BDF49 La boule de fort

De Wiki-Anjou
BDF49 La boule de fort
Document   L'activité (boule de fort Saint Aubin)
Partie   La boule de fort
Auteur   BDF49
Année d'édition   2016
Note(s)  

La boule de fort, le jeu

La boule de fort ? C'est un jeu local qui ressemble un peu aux autres jeux de boules, et notamment à la pétanque ... sauf que là, la boule n'est pas tout à fait ronde et le terrain pas tout à fait plat.


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Le jeu de boule-de-fort

La boule de fort est le jeu traditionnel de boule dans l'ouest de la France. Il se pratique généralement dans des clubs de boule-de-fort appelés sociétés . . .

Présentation

La BOULE-DE-FORT ? C'est un jeu local qui ressemble un peu aux autres jeux de boules... sauf que là, la boule n'est pas sphérique et le terrain pas du tout plat.

Autant la pétanque est exubérante, avec ses joueurs sur les petites places du midi, autant la boule de fort est calme, image de l'Anjou, la Touraine et de la Sarthe.

Les joueurs lancent à tour de rôle leur boule et tentent d'approcher au plus près le « maître » (cochonnet). Sur cette piste en forme de gouttière, la boule va rarement droit, oscillant entre son côté fort et son côté faible.

Contrairement à la pétanque, le lancer de la boule de fort se fait la paume vers l'avant. Les meilleurs joueurs se servent de ces trajectoires courbes, avec plusieurs changements de direction pour éviter les boules déjà jouées.

Les joueurs doivent faire preuve d'adresse, de souplesse et de concentration, avec un sens aigu des trajectoires. Ce jeu peut rester un loisir ou se vivre comme un sport, avec de nombreuses compétitions. Ouvert aux familles, il n'y a pas de limite d'âge à la pratique de la boule-de-fort.

Les particularités de ce sport de boules sont principalement :

  • Une boule asymétrique, aplatie sur les côtés avec l'un plus lourd que l'autre, la boule étant lestée de plomb sur son côté « fort », d'où le nom du jeu.
  • Un terrain incurvé particulièrement grand (une vingtaine de mètres de longueur), autrefois en terre battue et aujourd'hui avec un revêtement en plastique.
  • Des boules pouvant mettre plus d'une minute pour atteindre leur destination, d'où des parties très longues pouvant aller jusqu'à trois heures,
  • pour un objectif de points de 10 ou 12 (comptés comme à la pétanque).

La piste

Ce sport se pratique sur une aire spécialement aménagée que l'on appelle « le jeu ». Cette piste est en forme de gouttière et mesure de 18 à 24 mètres de long pour une largeur de 5 à 6 mètres (dimensions normées par la Fédération de boule de fort). Elle se termine aux deux extrémités par des madriers pour arrêter les boules.

Autrefois les jeux étaient en plein air et étaient composés d'une surface en terre battue. A partir de la fin des années 1960, les jeux seront couverts et quasiment tous en plastique (résine synthétique), rendant leur entretien plus simple pour conserver une surface lisse et polie. Cependant plus fragile, le port des chaussons y est obligatoire.

piste

La boule

Si autrefois les boules de fort étaient faites en bois de cormier ou de buis, elles sont aujourd'hui généralement faites en matière plastique.

La boule est large de 13 centimètres de diamètre pour une épaisseur de 10 centimètres. Elle est cerclée de fer sur le tiers de sa largeur. Sa forme particulière a pour nom « méplate », c'est à dire qu'elle possède un côté faible légèrement évidé et un coté fort - d'où le nom du jeu - chargé d'une petite masse de plomb. La boule est donc constamment en déséquilibre et tombe toujours sur son fort. Son poids peut varier de 1,2 à 1,5 kg.

La boule étant inusable, elle peut servir à plusieurs générations.

boule

La partie

Les règles et les points sont les mêmes qu'à la pétanque. Le but du jeu est de s'approcher le plus près du « maître » ou « petit » (cochonnet) qui est ici une petite boule ronde.

