Chemillé

De Wiki-Anjou
Chemillé
(commune déléguée)
Département Maine-et-Loire
Territoire Mauges
Commune Chemillé-en-Anjou
Note(s) Regroupement de 2013
puis de 2015
Situation dans le département

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Chemillé est une ancienne commune de l'ouest de la France située dans le département de Maine-et-Loire (49), dans les Mauges, à l'est de La Chapelle-Rousselin et au nord-est de la ville de Cholet. Elle est rattachée depuis décembre 2015 à la commune de Chemillé-en-Anjou.

Nom des habitants : les Chemillois(es).


Situation administrative

Le 1er janvier 2013, la commune se regroupe avec Melay pour former la commune nouvelle de Chemillé-Melay[1]. Chemillé devient une commune déléguée et le siège de la nouvelle commune.

La commune est jusqu'alors membre de la communauté de communes de la région de Chemillé, dont elle est le siège, et se trouve dans le canton de Chemillé et l'arrondissement de Cholet.

Son code commune (Insee) est 49092 et son code postal est 49120. Ses habitants se nomment les Chemillois et Chemilloises[2].

Un nouveau regroupement intervient fin 2015 avec la création de la commune nouvelle de Chemillé-en-Anjou[3], du nom de la commune la plus importante (« Chemillé ») associé à celui d'« Anjou ». Chemillé en est une commune déléguée[4] et son siège.

Chemillé-Melay est alors membre de la communauté de communes de la région de Chemillé, intercommunalité qui disparait à la création de la nouvelle commune.

Homonymie avec Chemillé-sur-Dême, commune d'Indre-et-Loire, et Chemillé-sur-Indrois, commune d'Indre-et-Loire.

Histoire et patrimoine

Généralité historiques

Chemillé est à l'époque gallo-romaine le centre d'une importante villa. Au Moyen Âge, la villa appartient à Saint-Martin-de-Tours puis réunie au domaine de l'évêque d'Angers au milieu du IXe siècle. Plus tard la terre appartient au seigneur de Brissac ; famille qui la possédera jusqu'au XIVe. La ville est fortifiée au XIIIe siècle à la reconstruction du château. Chemillé dépend au XVIIIe du présidial, de l'élection et des aides d'Angers, et en 1788 du district de Beaupréau. La ville se divise en quatre paroisses, Saint-Pierre, Notre-Dame, Saint-Gilles et Saint-Léonard[5],[6].

Chemillé pendant la Révolution

La Constitution civile du clergé adoptée par l'Assemblée constituante, le 12 juillet 1790, modifie la carte paroissiale. Les paroisses de Saint-Gilles et Saint-Léonard sont supprimées, le chapitre de Saint-Léonard et ses huit chanoines est dissous. Le 23 novembre 1790, l'Assemblée adopte un décret imposant à tous les ecclésiastiques de prêter le serment de fidélité « à la nation, à la loi et au roi » exigé pour les fonctionnaires, le clergé français étant depuis la Constitution civile du clergé, rémunéré par l'État. La question du serment fracture le clergé français qui craint une rupture avec la papauté en cas de prestation[7]. Dans le département de Maine-et-Loire, 53 % du clergé refuse de prêter le serment[8], dans les Mauges, seuls 4,88 % des ecclésiastiques prêtent serment[9]. À Chemillé, l'ancien curé de Saint-Gilles, François Morignier est un ferme opposant au serment et à la Constitution civile du clergé qu'il invective dans ses sermons[10]. Dénoncé en 1791, il est interné au Séminaire de la ville d'Angers (actuel musée des Beaux-Arts). Le 26 août 1792, l'Assemblée législative vote le décret de déportation des ecclésiastiques réfractaires. Pierre Cochard, curé de Saint-Pierre, François Morignier, curé de Saint-Gilles, Jean-Louis Ménard, curé de Notre-Dame, son vicaire René-Hilarion Billard ainsi que deux chanoines de Saint-Léonard sont déportés en Espagne en septembre 1792. François Morignier revient à Chemillé en 1801 et est nommé curé de Saint-Pierre au Concordat. En 1793, au début de la guerre de Vendée, la ville se trouve au cœur du pays insurgé et fait l'objet de combats pour en prendre le contrôle[5]. La Collégiale Saint-Léonard est victime d'une colonne infernale qui y met le feu en 1794, réduisant l'édifice en cendres.

