en 1363, après la deuxième peste.
(3) Guy de Chauliac : la grande Chirurgie, traduct. de Laurent Joubert, chap. singulier, Lyon, 1585.

bouche à bouche, être infirmier, médecin ou prêtre, pour être particulièrement exposé à la contagion.

Ce passage peut-il nous apprendre quelque chose sur les soins que reçurent les malheureux pestiférés de l'Anjou, et pourrions-nous en conclure que, plus heureux que les victimes d'Avignon, Paris ou Florence, s'ils furent abandonnés de leurs serviteurs, de leurs amis, de leurs proches, ils trouvèrent du moins à leur chevet les consolations du prêtre et les secours du médecin ? Pour le prêtre d'abord, le passage est assez concluant. La plupart, sinon tous, durent recevoir ce secours spirituel qui, par une disposition spéciale du pape, remettait la peine et la faute, et faisait, suivant le continuateur de Guillaume de Nangis, « que mourant si vîte, ils mouraient pourtant joyeux, quanquam subitò quasi læti ad mortem expectabant. »

Nous pouvons croire qu'il en fut de même pour le secours médical ; mais il faut bien savoir d'abord ce qu'il était au XIVe siècle, ce qu'il pouvait être en pareilles circonstances.

Les médecins de profession étaient alors de deux sortes, la plupart larrons, charlatans, appartenant à la nation Juive, tirant des Arabes leur science et plus souvent leurs secrets. Ceux-là, timides dans le péril, ardents à la curée, composent la tourbe sur laquelle Chauliac a déversé l'infamie, ceux-là fuyaient la maladie et les malades, ou ne vendaient qu'au poids de l'or leurs promesses effrontées, leurs électuaires ou leurs incantations. Un petit nombre de clercs, attachés aux grands personnages, aux universités naissantes, ou mieux encore aux couvents, possédaient seuls les faibles lumières de la science obscurcie, et c'est parmi eux que se trouve ce type du médecin : « Lettré, expert et bien morigené, gracieux au malade, bienveillant à ses compaignons, pitoyable et misericordieux, non convoiteux et extorsionneur d'argent (1). »

Angers compta parmi ses moines quelques-uns de ces savants généreux ; les noms des prieur, infirmier, hostellier, armoirier, maître des enfants, témoignent de leur dévouement, et la riche bibliothèque de Saint-Aubin nous est une garantie de leur science. Qu'on nous permette un court inventaire des ressources médicales de la célèbre abbaye. On y voyait un Alexandre de Tralles, le plus complet et le plus didactique des médecins grecs de la deuxième période ; deux Avicenne, contenant tous les traités du prince des médecins arabes, la véritable somme médicale du XIVe siècle ; on pouvait emprunter à Saint-Serge ses nombreux fragments de Galien, à la Baumette,

(1) Guy de Chauliac, loco cit.

Averrhoës ; enfin l'on s'était enrichi depuis quelques années à peine du traité de médecine le plus récent et le plus célèbre de l'époque, celui qui résumait à lui seul tous les Arabistes, le fameux Lilium medicinæ de Bernard de Gordon (1). Cinq ouvrages, quel faible bagage pour nous qui nous déballons encombrés par des milliers de volumes ! Quelle richesse, quand on songe que cent ans plus tard la célèbre faculté de Paris n'en possédait que neuf ! (2)

Mais, hélas ! la science d'Alexandre, la riche pharmacopée d'Avicenne et tous les électuaires de Gordon ne pouvaient rien contre un mal dont on mourait en trois jours. Ils n'y faisoient guère et n'y gagnoient rien. Les soins médicaux, comme en toute épidémie, étaient surtout constitués par les dispositions générales, les circonstances d'entourage, quelques égards, et pour ceux qui duraient par des pansements simples et uniformes comme le genre morbide, et pouvant être appliqués sous une prescription unique, par toutes les mains dévouées (3).