À la boule-de-fort il existe deux sortes de joueurs :

  • Les rouleurs qui approchent leur boule du maître en finesse (une boule mets en moyenne 45 secondes pour atteindre le maître),
  • Les tireurs sont chargés de dégager les boules gênantes en expédiant leur coup à toute vitesse. Les équipes sont donc généralement constitué de 2 joueurs : un rouleur et un tireur.

Deux équipes s'affrontent sur une partie de 10 ou 12 points. C'est pourquoi une partie dure de 1h30 à 3 heures.

Lorsqu'il y a un doute sur la boule la plus proche du maître, on utilise une « bauge », tiges de métal de différentes tailles permettant de mesurer la distance entre le maître et les boules.

bauges

Il est d'usage de « biser le cul de Fanny ». C'est ainsi que le maladroit qui de toute la partie n'aura pas fait un seul point, sera condamné à baiser l'image de la partie charnue de la Fanny. Cette icône représente une femme bien en chair et bien entourée.

La tradition orale utilise également l'expression « aller à Brion » (commune du canton de Beaufort-en-Vallée). En effet, il existait une concierge à Brion qui n'était pas farouche. Aussi, dans ce village, il n'y avait pas besoin d'icône.

Sport pratiqué dans l'Ouest

La boule de fort est un sport pratiqué dans l'Ouest. C'est un jeu très répandu en Anjou (Maine-et-Loire, Ouest de la France) et même au delà . . .

Si les marseillais ont la pétanque, en Anjou il existe un autre jeu de boule : la boule de fort.

Ce sport est la pétanque des Pays de Loire. Chargé de traditions, la boule-de-fort est un jeu typique de l'Anjou. On retrouve des sociétés en Loire-Atlantique, en Maine-et-Loire, en Mayenne, dans la Sarthe, en Touraine et dans le Cher. Des sociétés très actives se retrouvent jusqu'à Saint-Nazaire, où l'on accueillait les ligériens venus travailler pour la plupart aux chantiers navals.

En bord de Loire, les sociétés de boule de fort coexistent parfois avec celles de boule de sable.

C'est dans le Maine-et-Loire que l'on trouve le plus de sociétés. Le Maine-et-Loire à un faible pour la boule de fort, et on la retrouve dans tous les pays de ce département : le Segréen (Segré), les Mauges (Cholet), et surtout dans le Saumurois (Saumur) et le Baugeois (Baugé). En parcourant les campagnes il n'est pas rare de croiser de longs bâtiments couverts d'ardoise et aux larges baies vitrées.

Ce jeu ressemble un peu aux autres jeux de boules, sauf que cette boule pas tout à fait ronde se lance sur un terrain pas tout à fait plat. Contrairement à la pétanque le lancer se fait la paume vers l'avant. Les meilleurs joueurs se servent de ces trajectoires courbes, avec plusieurs changements de direction pour éviter les boules déjà présentes sur le jeu.

Ce sport se pratique généralement dans des clubs de boule de fort appelés « sociétés ». Leurs membres sont des « sociétaires ».

Activité ludique ancrée dans la tradition de la région, la boule de fort est un jeu typiquement local qui rassemble plus de 60 000 joueurs dans 392 sociétés (ou cercles, ou clubs), dont 315 en Maine-et-Loire (soit près d'une société par commune) ; Activité qui fait partie intégrante du patrimoine angevin.

Ce sport comporte une fédération. La Fédération des sociétés et joueurs de boule de fort de la région de l'Ouest a pour but d'encourager, de développer et de réglementer le jeu de boule de fort, de conseiller les sociétés, de les réunir, d'entretenir entre elle des relations amicales et d'organiser des concours fédéraux. Son siège social se situe à la mairie de Mazé (49630).

Sa vocation depuis un siècle est de rassembler l'ensemble des sociétés, notamment pour normer cette activité. Aujourd'hui, après plus d'un siècle de compétitions, tous les joueurs jouent à la boule de fort en respectant les mêmes règles.

La fédération est adhérente de l'Association européenne des Jeux et sports traditionnels.

En Touraine il existe également une fédération, la « Fédération départementale des joueurs de Boules de fort d'Indre-et-Loire ».

Histoire de la boule de fort

L'origine de la boule de fort reste floue, même si elle semble tout de même liée à la Loire . . .

