Gouet
En Anjou
- Gouet, gouet
Mot
Nom commun.
En Anjou, Gouet pour
- Dieu (nom de Gouet !), juron ;
- Gouet tacheté ou Arum tacheté (Arum maculatum), plante à fleur ;
- gouet ou gouette, serpette, couteau à lame forte et recourbée.
Exemple : « Mais î n’y répond : Nom de Gouet ! tu veux fout’ l’argent par la f’nêtre. » (M. Leclerc, Rimiaux d'Anjou)
Glossaire V. et O.
Dans le glossaire de Verrier et Onillon : « Gouet 1 (partout), s. m. — Dieu. V. Goué. Nom de Gouet ! — Cf. l'all. Gott, l'angl. God, le bret. Doué.
Gouet 2 s. m. — Arum maculatum.
Gouet 3, ou Gouette (Sp., Bl., My., Sal.), s.
m., f. — Couteau à lame forte et recourbée,
servant dans les étables à fendre les betteraves,
navets, tiges de choux, etc., destinés
à la nourriture des bestiaux. \\ Petite serpette
pour tailler les arbres au lieu de sécateur.
Et. — Dimin. du vx fr. Goi. (V. Gouge.) B. L.
Guvia, Gubia, etc. (Litt.) — Goe, goil, goiz, goy.
« Icellui Jehan. . . a roingé de toutes icelles tasses
de chascune un pou d'argent à un hostil (outil)
appelé gouet. » (1382. — L. C.) — Cf. Egohine,
m. rac. (Jaub.) — Elle devait avoir une partie
convexe au dos : « Le suppliant feri ung coup d'un
Goy, autrement appelé vougesse, dequoy l'on
arrache les buissons, de la louppe, qui est devers le
dos d'icellui Goy, sur le front dudit Jehan. » (D. C.)
— Méchant petit couteau camus qui ne ferme point
et que, pour cette raison, on pend à la ceinture des
enfants, qui, dans la saison, se servent de ces
gouets à cerner les noix. » (Rab.) — V° Gouisô.
« Nom apparemment venu de Nogent-le-Rotrou,
capitale du Perche-Gouet, où l'on travaille beaucoup
en coutellerie. » (B. de la Monnaye.)
Hist. — « Savez-vous de quels ferremens ? A
beaux gouets, qui sont petits demi couteaus dont
les petits enfants de notre payis cernent les nois. »
(Rab., I, 27.) Qqs éditions ont Gouvets ; Gouet est
plus correct. »
Notes
- Pour serpette, confirmé par le témoignage oral d'une personne de Bouchemaine.
- Voir aussi bernique, rantelaine, coutiâ, etc.
- Charles Ménière, Glossaire angevin étymologique comparé avec différents dialectes, dans Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire, t. XXXVI, Lachèse et Dolbeau (Angers), 1881, p. 383
- Anatole-Joseph Verrier et René Onillon, Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou, t. 1, Germain & Grassin (Angers), 1908, p. 440
- Marc Leclerc, Rimiaux d'Anjou - Sixième édition, Au bibliophile angevin André Bruel (Angers), 1926, p. 58 et p. 85 (def. rimiaux)