Éléments du patrimoine[11] :

  • Le château des Cloîtres, construit à la fin du XIXe siècle à l'emplacement d'un ancien prieuré (inscrit MH) ;
  • Le château L'Echo ;
  • Le château du Val d'Hyrôme de style "Belle époque", construit sur le site d'une ancienne blanchisserie par l'imprimeur angevin Joseph-Jean Siraudeau (1860-1924)[12] ;
  • Le château de Salbœuf ;
  • Le château de la Sorinière (chapelle, classé MH)[13] ;
  • L'église Notre-Dame la Neuve (inscrite MH), église-halle à trois vaisseaux restaurée en 2015, construite hors les murs de la ville antique à l'emplacement d'une chapelle[14],[5],[15] ;
  • L'église Saint-Pierre, des XIe (chœur et clocher), XIIe, XIIIe, XVIe et XXe siècles (classée MH), fondée avant le VIIIe siècle à l'emplacement du centre primitif de la ville[5],[16] ;
  • L'église romane Notre-Dame possède un ensemble de peintures de différentes époques (XIIIe, XVe et XVIe siècles)[17] ;
  • Le moulin à eau au lieu-dit le Moulin-de-la-Croix ;
  • La porte Est et poterne Sud de l'ancien château (XIIIe siècle) ;
  • La collégiale Saint-Léonard (ruines)[18].

L'Association pour la sauvegarde du patrimoine chemillois œuvre à la restauration et la mise en valeur de l'ancienne église romane Notre-Dame-de-Chemillé (XIe et XIIe siècles, classée MH)[19],[20].

Loisirs et culture

On y trouve la médiathèque municipale Victor-Hugo[21] et un espace public numérique géré par le centre social du Chemillois[22].

Les Z'Éclectiques se déroulent en partie à Chemillé[23] ainsi que le Camilliacus Jazz festival, dont 2016 en a été la 20e édition[24].

Une foire-exposition se déroule également tous les ans. La 34e édition s'est déroulée du 2 au 4 septembre 2016 avec au programme concert, expositions, animations, et concours de bovins[24].

Plantes médicinales

Chemillé est la capitale française des plantes médicinales, avec plus de 600 hectares de plantes cultivées sur son territoire, et dont la plus première et plus ancienne serait la camomille romaine[25],[26]. Au début des années 2010, 60 % de la production des plantes médicinales en Pays de la Loire est réalisée dans le Chemillois[27].

On y trouve le jardin Camifolia, un espace végétal dont l'origine remonte à 1976, qui se situe à Chemillé dans la vallée de l'Hyrôme. Il est dédié aux plantes à parfum, aromatiques et médicinales, regroupées autour de thématiques : jardin des senteurs, jardin des cultures locales, jardin des plantes médicinales, jardin des saveurs, jardin des fibres et couleurs, et jardin botanique[28],[25].

Présence sur la commune voisine de Melay de l'iteipmai, Institut technique interprofessionnel des plantes à parfum, médicinales, aromatiques et industrielles, qui assure une mission de recherche appliquée finalisée dans les filières des plantes aromatiques, médicinales et à parfum (PPAM)[29].

Espace et territoire

Chemillé s'étend sur 49,20 km² (4 920 hectares), son altitude varie de 42 à 114 mètres[30], et son territoire se trouve sur le plateau des Mauges[31]. L'Hyrôme, affluent en rive gauche du Layon, la traverse. La zone de la Vallée de l'Hyrôme est classée espace naturel sensible (ENS)[32].

La pêche est pratiquée sur l'Hyrôme et le plan d'eau de Coulvée est aménagé pour la baignade, la pêche et le camping[33].

L'office de tourisme de la région de Chemillé se trouve 1 rue de l'Arzillé[34].