Depuis longtemps des jeux de boules se pratiquent dans la région. Le jeu de boule de fort est très présent en Anjou, et est devenu un sport à la fin du XIXe siècle. La boule de fort, avec ses boules pas tout à fait rondes et sa piste pas tout à fait plate, est un jeu typiquement angevin.

On attribue des origines diverses à ce jeu.

Il aurait été introduit par les Plantagenêt, comtes d'Anjou et rois d'Angleterre aux XIIe et XIIIe siècles.

Sa création remonterait à la construction des levées de Loire au XVe siècle, où les forçats utilisaient des boulets comme jeu dans les fossés.

Des mariniers auraient inventé le jeu en jouant à la boule dans le fond de leur bateau. C'est la version la plus répandue de l'origine de ce sport. Cependant, elle est très controversée : les bateaux de la Loire sont beaucoup plus courts que les pistes de jeu et le fond est traversé par de nombreuses membrures, sans parler du mât qui se trouve en plein milieu du bateau.

On évoque aussi des meuniers qui, utilisant les billes de bois des moulins plus usées d'un côté que de l'autre, seraient à l'origine de ce jeu.

Au début du XIXe siècle, sous Napoléon, des prisonniers espagnols qui renforçaient la levée de la Loire auraient eu l'idée de jouer avec des roulements usés dans les creux faits pour extraire la terre ramené au près de la Loire. Ces roulements usés étaient des grosses billes de bois qui composaient les roulements des moulins à vent. L'usure inégale de ces roulements expliquerait le côté fort et le côté faible des boules de fort. On retrouve encore d'autres traces en Anjou d'un jeu de boule. Par exemple en 1660 (Angers), où il est mentionné qu'un jeu de paume est entouré de deux jardins « dans l'un desquels jardins est un jeu de bille, ou boule, couvert d'ardoise, et un petit logement basty sous comble ». Un autre écrit, de 1691, indique que « Le fort de la boule est l'endroit où est le bois est le plus serré et, par conséquent, le plus lourd ».

Avant même l'apparition de la boule de fort, les sociétés étaient très répandues en Anjou au XVIIIe siècle. Ces lieux étaient des endroits où l'on débattaient sur les évènements locaux et nationaux.

La véritable boule de fort, telle qu'elle est connue aujourd'hui, a bien pour origine l'Anjou : À Mazé en 1865, un certain Pineau, forgeron de son état, tourna la première boule ferrée. Il s'inspira de la boule en gaïac (bois de la cordillière des Andes) qui présentait un côté fort et un côté faible. Le jeu de boule de fort s'est particulièrement développé en Anjou au XIXe siècle, telle la société la Concorde qui voit le jour en 1888, et reste une tradition extrêmement vivante. Depuis la fin du XIXe siècle, la boule de fort a été présentée comme le sport national des Angevins. René Bazin, Marc Leclerc et Émile Joulain ont vanté ce jeu.

En 1907 se constitue la première fédération des joueurs de boule de fort de l'ouest. À cette époque la presse locale (Le Petit Courrier) indique de nombreux concours de boule de fort et de palets.

Autrefois c'était un jeu essentiellement pratiqué par des hommes. La femme n'étant présente que par des représentations, le plus souvent, suggestives. Depuis les années 1970 les sociétés de jeu de boule de fort ont ouvert leurs portes aux femmes. Aujourd'hui on compte de grandes championnes parmi elles, comme à Saint-Aubin-de-Luigné.

Véritable institution régionale, la boule de fort est aujourd'hui présente dans de très nombreux villages de l'Anjou.

Les mots utilisés

La boule de fort est le jeu traditionnel de boule pratiqué dans l'ouest de la France. Des mots spécifiques y sont utilisés . . .

La boule de fort est un jeu local qui ressemble un peu aux autres jeux de boules, sauf que la boule n'est pas sphérique et le terrain pas plat.

Des termes spécifiques sont utilisés dans ce jeu...

