Château d'Angers

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Édifié au Moyen Âge, le château d'Angers est un bâtiment historique angevin se trouvant dans l'Ouest de la France sur la commune d'Angers, en Maine-et-Loire. La forteresse héberge la Tenture de l'Apocalypse.

Le château est l'un des sites les plus visités de la région, avec 245 000 visiteurs en 2018[1],[2].


Présentation

Dominant d'une vingtaine de mètres la Maine, la forteresse médiévale se situe sur un éperon rocheux, au cœur d'Angers à l'ouest du quartier de la Cité, point le plus haut de la ville. C'est l'un des châteaux de la vallée de la Loire.

Dénommé château d'Angers ou château des ducs d'Anjou, ou encore château du roi René, il se compose de deux éléments : la forteresse et le château-résidence des ducs d'Anjou. La forteresse comporte dix-sept tours, hautes d'une trentaine de mètres, constituées de moellons d'ardoises de Trélazé. La place forte est dénuée de donjon. Ses parties les plus anciennes datent des Xe et XIe siècles, période des comtes ingelgériens[3],[4].

Ses fossés sont aménagés en jardins[5].

Localisation : Château d'Angers, propriété de l'État (Centre des monuments nationaux, ministère de la Culture), 2 promenade du Bout du Monde (centre-ville), Angers (47° 28′ 12″ Nord - 0° 33′ 36″ Ouest, sur OSM).

Vue aérienne du château d'Angers.

Histoire

L'implantation de la ville en cet endroit est ancien. Des fouilles menées au château de 1992 à 1996 mettent à jour un oppidum, une tombe mégalithique et un tumulus avec des chambres funéraires[6].

Le château d'Angers est établi par le comte d'Anjou au Moyen Âge, au milieu du IXe siècle, sur un site d'origine mésolithique[N 1]. Du haut de son promontoire rocheux, il permet la surveillance de la Maine face aux invasions normandes. À la même époque est construite la chapelle Sainte-Geneviève (renommée plus tard Saint-Laud) qui dessert les habitants du château[4],[7].

Au XIIe siècle, le comte d'Anjou et roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt, réaménage le site, dont il ne subsiste aujourd'hui que des vestiges de la collégiale Saint-Laud, ainsi que la porte de la salle ornant le mur ouest. La forteresse et la seconde enceinte seront démantelées au début du siècle suivant, durant les luttes entre le roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, Jean sans Terre, et le roi de France Philippe II Auguste ; l'Anjou fait alors partie de l'empire Plantagenêt[4],[7].

Devant l'état de délabrement de la citadelle, le roi de France Louis IX (Saint Louis) ordonne sa reconstruction. Entre 1230 et 1240 (XIIIe siècle), le château est pourvu de sa grande enceinte réunie par une haute courtine. Elle comporte dix-sept tours sur près d'un demi-kilomètre, hautes d'une trentaine de mètres et larges de dix-huit mètres, bâties en schiste ardoisier et tuffeau. Un chemin de ronde viendra ensuite unir les tours en leur partie supérieure. Le château s'étend alors sur 25 000 m2[3],[7],[8].

Les ducs d'Anjou y résident par intermittence aux XIVe et XVe siècles. À partir du XVe, les ducs d'Anjou aménagent le château en résidence de plaisance. Louis Ier d'Anjou modernise le palais comtal, fait construire le logis de sénéchal et commande la tenture de l'Apocalypse (tapisserie longue à l'origine d'environ 140 mètres) pour décorer les grandes salles du palais seigneurial. René d'Anjou fait aménager une ménagerie[4],[7],[8],[9].

Des matériaux extraits de l'ardoisière des Garennes à Saint-Jean-des-Mauvrets sont utilisés pour la construction de l'édifice[10].

Entre 1435 et 1453 (XVe), le duc René d'Anjou ordonne des travaux d'embellissements, avec jardins, fait doubler le logis royal d'une galerie, dont l'escalier porte sur la voûte sa devise, fait édifier le châtelet. Ses autres réalisations ont disparues[4],[7].

À la fin du XVIe siècle, alors que le royaume est déchiré par les guerres de Religion, le roi de France Henri III ordonne au gouverneur du château d'Angers, Donadieu de Puycharic, de raser la citadelle. On commence l'arasement[N 2] des tours. Les travaux sont par la suite suspendus puis abandonnés. Entre 1591 et 1593, les défenses sont réaménagées avec la création de plates-formes d'artillerie et de canonnières dans les tours[4],[7].

Le château sert de prison à plusieurs reprises, entre le XVIIe et le XIXe siècle, dont la prison départementale au cours de ce dernier. Il est également utilisé comme casernement jusqu'au milieu du XXe siècle[7].

Mention du château au XIXe siècle dans la carte de Victor Levasseur (1852).

Au début du XXe siècle, la ville fait aménager des jardins dans les fossés, creusés dès la construction de la forteresse, puis des animaux y sont également installés. Le départ de l'armée après la Libération, permet l'ouverture au public de la citadelle après que des travaux de restauration soient menés par les Monuments historiques[7],[5],[8].

Le château d'Angers a connu plusieurs incendies dans son histoire, dont le dernier en janvier 2009, détruisant la toiture du logis royal. Le chantier de restauration durera pendant dix-neuf mois[7],[11].

Aujourd'hui

Le château a été classé monument historique en 1875[3] et restauré après 1945, avec ajout d'une galerie pour présenter la tapisserie de l'Apocalypse[4]. Il a par ailleurs été inscrit sur la liste des domaines nationaux le 19 janvier 2017, présentant un lien exceptionnel avec l'histoire de la Nation[12],[13]. Plusieurs recherches archéologiques y ont été entreprises. La grande salle, la salle des étuves et la petite chapelle Saint-Laud sont les seuls vestiges de la période romane (Xe-XIIe siècles)[14],[15],[8].