Tel fut, sans aucun doute, le traitement pratiqué à l'hôpital d'Angers, qui, créé deux cents ans auparavant pour les pauvres malades, sans exclusion de maladie contagieuse autre que la lèpre (4), reçut dans ses vastes salles les nombreux pestiférés de la cité (5). C'est là que déployèrent leur zèle ces filles de la Charité que nous

(1) Tous ces ouvrages font maintenant partie des manuscrits de la Bibliothèque d'Angers ; ils portent l'indication de leur provenance. Le savant bibliographe Montfaucon les a d'ailleurs recensés dans sa Bibliotheca Bibliothecarum manuscriptorum. Le Lilium medecina parut la première fois en 1285.
(2) Voyez Sabatier, Recherches sur l'histoire de la faculté de médecine de Paris.
(3) Un fragment de manuscrit in-16 sur parchemin, appartenant à la Bibliothèque d'Angers et très visiblement écrit au XIVe siècle, contient, parmi une foule d'autres remèdes, deux formules d'épithèmes destinés à faire mûrir les aposthèmes et guérir les fistules qui résultent de leur suppuration. Comme ils constituèrent vraisemblablement le traitement local de la peste, nous les rappelons en quelques mots : no  XXIV, Succum apii, vitellum ovi, smilum frumenti, incorporentur et super apostema pronuntur.
Le no  XLII contient les mêmes éléments, avec cette modification : De smilagine frumenti valde subtili ; et une autre formule, l'ognon de lys, cuit à l'huile : Lilius ceporeus el pocum de oleo, cale fiat in cesta vel patella ut incorporetur et tepida ponatur super apostemata.
(4) Voyez les anciens règlements de l'Hôtel-Dieu.
(5) Le premier sanitat fut fondé à Angers en 1600 par les soins de Donadieu de Puchairic, gouverneur d'Anjou. Jusque là les malades de peste ou de typhus étaient soignés à l'hôpital Saint-Jean, soit dans les salles, soit dans un bâtiment spécial, quand leur nombre n'était pas trop grand. Toutefois, l'hôpital ou aumônerie de Fils de prêtre, fondé en 1336, sur le terrain actuellement occupé par l'hospice général, ayant été plusieurs fois transformé en succursale de l'Hôtel-Dieu ou en maison de convalescence, aurait pu, dès 1349, recevoir cette destination.

voyons dès ce temps chargées du soin des pauvres malades (1), là qu'elles furent dignes de leurs sœurs de Paris, qui « mourant sans cesse et sans cesse renouvelées, perdirent cinq cents religieuses sans voir leurs rangs s'éclaircir. » En dehors de cet immense sanitat et surtout dans les campagnes, les soins furent donnés par les moines, qui moururent victimes de leurs bienfaits (2). Mais le dévouement, pas plus que la science, ne pouvait triompher de ce terrible mal ; en vain stimulés par les indulgences spéciales attachées aux soins des pestiférés, quelques hommes généreux s'offrirent en holocauste ; la soif de la mort ne semblait pouvoir s'assouvir. Tandis que les hôpitaux regorgeaient de malades, que les cimetières bouleversés étaient trop étroits pour les morts, des maisons fermées, des rues désertes, annonçaient l'envahissement successif des quartiers de la ville, et malgré les précautions les plus éclairées, la riche et salubre abbaye de Saint-Aubin venait d'être elle-même attaquée. Quelques religieux, sortis pour donner leurs soins aux pestiférés du dehors, avaient rapporté le germe fatal dans leurs murs. On vit succomber les premiers dignitaires : Pierre de Moré, le prieur claustral ; Pierre Piéferré, l'armoirier ; puis ceux que leur office appelait au contact quotidien des malades, l'aumônier Guillaume Armigeri, l'infirmier Guillaume Beloceau, l'hostellier Pierre de Banne. Trois enfants élevés à l'école du monastère, furent moissonnés malgré leur jeunesse, et leur maître, frère Robert Guifin, ne tarda pas à les suivre. L'abbé voyait chaque jour disparaître quelques-uns de ses frères. Les nouvelles du dehors n'étaient pas plus rassurantes : partout on était atteint, partout on mourait. L'hiver avait cessé et le réveil du printemps n'avait donné qu'un signal de deuil. Les chaleurs

(1) Les religieuses de l'hôpital figurent au convoi de Nicolas Geslant, évêque d'Angers, en 1291. Elles y sont désignées sous le nom de Filles-Dieu, comme celles qui desservaient à la même époque l'Hôtel-Dieu de Paris. (Voyez Roger, Histoire d'Anjou.)