Les mots

  • Bauge : tiges de métal permettant de mesurer la distance entre le maître et les boules.
  • Bauger : mesurer la distance entre le maître et deux ou plusieurs boules.
  • Faible : côté de la boule opposé à celui du fort.
  • Fort : côté lesté de la boule, qui a donné son nom au jeu.
  • Jeu : terrain où l'on pratique la boule de fort.
  • Maître : petite boule qu'on place en premier pour servir de but, équivalent du cochonnet.
  • Méplate : féminin de méplat, adjectif qui indique ce qui a plus de largeur que d'épaisseur.
  • Petit : autre nom donné au maître, cochonnet du jeu.
  • Planche : aller à la planche se dit d'une boule qui va jusqu'à l'extrémité du jeu.
  • Rouleur : joueur qui place sa boule parmi le jeu.
  • Sociétaire : membre d'un société.
  • Société : ou cercle, sont les clubs où l'on pratique la boule de fort.
  • Tireur : joueur qui tire pour faire de la place au rouleur.

Boule de fort : la première fois

La première fois que mon Papy m'a fait jouer à la boule de fort, ce fut une vraie découverte . . . Tout comme lors de la première compétition.

Mon Papy fait de la boule de fort à Saint-Aubin, sur les bords du Layon ... et c'est trop cool ! La boule de fort ? C'est un jeu local qui ressemble un peu aux autres jeux de boules. Si le ballon de rugby est ovale, la boule de fort n'est pas ronde et le terrain pas du tout plat.

Ma première partie

La première fois que mon papy m'a fait jouer à la boule de fort, ce fut une vraie découverte pour moi. Super ce sport !

Tout d'abord il m'a dit qu'il fallait mettre des chaussons ; c'est pas très esthétique, mais les chaussures abiment le terrain. Puis il faut prendre en main une boule. On peut être alors surpris, car les boules sont plus lourdes qu'elles en ont l'air !

Ensuite, il m'a dit : « Tu te places au milieu du terrain. Tu te penches et tu lances la boule ni trop fort, ni pas assez. Le mieux, c'est de faire comme si tu voulais la poser, en lui donnant une légère poussée. Tu tires droit, mais surtout, prend ton temps. » ... et effectivement, la boule roule presque toute seule.

Ensuite, en fonction de l'endroit où l'on veut positionner la boule, on tire plus ou moins fort en jouant avec la pente.

Les premières fois peuvent être difficiles, car la force que l'on met dans la boule n'est pas toujours très bonne. De plus, il faut adapter sa force à chaque terrain qui n'est pas le même (plus il est vieux, plus la boule est ralentie).

Ma première compétition

La première compétition que j'ai fait, c'était impressionnant. Je ne connaissais personne, et ça faisait longtemps que je n'avais pas joué à la boule. Papy, qui m'avait entraîné l'avant veille, était confiant ... Rassurant !

Le terrain sur lequel on a joué était vieux, abimé, et donc la boule était plus amortie que je n'en avais l'habitude.

Nous avons joué contre des enfants du même âge, mais qui jouaient en club (ils étaient plus expérimentés). Grosse pression ! Alors on a joué très sérieusement. Malheureusement on a assez vite perdu ; et ceci malgré les nombreux encouragements.

Ce fut tout de même une très belle journée.

Patrimoine angevin

Éléments du patrimoire angevin, racines angevines : La boule-de-fort fait partie du patrimoine angevin, tout comme les ardoisières, l'horticulture, la Loire ... dont certains éléments sont des composantes de son identité.

Culturellement, l'Anjou est associé à son vignoble, à la Loire, à l'ardoise et au tuffeau, à son horticulture ainsi qu'à sa grande concentration de troglodytes.

Boule de fort

Institution en pays ligérien, la boule de fort est un sport régional très répandu en Anjou. Les précurseurs de ce jeu auraient été des prisonniers espagnols, employés à la construction des levées de Loire (1715-1719).

La Loire

Tout comme pour la boule de sable, il est indéniable que ce cours d'eau a eu une forte influence sur la boule de fort. Ce fleuve, le plus important de France, a marqué l'histoire de ce pays ligérien : navigation, agriculture, crues ...

Les pays de l'Anjou

Historiquement on découpe l'Anjou en cinq régions que sont le Segréen (partie nord-ouest du département), le Baugeois (partie nord-est), le Saumurois (partie sud-est), les Mauges (partie sud-ouest) et Angers qui occupe une place centrale [+] .

