« Rimiaux d'Anjou par M. Leclerc - Sacavins » : différence entre les versions
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Extrait de l'ouvrage ''Rimiaux d'Anjou'' de Marc Leclerc, Sixième édition, Au bibliophile angevin André Bruel (Angers), 1926 | Extrait de l'ouvrage ''Rimiaux d'Anjou'' de Marc Leclerc, Sixième édition, Au bibliophile angevin André Bruel (Angers), 1926. | ||
[[Marc Leclerc]] (1874-1946), écrivain angevin, créateur des ''[[rimiaux]]'', poèmes ou contes rimés en langue angevine. | [[Marc Leclerc]] (1874-1946), écrivain angevin, créateur des ''[[rimiaux]]'', poèmes ou contes rimés en langue angevine. | ||
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Note 2 : À propos d'{{citation|Angevins, sac à vins}}, voir aussi ''Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire'' de Pierre-Louis Augereau (éd. Cheminements, 2004), p. 216. | Note 2 : À propos d'{{citation|Angevins, sac à vins}}, voir aussi ''Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire'' de Pierre-Louis Augereau (éd. Cheminements, 2004), p. 216. | ||
Du même ouvrage : [[Rimiaux d'Anjou par M. Leclerc|Table (liste des rimiaux)]], [[Rimiaux d'Anjou par M. Leclerc - La pibole|La pibole]], [[Rimiaux d'Anjou par M. Leclerc - En foère|En foère]]. | |||
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Version du 12 février 2026 à 18:04
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« Ang’vin, sac-à-vin », coume y disent,
en s’ foutant de nous, les gâs d’ Paris...
Moé, j’ veux ben, pour leû fair’ plaisî ;
mais, enter nous, c’est un’ bêtise :
faut qu’îs n’y connaiss’ ren en tout
pour avoér ein’ pareille idée
de fout’ du vin en ein pochée :
Ça piss’rait, ça gâterait d’ partout !
Tandis qu’ein Ang’vin qui sait boére
— et là-d’ssus vous pouvez m’en croére —
î garde l’ vin coume ein barî :
j’ garantis qu’ vous pouvez l’empli
jusqu’au rasibus de la goule
avec le meilleur de vout’ fait,
y aura point d’ danger qu’î n’en coule...
sauf, ben entendu, s’î fallait,
afin d’goûter eine autre année,
fair’ la plac’ pour eine aut’ tournée...
et encore, î n’ gâtera que d’ l’eau,
respect ed’ vous... Vous m’ direz p’t-être :
« Oui-dà, j’ vous entends ben, mon maître ;
vout’ gars est plein couine ein tonneau,
meim’ qu’î n’en est saoûl à rouler ! »
— Voilà-t-y pas d’ quoé s’étonner !
Eun, buss’, si a n’est point calée
ben coume y faut sus n’ein chantier,
a s’en ira à la d’ vallée...
ein houm’, c’est tout pareil, vantié :
Ein gâs d’ cheuz nous, qu’est ben à l’aise,
leû ben calé au fond d’ sa chaise,
d’vant ein’ bonn’ table, et l’ verre en main,
î peut y rester jusqu’à d’main,
si l’ vin est bon et la cav’ fraîche !
Vos Parisiens — j’y ons été voér —
boév’ debout au long d’un comptoér,
tout coum’ du bestiau d’vant eun’ chrèche
Is boév’ debout !... Pour un chrétien,
voyons, c’est-y ein’ façon d’ boére ?
J’ vous dis qu’îs n’y connaissant rin !
Avec nous, c’est eune autre histoère :
y a queuq’ temps d’ ça, ein grous Monsieur,
qu’est, coume on dit, d’ la Cadémie,
disait, en ein’ cérimonie,
Coum’ queuqu’ chos’ de vrai merveilleux,
qu’ dans son année ein bon Angevin
doét boér’ ses cinq bussarts ed’ vin
sans seur’ment qu’ les yeux n’y bercillent...
Cinq bussarts !... Que c’est-y par jour ?...
Troès litr’ ben just’, et ren autour !
Cheuz nous, on donn’ ça aux p’tit’ filles
quant an’ n’ont fait les commugnions ;
n’en faut ben l’ doubl’ pour ein’ marraine ;
mais pour ein homm’, eh ben, j’ pouvions
ben mettre ein quartaut par semaine :
ça s’ra ren qu’ juste... et côr faut-î
qu’î n’aill’ point trop jouer à la boule
— c’est ein jeu, quand on est parti,
qui vous assèche l’ fond d’ la goule —
pas’ qu’alors î faut ajouter,
pour chaqu’ partie, deuss’ trois fillettes ;
et puis î faut encôr compter
les assemblées, les noc’, les fêtes,
et les foér aussi, pour ben faire.
Et p’t-êtr’ ben qu’ vous saurez, alors,
c’ qu’ein bon Ang’vin peut s’ mette en l’ corps
Seul’ment, faut qu’ j’ vous dise ein’ affaire :
nout’ vin, ça s’rait ein vrai péché
d’ l’ laisser boére à des sauvages :
j’sons ben forcé, pour empêcher
qu’y n’y arrive ein pareil dommage
d’ tout avaler... Les gens d’ailleurs
îs n’ sauraient point y faire honneur :
îs n’ont point la goule assez fine...
leû faut des inventions d’ Bercy !
— moé, rin que d’ sentî c’te cuisine,
j’ s’rais déjà à moétié querci !
Le bon Dieu a ben fait les choses :
en c’ monde, î n’a tout mis par deux :
les parpillons, c’est pour les roses ;
les poués, pour la têt’ des teigneux ;
s’î n’a fait l’Ang’vin pour les vignes,
apparemment qu’î n’a ben fait ;
mais î faut, pour en rester dignes,
que nous n’ perdions rin d’son bienfait !
Extrait de l'ouvrage Rimiaux d'Anjou de Marc Leclerc, Sixième édition, Au bibliophile angevin André Bruel (Angers), 1926.
Marc Leclerc (1874-1946), écrivain angevin, créateur des rimiaux, poèmes ou contes rimés en langue angevine.
Note 1 : Georges de Grandmaison (1865-1943), homme politique de Maine-et-Loire, député (1893-1933), conseiller général (1933-1941) et sénateur (1933-1941). Membre de la confrérie des Chevaliers du Sacavin.
Note 2 : À propos d'« Angevins, sac à vins », voir aussi Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire de Pierre-Louis Augereau (éd. Cheminements, 2004), p. 216.
Du même ouvrage : Table (liste des rimiaux), La pibole, En foère.
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