(2) D'après le témoignage de Bodin, la conduite de l'évêque Foulques de Mathefelon ne fut pas moins digne d'éloges. « Il n'épargna rien pour secourir ses malheureux diocésains. » Nous aimons à penser que les prêtres imitèrent leur évêque, et que le clergé séculier ne fut pas moins dévoué que les moines ; mais la plupart des paroisses étant administrées par des prieurs-curés, la plus grande part de dévouement revient aux religieux. Nous ne trouvons d'ailleurs, dans l'histoire de Foulques de Mathefelon, si féconde en actes administratifs, aucune trace de l'épidémie et du rôle que sa charité bien connue put y remplir.

de l'été n'avaient pas été moins funestes, et le 27 septembre, l'abbé lui-même, Pierre Bonneau (ou Bonelli), succombait encore à la contagion.

Le pauvre troupeau, réduit de plus de moitié, se remit aux mains de Jean de la Bernichère , qui fut élu abbé dès le 3 octobre.

Alors la violence de l'épidémie sembla diminuer ; le mal durait plus longtemps, on mourait moins vîte et quelques malades échappaient, puis les attaques furent plus rares, puis enfin, vers la Toussaint, après onze longs mois de durée, la peste s'éteignit, mais pour laisser après elle d'autres causes de désolation (1).

En nous disant que les prieurés d'Anjou avaient été frappés, le chroniqueur a presque tracé la topographie de la peste. L'abbaye de Saint-Aubin avait, en effet, des prieurés conventuels sur toutes les parties de la province : à l'est, Saumur, Saint-Maur-sur-Loire, Asnières, Bourgueil, Cunault ; à l'ouest, Saint-Florent-le-Vieil ; au sud, Chemillé, Montreuil-Bellay ; au nord, Craon, Châteaugontier, etc.

Le ravage fut donc général, et la situation variée de ces monastères, sur de hautes collines ou dans les vallées, sur le bord des fleuves, au milieu des forêts, nous indique clairement qu'ici comme ailleurs, comme toujours, aucune condition topographique n'eut le privilège de borner le fléau.

Mais si nous pouvons affirmer nettement la durée de l'épidémie, et présumer fortement sa répartition géographique, nous restons dans une grande incertitude en ce qui concerne les résultats numériques de la mortalité. Tout ce que nous savons, c'est que notre pays fut moins rudement frappé que les autres contrées en général. « Et in provincia Turonensis miciùs se habuit quàm alibi communiter. »

Nous ne perdîmes donc pas, comme les provinces mentionnées en opposition avec la nôtre, les neuf-dixièmes, les trois-quarts, le tiers, le quart même de notre population. De là sans doute le silence des histoires générales à notre sujet ; nous étions des provinces épargnées dans la dépopulation universelle. Que dire de nos quelques mille morts, quand Paris perdait quatre-vingt mille personnes et Avignon cent cinquante mille ? Devait-on même une mention à nos Bénédictins, morts en grand nombre, quand on perdait, dans le reste de l'Europe, douze mille Franciscains et trente mille frères mineurs ?

A la suite d'une aussi grande mortalité, les campagnes furent en partie dépeuplées, et les bras manquèrent au labour. Pour comble de malheur, les années 1349, 1350 et 1351, jusqu'au mois d'août,

(1) Voyez Roger, Histoire d'Anjou, page 123.

furent marquées dans ce pays par une si grande abondance de pluies, que les récoltes furent presque complètement perdues, et qu'il s'en suivit une grande famine. Le septier de froment valut, en effet, en 1351, deux marcs d'argent, et à Brissac (Bracum sacum), qui faisait déjà au XIVe siècle, mercuriale pour le pays, « le septier coûtait 18 livres de la monnaie alors en usage (1). Le vin fut aussi très cher, mais très bon, car la pipe (2) de vin valait 13 florins ou 12 deniers d'or à l'écu des derniers. »

Ainsi la peste avait cessé et la désolation régnait toujours. Ce qui avait résisté à la maladie succombait à la faim. Dans de si tristes circonstances, le clergé vint encore au secours du troupeau qui lui était confié, et l'évêque Foulques de Mathefelon n'épargna rien pour adoucir les tourments de ses malheureux diocésains.