Horticulture

Le val d'Anjou est enrichi des alluvions déposés par les crues de la Loire. Ces terres sont favorables à l'agriculture. Outre des horticulteurs et des maraîchers, on trouve également dans la région des grainiers et des pépiniéristes.

Coteaux du layon

En Anjou, les régions situées au sud de la Loire ont un relief plus accidenté qu'au nord. On y rencontre notamment des coteaux propice à la viticulture. Juxtaposant deux domaines de socle ayant subi une histoire géodynamique différente, cette faille s'étire sur 120 km entre le Maine-et-Loire et la Loire-Atlantique.

Ardoise et tuffeau

Du sous-sol angevin on extrait deux matériaux qui composent l'habitat de la région. C'est une des composantes de l'identité angevine. Les ardoisières de Trélazé ont une très forte réputation ; bon nombre de bâtiments historiques français en sont couverts.

Châteaux

Les traces de l'histoire de France sont visibles dans la région. Dans la continuité de la Touraine, on y découvre par exemple de nombreux châteaux. La dynastie des Plantagenêt est aussi une des composantes de cette histoire. On découvre également dans la région une forte présence de troglodytes, autre élément du patrimoine angevin.

Sites touristiques

Les sites touristiques du département les plus visités sont le zoo de Doué, le château d'Angers, l'abbaye royale de Fontevraud, le parc oriental de Maulévrier, le musée des Beaux-arts d'Angers, le village de Louresse-Rochemenier, le château de Brézé, le château de Saumur, le Musée des blindés de Saumur et le château de Brissac.

Boule de fort : bibliographie

Quelques ouvrages sur la boule-de-fort qui peuvent permettre d'en savoir plus . . .
  • Marc Leclerc, Notre boule Angevine, Éditions de l'Ouest, 1933
  • Émile Joulain, La boule de fort, Paquereau Technographis, 1976
  • Denis Libeau et Émile Joulain, La boule de fort, Éditions Herault, 1986
  • Jean-Luc Marais, Les sociétés d'hommes, Ivan Davy éditeur, 1986
  • Joël Guibert, Joueurs de boules en pays nantais, L'Harmattan, 1994
  • André-Hubert Hérault et Denis Libeau, Voyage au pays de la boule de fort, Éditions Hérault, 1999
  • Max Ménard, Histoire de la boule de fort : histoire de la société "les Artisans" 1829-1998, M. Ménard (Impr. Copie Boutique), 1999
  • Jacques Sigot, La boule de fort, Éditions CMD, 2000
  • Didier Serain, Papy raconte-moi la boule de fort, Imprimerie Paquereau, 2004
  • Gérard Linden, La boule de fort par noms et par mots, Éditions Cheminements, 2007



Jacques Sigot, Les dossiers de la mémoire, La boule de fort, Éditions C.M.D., 2000

Jacques Sigot retrace l'historique de la boule de fort à travers des explications détaillées, de nombreuses références, photos d'époque ! Il a divisé son ouvrage en plusieurs parties : la boule, le jeu, les joueurs, les parties, légendes et histoires, les sociétés...

La boule de fort est un jeu très local. Il se joue le long de la Loire, de Saint-Nazaire à Tours et de Montreuil-Bellay à Chateau-Gontier. La boule de fort à des mesures précises : elle à un diamètre entre 12.5 et 136 cm, pour 10 de largeur. Son poids est compris entre 1200 et 1500 g (selon la matière, bois ou plastique).

Il faut environ une douzaine d'heures de travail pour fabriquer une paire, et si l'une des deux boules présente un défaut (comme dans le bois), il faut tout recommencer car l'équilibre de la paire est essentiel.

Le terrain appelé "jeu" a pendant longtemps été construit en terre. Il a une forme de gouttière et mesure de 25 à 30m de long pour 7 à 8m de large. Aujourd'hui, les jeux sont quasiment tous en plastique, ainsi ils durent plus longtemps et leur entretien est plus facile. Les clubs de boules sont appelés "sociétés". Chaque joueur doit placer ses deux boules au plus près du maitre (petite boule sphérique placé à l'opposé des joueurs).