Aujourd'hui, le château comporte des fossés-jardins, deux portes (porte de la ville et porte des champs), une enceinte extérieure, une cour intérieure, une grande salle comtale, la chapelle Saint-Laud, le logis royal, la chapelle Saint Jean-Baptiste, la galerie du roi René, le châtelet, le logis du gouverneur et la galerie de l'Apocalypse[16],[7],[17]. Des travaux de restauration sont régulièrement effectués sur l'ouvrage, comme en janvier 2020 sur le pont-levis ou en septembre 2021 avec la rénovation des remparts nord[18],[19].

La tenture de l'Apocalypse (ou les tapisseries de l'Apocalypse) est une tapisserie représentant l'Apocalypse de Jean et réalisée à la fin du XIVe siècle.

Le long de la partie Est du château s'étend la promenade du Bout du Monde, qui offre un point de vue sur la Maine. En contrebas, c'est la promenade du port Ligny.

Notes

Sur le même sujet

René d'Anjou
Architecture et patrimoine d'Angers
Balade dans le centre-ville d'Angers
Liste des châteaux de Maine-et-Loire
Liste des musées de Maine-et-Loire
Histoire de l'Anjou et du Maine-et-Loire

Bibliographie

• Victor Godard-Faultrier, Le château d'Angers au temps du roi René, Impr. Lachèse et Dolbeau (Angers), 1866
• Louis-Adrien Levat, Études historiques : Le château d'Angers, Impr. Lachèse et Dolbeau (Angers), 1879 (notice BnF no FRBNF34109511)
• Henri René, Le château d'Angers, G. Paré (Angers), 1908 (notice BnF no FRBNF34109498)
• Adelstan de Beauchesne, Henri III et le château d'Angers en 1585, dans Revue de l'Anjou, G. Grassin (Angers), 1912.
• Henri Enguehard, Le château d'Angers, Caisse nationale des Monuments historiques (les Presses artistiques) (Paris), 1976 (notice BnF no FRBNF32993880)
• Jean Mesqui, Le château d'Angers, Ouest-France (Rennes), 1988 (ISBN 2-7373-0055-X) (notice BnF no FRBNF34950140)
• Corinne Albaut (ill. d'Yves Besnier), Le château d'Angers, Éditions du Patrimoine (Paris), coll. Minitinéraires, 2004 (ISBN 2-85822-789-6) (notice BnF no FRBNF39150193)

Références et annotations

  1. Mésolithique : relatif à la période de l'âge de pierre durant la Préhistoire, comprise entre le Paléolithique et le Néolithique.
  2. Arasement, du verbe araser : en maçonnerie, signifie de mettre de niveau, en élevant les parties basses à la hauteur de celle qui est la plus élevée.
  1. Observatoire régional économique et social des Pays de la Loire, Chiffres clés 2017 du tourisme en Pays de la Loire, données 2016
  2. Fréquentation, voir sites les plus visités (2018, 2016, 2014, 2012, 2010, 2008).
  3. a b et c Ministère de la Culture, Patrimoine architectural (Mérimée) - Château d'Angers (PA00108871), 1993-2021
  4. a b c d e f et g Ministère de la Culture (Dominique Letellier-d'Espinose et Olivier Biguet), Patrimoine architectural (Mérimée) - Château fort puis château des ducs d'Anjou (IA49000839), 2009-2010
  5. a et b Dictionnaire Célestin Port, t. I, 1965, p. 158-159
  6. Ouest-France, La frise chronologique des découvertes archéologiques à Angers, 30 juillet 2010
  7. a b c d e f g h i et j Célestin Port (révisé par Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. I (A-C), H. Siraudeau et Cie (Angers), 1965, 2e éd. (1re éd. 1874), p. 53-57
  8. a b c et d Château d'Angers (Centre des monuments nationaux), Histoire du château d'Angers, 2020-2021
  9. Catherine Nédélec et Coralie Pilard, Tout sur l'Anjou, Éditions Ouest-France (Rennes), 2022, p. 44-47
  10. Ouest-France, Les visiteurs au coeur de l'histoire du parc des Garennes, 27 août 2012
  11. Ouest-France, Avant la cathédrale de Nantes, le logis royal du château d'Angers brûlait, 19 juillet 2020
  12. Ministère de la Culture, Patrimoine architectural (Mérimée) - Château (domaine national), notice DN00000001 du 27 octobre 2021
  13. Le Courrier de l'Ouest, Patrimoine. Le château d'Angers devient domaine national, 18 mai 2017
  14. Institut national de recherches archéologiques préventives (inrap), Château d'Angers (Maine-et-Loire), 26 juin 2012
  15. Cyril Marcigny, Cyril Hugot et Éric Gaumé, Angers - Mégalithe du château d'Angers - Fouille préventive (2002) - notice archéologique, ADLFI Archéologie de la France, 28 septembre 2020
  16. Centre des monuments nationaux, Angers, juin 2012
  17. Philippe et Catherine Nédélec, L'Anjou entre Loire et tufeau, coll. Itinéraires de découvertes, Éditions Ouest-France (Rennes), 2009-2010, p. 110-111
  18. Ouest-France, Le pont-levis du château d'Angers refait à neuf, 2 février 2020
  19. Le Courrier de l'Ouest (Chloé Bossard), France Relance. La rénovation des remparts nord du château d'Angers est lancée, 3 septembre 2021

Lien externe

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