Le mal du moins ne fut point aggravé dans l'Anjou par des fléaux étrangers ; ainsi l'on n'y vit point les lugubres processions des flagellants ni les dévastations causées par leurs sectaires devenus brigands (3). Nous n'oserions affirmer que notre sol fut vierge des massacres des Juifs accusés d'avoir empoisonné les puits et les fontaines, car trente ans auparavant le même soupçon avait fait couler sur nos places le sang des lépreux (4) ; mais le silence des historiens nous permet au moins de nous arrêter à la supposition la plus consolante.

Enfin, en 1352, reparurent le calme et l'abondance, et, pendant dix ans, la fécondité de la terre et celle de la race humaine semblèrent lutter de vigueur pour réparer la vie des nations. Mais quelle ne dut pas être la frayeur des populations, lorsqu'en 1362 la peste vint encore s'abattre sur la France. Avignon, théâtre de ses premiers ravages, fut encore décimé, et Chauliac nous a conservé l'histoire de ce retour inopiné du fléau ; niais quelques autres provinces

(1) Bodin évalue cette somme à 175 livres, valeur actuelle, mais nous ne savons sur quoi il se fonde, car voici tout ce que nous trouvons dans le texte : « Le florin de Florence valait alors 40 sous ; le florin et l'écu des premiers 50 sous, et des plus récents 43 sous. » Ce passage est d'ailleurs intéressant en nous montrant quelles étaient les monnaies en usage dans le commerce angevin.
(2) Mesure de capacité en usage jusqu'au commencement du XIXe siècle et qui équivaut à cinq hectolitres environ.
(3) On sait que Philippe de Valois, sur l'avis de la Faculté de théologie de Paris, défendit aux flagellants d'entrer en France et qu'ils ne dépassèrent pas la Flandre. C'est donc sans application à la localité que M. le docteur Leborgne a pu rappeler, dans ses Recherches sur les épidémies de Nantes, le spectacle de ces tristes processions.
(4) Voir le continuateur de Guillaume de Xangis sur les massacres des lépreux en Poitou, en Touraine et spécialement à Chinon, année 1321.

partagèrent avec le midi ce triste privilège. Ce furent la Bourgogne, le Poitou et l'Anjou. Un passage du continuateur de Guillaume de Nangis vient compléter la narration abandonnée par le moine de Saint-Aubin, en 1357. Malgré sa brièveté, il ne laisse aucun doute sur la nature du mal qui frappait nos provinces : c'était encore la peste inguinaire. « Cette année 1362, il y eut une très grande mortalité en Poitou, en Bourgogne et en Anjou, et beaucoup d'hommes mouroient du mal des tumeurs, comme on l'avait déjà vu en d'autres temps (1). »

La reprise du moins fut de courte durée, et la terrible épidémie disparut enfin sans retour.

Ici se termine l'histoire de la peste noire en Anjou ; mais le chroniqueur a consacré les dernières lignes de sa note au souvenir d'un autre désastre. « Ces choses sont écrites le 16 mai, qui fut un mardi avant l'Ascension de l'année 1357, la cinquième du pontificat d'Innocent VI et la septième du règne du roi Jean, alors prisonnier en Angleterre, et qui avait été pris près de Poitiers, le 19 septembre de l'année précédente, dans la guerre qu'il faisait contre Edward, prince de Galles et duc de Cornouailles, fils aîné du roi d'Angleterre. »