Didier Serain, Papy raconte moi la boule de fort, Éditions Anjou terroir, 2004

Didier Serain parle de la boule de fort comme s'il discutait avec son petit-fils, empli de questions autour de ce jeu. Les questions sont simples, mais permettent de passer d'un sujet à un autre sans trop de difficulté de compréhension.

Didier Serain « raconte » la boule de fort en se concentrant autour de la vie dans les « sociétés » de boules. Il remonte cependant aux origines, bien mystérieuses, de ce jeu, remontant à l'époque des Plantagenêt. Plusieurs hypothèses sont possibles, mais aucune n'est vérifiée. Il explique aussi que les boules les plus anciennes qu'on ait retrouvées : mesurant 25 à 30 cm de diamètre et pesant entre 6 et 7 kilos !

Après un petit historique, il parle des anciennes et nouvelles méthodes de fabrication des boules (aussi bien de celles en bois que de celles en plastique). Il évoque également la Fanny (femme dont on doit embrasser le postérieur si l'on perd) dont on trouve un portrait dans beaucoup de sociétés, de l'outil pour polir la boule... Un ouvrage très complet !

Boule de sable

Dans la région on pratique aussi la boule de sable... Bien que sphérique la boule est très spécifique. Ce jeu est très populaire en bord de Loire.

La boule de fort, jeu typique de l'ouest de la France, n'est pas le seul qui se soit développé sur les bords de la Loire. Un autre jeu de boules s'y pratique, la boule de sable, que l'on trouve surtout en bord de Loire, à l'ouest d'Angers, et principalement en rive gauche.

Comme son nom l'indique, la boule de sable se pratique sur une aire de sable de 13,5 m de long sur 2,5 m de large, divisée en 2 jeux de 4,5 m de longueur. Bien que sphérique, la boule est très spécifique.

Comme dans le jeu de boule de fort ou de la pétanque, le but est d'approcher le plus près possible du maître (cochonnet). Les équipes sont de 2 ou 3 joueurs, et les parties se disputent en 11 ou 15 points.

Les règles sont régies par une ligue appelée Oscar.

On trouve des clubs pratiquants la boule-de-sable, par exemple, à Chaudefonds-sur-Layon, Saint-Georges-sur-Loire, Saint-Florent-le-Vieil, Sainte-Christine-en-Mauges, et jusqu'à Nantes.

Jeu du palet

Dans le coin, on pratique aussi le jeu du palet ... pour y jouer, il suffit d'avoir une planche de bois . . .

Le Jeu de palets est une jeu traditionnel d'origine du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). Il consiste à lancer à 5 mètres, sur une planche de peuplier, des palets au plus près possible d'un petit palet (appelé « maître »).

Les équipes peuvent être constituées d'un, deux, trois ou quatre joueurs.

Le jeu de palets se joue ainsi :

La ligne de but est à 5 mètres du bas de la planche. Le maître (pièce ronde plus petite qu'un palet, qui s'apparente à un cochonnet) est positionné au milieu de la planche (standard de fabrication : 0,70 x 0,70 pour une épaisseur : 0,03). Ensuite chaque joueur envoi son palet (pièce plate, de forme ronde, d'un diamètre 55 mm et de 7 à 8 mm d'épaisseur, d'un poids maximum de 155 g) pour le placer au plus près de maître.

Le décompte des points s'effectue en estimant le nombre de palet plus proche du maître par rapport au palet le mieux placé de l'adversaire. L'utilisation d'un compas est souvent indispensable. La partie se joue en 12 points, les finales en 15 points.

Le jeu du palet se pratiquait en Anjou au début du XXe siècle. Pour preuve la presse locale de cette époque (Le Petit Courrier) où l'on trouve la trace de nombreux concours de boule de fort et de palets.

Boule bretonne

En Bretagne on pratique la boule bretonne ; sport qui s'apparente plus à la boule lyonnaise qu'à la pétanque . . .

La boule bretonne est un loisir qui semble populaire en Bretagne. Ce sport s'apparente plus à la boule lyonnaise (1) qu'à la pétanque. La principale caractéristique de cette activité est la grande variété dans sa pratique.

