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Dernière version du 17 avril 2026 à 16:30
1804 en Maine-et-Loire
Administration : Augustin-Marie-Paul-Timoléon de Cossé-Brissac devient président du conseil général de département le 15 germinal an XII (5 avril 1804)[1].
Le décret du 16 vendémiaire an XII (8 octobre 1804) transforme l'abbaye de Fontevraud en maison centrale, un établissement pénitencier qui le restera jusqu'en 1963. L'établissement ouvre en 1814. Les maisons centrales accueillent à cette époque des condamnés à des peines correctionnelles de plus d'un an, des criminels condamnés à la réclusion ainsi que des vieillards condamnés aux travaux forcés. La prison accueille aussi des femmes jusqu'en 1850 et des mineurs. Les détenus sont répartis selon les ateliers qu'ils occupent. La discipline est rude[2].
Justice : À partir de 1804, les tribunaux se réorganisent. La cour d'appel d'Angers est ainsi créée par un sénatus-consulte du 28 floréal an XII (18 mai 1804). Son ressort s'étend à trois départements : Maine-et-Loire, Sarthe et Mayenne[3].
Enseignement : Le lycée d'Angers est créé le 15 floréal an XII (5 mai 1804). Sa première rentrée se fera en novembre 1806[4].
L'École des arts et métiers s'installe en 1804 à Beaupréau, puis déménagera en 1815 à Angers. On en trouve une description dans l'Histoire des Écoles d'arts et métiers publiée en 1865[5].
L'École de l'Anjou, à laquelle on avait accordé les constructions
de l'ancien collège de Beaupréau, affectées précédemment
aux services des tribunaux et aux prisons de la
ville, s'achevait et préparait des logements pour recevoir
soixante élèves qui, choisis au sein des ateliers de Châlons
parmi les différentes divisions de cette École, devaient
venir renforcer et vivifier le noyau de l'institution industrielle
de Beaupréau.
M. Molard, frère du savant directeur du Conservatoire
des arts et métiers, alors chef de travaux à l'École de
Châlons, fut chargé de surveiller l'installation à Beaupréau,
et reçut, plus tard, le titre de proviseur de l'établissement
qu'il avait puissamment aidé à organiser.
L'Ecole de Beaupréau, installée d'abord comme l'avait
été celle de Compiègne, établie à grands frais, si l'on
considère que ses bâtiments devaient contenir seulement
150 élèves et que jamais ses ateliers ne furent outillés, ne
donna pas en principe des résultats bien saillants.
Devenue école impériale d'école nationale qu'elle était
à sa création, ses destinés ne furent guère plus heureuses
sous l'Empire que sous la Royauté. L'Empereur, absorbé
par des soins plus vastes et par les soucis de la guerre,
n'avait pas à y songer. Les ministres la négligèrent ; et,
si ce n'eut été l'active sollicitude du duc de Liancourt et
l'intelligence du directeur, M. Molard cet établissement,
placé au sein de populations royalistes, qui l'accueillirent
mal à cause de son origine républicaine et qui n'en apprécièrent
jamais l'utilité, aveuglées qu'elles étaient par l'esprit
de parti, cet établissement, disons-nous, aurait végété
tristement, et, tôt ou tard, se serait vu supprimé.
Mais, à défaut de vastes ateliers, d'un outillage suffisant
et de nombreuses machines, les éludes théoriques, là
comme à Châlons, remises aux soins de professeurs habiles,
ne laissèrent pas de recevoir une salutaire impulsion. Et
les classes de Beaupréau commencèrent dignement à préparer
l'avenir des Ecoles d'arts et métiers, en fournissant,
dès leur origine, aux arts et aux sciences, des dessinateurs
intelligents et de bons mathématiciens.
Pendant les Cent-Jours, la sécurité de l'Ecole de Beaupréau
se trouva compromise. Des bandes d'insurgés de la
Vendée vinrent attaquer les élèves jusque sous les murs de
la ville. La translation à Angers fut immédiatement décidée,
et les derniers jours de mars 1815 virent le personnel
de l'École s'installer définitivement dans les bâtiments de
l'ancien couvent du Ronceray, dépendant de l'église de la
Trinité d'Angers[5].
Chambre consulaire : Création le 21 floréal an XII (11 mai 1804) de la Chambre consultative des arts et manufactures d'Angers, qui deviendra plus tard la Chambre de commerce et d'industrie[4].
Personnalités : Abel Aubert du Petit-Thouars entre dans la marine impériale en 1804.
1804 en France
Le Consulat est en place depuis 1799. Napoléon Bonaparte est proclamé empereur des Français le 28 floréal an XII (Constitution de l'an XII, sénatus-consulte organique du 18 mai 1804). C'est le début du Premier Empire[6].
Après environ trois ans de procédure d'examen et le vote de 36 projets de loi entre 1803 et 1804, le Code civil est promulgué le 30 ventôse an XII (21 mars 1804). Il vise à unifier le droit sur le territoire national.
1804 dans le monde
Napoléon se couronne roi d'Italie le 6 prairial an XII (26 mai 1804) dans la cathédrale de Milan. La République italienne (région d'Italie du Nord) est transformée en royaume héréditaire au profit de Napoléon.
L'archiduc François II décide d'ériger l'Autriche en Empire en août.
Notes
- ↑ Service départemental d'archives de Maine-et-Loire (dir. Élisabeth Verry), Présidents du Département de Maine-et-Loire, 2015
- ↑ FranceArchives (Service interministériel des Archives de France), Maison centrale de Fontevraud (1800-1940) 2 Y 2, 2025 (cote 2 Y 2 1-2170 Archives départementales de Maine-et-Loire 2011)
- ↑ Cour d'appel d'Angers (ministère de la Justice), Histoire et patrimoine : CA Angers - Présentation Palais de Justice d'Angers, 2018-2025
- ↑ a et b Archives patrimoniales de la ville d'Angers (Mairie d'Angers), Angers en dates : 1801-1830 par Sylvain Bertoldi, 30 octobre 2007
- ↑ a et b André Guettier, Histoire des écoles impériales d'arts et métiers, 1865, p. 37-39
- ↑ Le Consulat, dans Encyclopédie Larousse, Société des éditions Larousse (Paris), 2009-2021
XVIIIe — XIXe — 1801 — 1802 — 1803 — 1804 — 1805 — 1806 — 1807 — 1808 — 1809 — 1810 — 1811 — 1812 — 1813 — 1814 — 1815 — 1816 — 1817 — 1818 — 1819 — 1820 — 1821 — 1822 — 1823 — 1824 — 1825 — 1826 — 1827 — 1828 — 1829 — 1830 — 1831 — 1832 — 1833 — 1834 — 1835 — 1836 — 1837 — 1838 — 1839 — 1840 — 1841 — 1842 — 1843 — 1844 — 1845 — 1846 — 1847 — 1848 — 1849 — 1850 — 1851 — 1852 — 1853 — 1854 — 1855 — 1856 — 1857 — 1858 — 1859 — 1860 — 1861 — 1862 — 1863 — 1864 — 1865 — 1866 — 1867 — 1868 — 1869 — 1870 — 1871 — 1872 — 1873 — 1874 — 1875 — 1876 — 1877 — 1878 — 1879 — 1880 — 1881 — 1882 — 1883 — 1884 — 1885 — 1886 — 1887 — 1888 — 1889 — 1890 — 1891 — 1892 — 1893 — 1894 — 1895 — 1896 — 1897 — 1898 — 1899 — 1900 — XXe