La guerre après la peste, les défaites après la mortalité, puis encore la peste, encore la guerre, et toujours les massacres ou les brigandages au-dedans. On chercherait en vain , dans cette triste période une année, un événement pour reposer son cœur. Un fait pourtant nous permettra de la quitter sur une moins douloureuse pensée. Au milieu des désastres, parmi toutes les ruines des peuples et des institutions, on trouve toujours debout ces pieux asiles ouverts par l'Église à la science et à la prière. Sous leur ombre protectrice, quelques hommes vivent encore de la saine vie de l'humanité. Calmes parmi les furieux, dévoués dans le danger, résignés devant la mort, ils ne sont préoccupés que du devoir, et dociles à la voix de Dieu, sans même pressentir ses desseins futurs, ils amassent pendant ces jours sans lendemain les plus précieux matériaux de la science et de l'histoire.

(1) Chronique de Guillaume de Nangis, ad annum 1362.
Note marginale de la petite chronique de Saint-Aubin. Manuscrit no  3149 (fonds Grille) de la Bibliothèque d'Angers.

Cette note est ajoutée par renvoi à l'année 1177 portant : Pinnaculum Sancti-Albini corruit.

Quod reedificatum corruit anno Domini mcccl in crastino sancte Lucie, hora vesperarum, pontificatus Clementis pape VI anno nono, Fulconis de Matefelonio episcopi Andegavensis anno vigesimo septimo, regni Johannis regis Francorum anno primo. Anno primo quo Johannes de Bernicheria primo monachus sancti Sergii Andegavensis, postea ad istud monasterium translatus fuit abbas sancti Albini habendo respectum ad benedictionem que fuit anno MCCCXLIX in crastino sancti Thomæ apostoli, in ecclesia sancli Albini de Pontibus Seii, et illa die intravit possessionem abbalie, sed incipiendo annum ab electione ipsius erat annus secundus, nam fuit electus anno MCCCXLIX tertia die octobris et seplima decima die dicti mensis providit sibi diclus papa Clemens VI de dicto monasterio, quia dictum monasterium suæ dispositioni reservaverat ante mortem Petri Bonelli, qui tunc erat abbas et fuit doctor decretorum solemnis et primo fuil monachus monasterii novi Pictavensis et post abbas de Baziaco (1) qui mortuus fuit anno Domini MCCXLIX septima et vigesima die septembris. Et tunc maxima vigebat mortalitas quam medici epidemiam vocant, et antea mortui fuerunt de illa mortalitate Petrus de Moreis prior claustralis ; Petrus Piéferré armarius, Guillelmus Armigeri, elemosinarius, Guillelmus Beloceau infirmarius, Petrus de Bannis hostellarius, tres pueri et frater Robertus Guifin magister eorum. Et extra monasterium in prioratoribus in maximo numero mortui fuerant et priores et socii. Et illa epidemia ivit per universum orbem, non tanien equaliter desevit ubique ; nam in aliquibus non remansit decima pars hominum, in aliquibus sexta, in aliquibus tertia pars mortua fuit, in aliis quarta. Et incepit dicta mortalitas in partibus Orientis et descendit ad occidentem et ibi minus regnavit, id est micius se habuit, et in provincia Turonensi micius se habuit quam alibi communiter.

Et erant tria genera illius epidemiæ ; nam quidam spuebant sanguinem,

(1) Vulgo Bassac santon. Dioces. Ces additions et quelques corrections que nous indiquerons plus loin sont faites par dom Thareu, armoirier de Saint-Aubin au XVIIe siècle, dans une copie annexée à l'original.

alii habebant maculas in corpore rubeas et subnigras ad instar plectinis marini (1) vel turluris piscis (2), et istorum nullus evadebat. Alii habebant apostema seu strumam in inguine vel sub acella et aliqui istorum evadebant.

Et dicta epidemia cessavit in Andegavia anno Domini MCCCLIX, circa festum omnium sanctorum et inceperat anno precedenti Andegavis circa festum beati Andree, et incepit penes fratres sancti Augustini. Et sciendum quod illi morbi erant valde contagiosi. Et quasi omnes infirmis servientes moriebantur et sacerdotes qui eorum confessionnes audiebant.