Ce jeu consiste à placer ses boules le plus prés possible du maître (cochonnet ou petit) sur un terrain de 16 à 18 mètres de long (jusqu'à 20 mètres dans le Morbihan) sur 3 à 4 mètres de large bordé de planches ou de parpaings. On utilise des boules en résine synthétique (diamètre entre 92 et 110 mm), et un maître.

Le terrain : Autrefois le terrain pouvait être un pré, un chemin ou une cour. Puis au cours du XXe siècle des allées en terre battue de 2 à 3 mètres de large et de 15 à 20 mètres de long entourées d'une bordure en bois se sont répandues dans tous les cafés. De nouvelles règles ont réduit la longueur des jeux (boulodromes) à 18 mètres, et la limite aux deux tiers des jeux.

On peut utiliser le rebond sur la bordure latérale mais pas sur celle de fond (les boules ont le droit de revenir jusqu'à 1 mètre du fond).

Sport d'équipe : La boule bretonne se joue généralement en équipes. Les joueurs sont appelés des "boulistes".

Le tir : La pratique du sous-main a été interdite afin d'harmoniser la pratique de la boule bretonne. On tire désormais à main ouverte (à poc).

(1) La boule lyonnaise est un sport d'équipe qui consiste à placer le maximum de boules le plus près possible d'une petite sphère de bois servant de but (appelé cochonnet à la pétanque). Sport surtout pratiquée dans les régions de Lyon, Dauphiné, Savoie, Auvergne, Pyrénées, et Île-de-France.

La bourle, jeu de boule du Nord

Dans le nord de la France on trouve un jeu de boules qui ressemble à la boule de fort, la bourle . . .

La bourle est un jeu traditionnel du nord de la France, très pratiqué jusqu'au début du XXe siècle, notamment dans la région de Lille. L'origine de ce jeu est ancienne, un extrait des bans échevinaux de Lille attestant de son existence dès le Moyen-Âge.

Le terrain : Le jeu de bourles se joue sur un terrain spécialement aménagé que l'on appelle la bourloire. C'est une piste de 20 à 28 mètres de long (en général, 25 mètres) sur 3 à 3,5 mètres de large (en général, 3 mètres), dont les bords sont relevés, formant ainsi une gouttière. A son extrémité est planté un piquet (ou étaque) à la limite d'une fosse.

La boule : Chaque joueur (ou bourleux) dispose d'une boule (ou bourle), disque en bois qui a la forme d'un plateau épais et dont les bords sont arrondis. Le poids et la taille de la bourle sont variables selon les endroits : environ 6 kg pour 25 à 30 cm de diamètre.

La partie : Le jeu consiste à lancer sa bourle au plus près de l'étaque, sans qu'elle tombe dans le fossé. La partie se jouant à deux ou par équipe de 3 ou 6 joueurs, et chaque équipe disposant de 6 bourles.

Boule de pétanque

Comme partout en France, on pratique également la pétanque . . . qui se trouve être le 6e sport par le nombre de licenciés.

Ce sport est né en Provence (France) en 1907.

La pétanque est un jeu de boules dérivé du jeu provençal. C'est le sixième sport en France par le nombre de licenciés ; 362 898 joueurs recensés fin 2007.

Il existe de nombreuses fédérations nationales affiliées à la fédération internationale. Fin 2007, on comptait 558 898 licenciés répartis dans 78 pays.

Le jeu de boules est très ancien qui aurait été introduit en Gaule par les romains. Les boules ont d'abord été en argile, en pierre, puis en bois et enfin en acier.

La pétanque se pratique à l'aide de boules et d'un but :

  • boules en métal (acier), d'un diamètre compris entre 70,5 et 80 mm et d'un poids entre 650 et 800 grammes,
  • et une boule en bois, appelé but (ou familièrement le cochonnet), d'un diamètre compris entre 25 et 35 mm.

À la pétanque, comme dans la plupart des autres jeux de boules, l'objectif est de marquer des points en plaçant ses boules plus près du but que son adversaire. Dans ce sport, trois combinaisons sont possibles. La triplette (trois contre trois), la doublette (deux contre deux) et le tête-à-tête (un contre un). En triplette, chaque joueur dispose de deux boules. Dans les autres configurations, chaque joueur en a trois.

