1602

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1602 en Anjou

Ça c'est passé en Anjou
Année 1602



1602 en Anjou

Duché d'Anjou : La misère et les troubles réapparaissent au XVIIe siècle. Les hivers rigoureux compromettent les récoltes, les inondations sont catastrophiques et les épidémies sont récurrentes[1],[2].

À Angers, l'hôpital Saint-Jean, dont la salle des malades date de 1189, s'occupe des malades et l'hospice dit des renfermés, créé en 1615 sous l'impulsion de Pierre Ayrault et qui sera plus tard renommé hôpital général de la Charité, s'occupe de l'assistance aux pauvres. Les filles de la Charité s'installent à Angers en février 1640 et œuvrent à l'hôpital qui manque de soignants[3].

Épidémies en Anjou : La peste bubonique réapparaît à plusieurs reprise avant d'être jugulée vers 1640. Elle tue plusieurs milliers de personnes dans la province en 1602-1604, 1625-1626, 1631-1632, 1636-1640, en même temps qu'une dysenterie favorisée par une importante sécheresse. Les habitants sont confinés pour éviter la propagation de la maladie. L'intervention des autorités est plus directe dans le domaine de la santé publique dans ce siècle qui précède la Révolution. Aux mesures préventives prises par les municipalités lorsque la peste menace s'ajoute une politique de distribution de remèdes et de secours[3],[4],[5].

1602 en France

Henri IV (1553-1610) est roi de France de 1589 à 1610.

Le Conseil du commerce est créé le 20 juillet 1602 pour favoriser les manufactures et le commerce.

L'Hôpital de la Charité de Paris ouvre le 13 septembre.

1602 dans le monde

Une épidémie de choléra s'abat sur la Russie de 1602 à 1603.

Épidémies de peste : La maladie apparue en Europe en 1347, revient régulièrement, comme en France à Lyon et en Rouergue en 1628, ou bien encore à Bordeaux en 1604-1605 et 1629-1631, en Italie à Milan en 1630, aux Pays-Bas à Nimègue en 1635, au Royaume-Uni à Londres en 1665. Elle perdurera jusqu'au début du XVIIIe siècle, touchant encore Marseille en 1720[6],[7],[8].

Parmi les zones les plus touchées, la ville de Londres. La peste se répand dans l'agglomération londonienne quatre fois plus vite qu'au XIVe siècle[9].

Partout le mal, extrêmement contagieux, répand la terreur. Les déplacements de troupes et les quartiers surpeuplés favorisent sa rapide dissémination. Sous sa forme bubonique, elle entraîne la mort dans 60 à 80 %, et sous sa forme pulmonaire, dans 100 % des cas. Le meilleur remède est de fuir, ce que fait une partie de la bourgeoisie qui abandonne les villes pour des résidences-refuges[10],[8].

« Quand le mal fut connu et que ceux qui avoient leur retraite assurée se furent réfugiez à la campagne, la populace, laquelle est toujours la première prise en ceste maladie, qui s'estoit meslée et communiquée les uns avec les autres, comme aussy ceux qui n'avoient pas un bien pour se loger aux champs feurent obligez de demeurer dans l'infection dans la ville ou aux environs dans des huttes ou logements mal propres. »

— E. Cabrol[11]

En ce XVIIe siècle, on procède à l'application systématique de mesures préventives d'isolement et de désinfection instaurées au XIVe (aération et fumigation des logements), de mesures de limitations de circulations (certificats de santé, patente portuaire, quarantaines) pour limiter la propagation des contagions, d'interdictions d'accès à des ressortissants d'autres régions. Les mesures sont gérées par le bureau de santé municipal qui est, en France, l'organisme sanitaire prédominant. On s'y oppose parfois, comme à Marseille où les intendants de la santé sont mis sous tutelle au prétexte de contrôler une politique financière jugée dispendieuse. L'État intervient aussi directement. En 1681, une ordonnance du 8 août interdit l'entrée dans les ports des vaisseaux d'Espagne, sauf à ce qu'ils fassent des quarantaines. En 1683, un règlement du roi ordonne d'observer les précautions pour que la peste ne s'introduise pas dans le pays. En Espagne, l'État organise dès 1647 l'isolement de provinces entières par des cordons sanitaires. On fait de même pour Paris en 1668 et 1720. Les mesures prises entrainent un recul régulier de la maladie à partir de 1640 et dans les années 1660-1670, qui marqueront la fin du mal à l'état endémique[12],[7],[13].




  1. Jacques Boussard, Histoire de l'Anjou, dans Visages de l'Anjou, coll. Provinciales, Éd. Horizons de France (Paris), 1951, p. 68-69
  2. Élizabeth Verry et Jean-Luc Marais (avec la participation de Patrick Le Nouëne), Histoire et art, dans Anjou Maine-et-Loire, Éd. Christine Botton (Paris), 2010, p. 45-49
  3. a et b Service départemental d'archives de maine-et-Loire (dir. Élizabeth Verry), XVIIe siècle, 2010-2017
  4. Jean Delumeau, Démographie et mentalités : la mort en Anjou (XVIIe-XVIIIe siècle), dans Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 27e année, no 6, 1972, p. 1389-1399
  5. Ouest-France (Maxime Huteau), Il y a 400 ans, les habitants d'Angers se confinaient face à la peste, 26 avril 2020 (sur des propos de Jacques Maillard)
  6. Encyclopédie Larousse (société Éditions Larousse), Peste, 2013-2020
  7. a et b Laurent Coste, Bordeaux et la peste dans la première moitié du XVIIe siècle, dans Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, tome 110, no 224, 1998, p. 457-480
  8. a et b Sylvie Mouysset, La peste de 1628 en Rouergue, dans Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, tome 105, no 203, 1993, Épidémies, pauvreté et assistance du Moyen Âge au XIXe siècle, p. 329-348
  9. Sciences et Avenir (Marine Benoit), Peste : les archives révèlent que l'épidémie s'est répandue bien plus vite au 17e siècle qu'au 14e siècle, 20 octobre 2020
  10. François Lebrun, Les crises démographiques en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, dans Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 35e année, no 2, 1980, p. 205-234
  11. E. Cabrol, Annales, année 1628, dans La peste de 1628 en Rouergue, op. cit., p. 333
  12. Henri H. Mollaret, Le cas de la peste, dans Annales de démographie historique, 1989, Le déclin de la mortalité, p. 101-110
  13. Françoise Hildesheimer, La monarchie administrative face à la peste, dans Revue d'histoire moderne et contemporaine, tome 32, no 2, avril-juin 1985, p. 302-310


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opus citatum (ouvrage cité)