Item illo anno XLIX et L sequenti et LI usque ad Augustum fuit maxima pluviarum habundancia et secuta est fames maxima ; nam anno LI valuit sexlarius frumenti fere duas marchas argenti ; nam valuit apud Bracum Sacum 18 libras moneti tunc currentis, et valebat florenus Florenciæ quadraginta solidos, florenus ad scutum de primis quinquaginta solidos, de ultimis tria et quadraginta.

Et vinum etiam fuit carissimum sed optimum, nam pipa vini valebat tredecim florentinos vel duodecim denarios auri ad sculum de novis.

Et anno sequenti fuit maxima fertilitas per totum regnum Franciæ et bladi et vini et fuerunt optima et optime ; bladum fuit venditum in messibus sed post fuit ad maximum forum.

Et illo anno duo et quinquaginta die sancti Nicolaï yemali fuit mortuus Clemens papa sextus, et duo decima die sequenli fuit clectus dominus Stephanus Alberti Lemovicensis dyocesis primo cpiscopus Noviomensis, post Claromontensis , post cardinalis tituli sanctorum Johannis et Pauli, post episcopus Hostiensis et vocatus fuit Innocentius hujus nominis sextus qui hodie vivit.

(1) Seu potius pectinis, piscis. D. Thareu. Nous admettons volontiers cette correction, car on ne trouve nulle part plecten, tandis que pecten est le nom d'un mollusque bivalve très connu et dont la description correspond assez å la comparaison émise par l'auteur. Rondelet, liber I de Testaceis, dit, en effet : Pectinis marini testa non semper ejusdem sunt coloris ; quædam enim erubescunt , quædam albicant , aliæ nigricant.
(2) Vulgo truitæ. Dom Thareu. Cette correction s'explique par la description de la truite (trutta) : sunt quædum subnigræ maculis rubentibus notatæ. (Rondelet de piscibus fluviat, liber). On pourrait aussi remplacer turtur par turdo. Le turdo est nommé par Aristote et Athénée XXXXXXXXXXXX id est nigris maculis insignem. Toutefois on trouve que la Vanstangue ou Bastangue si commune sur nos côtes et nommée par Galien (de attenuante victis) XXXXXXX, est appelée, par son commentateur, Martinus Gregorius, et par Ambrosius, Turtur. Mais rien, dans sa description, ne rappelle les macules rouges ou noires de la truite ou du turdo. (Voir Rondelet De piscibus, liber XI.)

Scripta fuerunt hæc die decima sexta maii quæ fuit dies Martis ante Ascensionem domini MCCCLVII, pontificatus dicti Innocentii anno quinto, regni dicti Johannis regis septimo, qui tunc erat captivus in Anglia et fuerat captus prope Pictavis anno precedenti die decima nona septembris et fuit captus in bello, quod bellum optinuit Edwardus princeps Wallie, dux Cornubie, primo genitus regis Anglie.

Dr E. FARGE.




Dr E. Farge, La peste noire en Anjou de 1348 à 1362, dans Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire, publiée sous les auspices du Conseil général du département et du Conseil municipal d'Angers, Troisième année, Tome premier, Libr. de Cosnier et Lachèse (Angers), 1854, p. 82-96.

Émile-François Farge (Angers 1822-1895), médecin, auteur de plusieurs publications.


Sur le même sujet : La peste en Anjou aux XIVe, XVIe et XVIIe siècles.

Autres documents : La peste noire en Anjou en 1348, Livre des tournois (1451), Les regrets de Du Bellay (1558), Les six livres de la République (1576), Vocation cavalière de Saumur, Crocodile du Muséum, Dictionnaire de Viollet-le-Duc (1856), Proverbes par de Soland (1858), Société industrielle d'Angers (1858), Villégiature à Angers au XIXe siècle, Indicateur de Millet (1864), Mémoires de la Société académique (1865), Usages de Maine-et-Loire (1872), Dictionnaire de Port (1874-1878), Bulletin de la Société des sciences de Cholet (1883), Notice de Milon (1889), Glossaire de Verrier et Onillon (1908), L'Anjou historique (1909), L'Anjou et ses vignes de Maisonneuve (1925).


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