Le jeu doit se dérouler entre 6 et 10 mètres. La pétanque se pratique sur tous les terrains : les dimensions officielles du terrain sont de 15 mètres de longueur pour 4 de largeur, et a minima de 12 mètres sur 3. Le cercle (de lancer) est le rond, tracé sur le sol, dans lequel le joueur doit se tenir pour lancer sa boule. Son diamètre est compris entre 35 et 50 cm.

Une partie se joue en 13 points, éventuellement en 11, pour les parties de poules. Les finales des championnats du monde se déroulent en 15 points.

La France, championne du monde : La France a remporté le 44e championnat du monde de pétanque dimanche 16 novembre 2008 à Dakar, 13-0 contre la Thaïlande, la Belgique décrochant la médaille de bronze.

Loin de sa Provence natale, la pétanque gagne du terrain sur le continent africain, qui a accueilli pour la première fois, à Dakar, les championnats du monde de cette discipline

Histoire des jeux de boules

Dans l'Iliade, on parle de héros grecs se mesurant à un jeu qui pourrait être l'ancêtre de nos jeux de boules . . .

Les premiers jeux de boules remontent à l'époque des Romains et des grecques ou le jeu de boule était très prêt de la pétanque actuelle, le jeu se faisait avec des boules en pierre rondes ou en bois cerclées de fer...

Antiquité : En Égypte, mais aussi chez les grecs et les romains, le jeu de boules se pratique sous des formes diverses : pierre, bois, boules en crin. Le lancer de boules était un sport olympique. Les vestiges du passé en Égypte, en Écosse et en Chine, attestent qu'on pratiquait le jeu de boule sur plusieurs continents.

Nos ancêtres les Gaulois vont assimiler les jeux de boules de leurs voisins Romains. Les invasion barbares en marqueront un coup d'arrêt, du IIIe au Xe siècle.

Moyen Âge : On retrouve des gravures et des enluminures sur le sujet des Xe et XIe siècles. Les pouvoirs et les religieux de l'époque ont essayé de refréner ou d'interdire les jeux de boules. Les guerres étant très répandue on met en avant le maniement d'armes au détriment des jeux de boules.

Du XVIe au XVIIIe siècle : La Renaissance constituera "l'âge d'or" des boules, exigeant adresse, technicité et maîtrise de soi. La médecine en souligne même les avantages. Au début du XVIe siècle, les joueurs de boules trouvent grâce aux yeux de l'Église. Désireux de faire du Saint-Siège la première puissance italienne, on y mobilise les meilleurs bouleurs de son état.

En 1629, nouveau coup d'arrêt : devant la concurrence des boules, les fabricants de paumes (ancêtre du tennis) complotent et obtiennent l'interdiction du jeu de boules.

Au XVIIIe siècle le jeu devient très populaire, au point que L'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert en fait mention. La Révolution Française en abolissant les privilèges de la noblesse permirent aux jeux de gagner le peuple en toute sérénité.

XIXe siècle : La popularité du jeu de boules devient telle qu'on le pratique à peu près partout.

La “fanny”, une tradition liée aux jeux de boules, même si cette expression est utilisée dans d'autres jeux pour signifier une défaite absolue ! Bien qu'évoquant la Provence et l'univers de Marcel Pagnol, ses origines remontent plus loin. Certains pensent que son origine est savoyarde, mais on peut témoigner dès 1870 de l'existence d'une vraie Fanny à Lyon.

Quant à la boule-de-fort, on trouve des jeux de boules apparentés dans différentes régions de France et d'Europe ; c'est la cas par exemple en Bretagne (La Boule de Morlaix), en Picardie (La Bourle) et en Angleterre (English bowls).

Aujourd'hui : Il existe de nombreux jeux de boules ...

  • la boule de fort,
  • la boule de sable,
  • la pétanque,
  • la boule lyonnaise,
  • la boule bretonne,
  • la bourle,
  • le bola jokoa,
  • la boule de bois,
  • la boule flamande,
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  • la boccia,
  • le boulingrin,

sans oublier le bilboquet, le billard ou les jeux de billes.


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