Galerie

Notes

Bibliographie

• Victor Bouyer, Histoire et petites histoires de Chemillé en Anjou, éd. Hérault, 2007 (ISBN 978-2-7407-0285-5)
• Philippe Gallotte et Paul Gicquiaud, La camomille et autres plantes médicinales dans la région de Chemillé, éd. Hérault, 2011 (ISBN 978-2-7407-0287-1)

Sources et annotations

  1. Préfecture de Maine-et-Loire, Arrêté préfectoral 2012317-0003, 12 novembre 2012 — Voir création de la nouvelle commune de Chemillé-Melay (2013).
  2. Chemillois (mot), août 2019
  3. Préfecture de Maine-et-Loire, Arrêté préfectoral DRCL-BCL-2015-58, du 24 septembre 2015 — Voir création de la nouvelle commune de Chemillé-en-Anjou (2015).
  4. Si elle en reçoit le statut, chaque commune déléguée dispose d'un maire délégué et d'une annexe de la mairie (article L2113-11 du Code général des collectivités territoriales).
  5. a, b, c et d Célestin Port (édition révisée de Jacques Levron et Pierre d'Herbécourt), Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. 1, éd. H. Siraudeau et Cie, 1965, p. 716-722
  6. PERRIN de ROUVRAY Raymond, L'Eglise d'Angers pendant la Révolution, tome I et II, Cholet, Editions du choletais, 1984
  7. TACKETT Timothy, La Révolution, l'Eglise, la France, Paris, Cerf, 1986
  8. PERRIN de ROUVRAY Raymond, L'Eglise d'Angers pendant la Révolution, tome I et II, Cholet, Éditions du choletais, 1984
  9. DELAHAYE Bertrand, Les prêtres constitutionnels des Mauges et du Saumurois pendant la Révolution : 1790-1795, mémoire de maîtrise, Université Catholique de l'Ouest, 2001, 204p.
  10. UZUREAU François-Constant, « Le dernier curé de Saint-Gilles-de-Chemillé », L’Anjou historique, Angers, Siraudeau, janvier 1939, p. 18-21
  11. Ministère de la Culture, Base Mérimée (Chemillé), octobre 2012
  12. Archives municipales d'Angers, Fonds Siraudeau : Archives de la famille et de l'imprimerie Siraudeau, 40 J 1-258
  13. Ministère de la Culture, Base Mérimée - Château de la Sorinière (PA00109041), 15 mai 2019
  14. Ouest-France, Après avoir été restaurée, l'église Notre-Dame se dévoile, 11 mai 2015
  15. Ministère de la Culture, Base Mérimée - Eglise Notre-Dame la Neuve (PA49000057), 15 mai 2019
  16. Ministère de la Culture, Base Mérimée - Eglise Saint-Pierre (PA00132975), 15 mai 2019
  17. « Les fresques du chœur de l'église Notre-Dame de Chemillé à nouveau visibles », Le cahier des Mauges, décembre 2020
  18. MATZ Jean-Michel, Collégiales urbaines et collégiales castrales dans le diocèse d’Angers au Moyen Âge, dans Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, tome 108, 3, 2001
  19. Association pour la sauvegarde du patrimoine chemillois, avril 2019 — Voir l'association
  20. Ministère de la Culture, Base Mérimée - Eglise Notre-Dame (PA00109042), 15 mai 2019
  21. Communauté de communes de la région de Chemillé, Chemillé Melay - Médiathèque Victor Hugo, juin 2015
  22. Centre social du Chemillois, Cybercentre du Chemillois, 2017-2018
  23. Ouest-France, Z'Éclectiques : un record de fréquentation pour une belle édition, 13 novembre 2016
  24. a et b Chemillé-en-Anjou mag, juin-septembre 2016
  25. a et b Jardin Camifolia, Thèmes, juillet 2017 — Voir Jardin Camifolia.
  26. A. Hérisset, La production des plantes médicinales en Anjou, dans Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 6, 4-5, avril-mai 1959, p. 151-152
  27. Ouest-France, Camifolia. Le jardin des plantes aromatiques rouvre le 1er mai, 25 avril 2014
  28. Théâtre Foirail Camifolia, Le jardin Camifolia, juin 2015
  29. Iteipmai, septembre 2018
  30. IGN, Répertoire géographique des communes (RGC), données 2014 (altitude, superficie)
  31. Atlas des paysages de Maine et Loire, voir unités paysagères.
  32. Espaces naturels sensibles de Maine-et-Loire, 2018
  33. Observatoire de l'eau (Département de Maine-et-Loire), Layon - Caractéristiques de l'Hyrôme, 2013-2015
  34. Office de tourisme de la région de Chemillé, 2014-2019

Ainsi que

Chemillé dans l'encyclopédie Diderot (1751)
Chemillé dans la carte de C.-F. Cassini (1771)

Autres données

Liste des communes en 2015
Anciennes communes 2015
Altitudes en 2014
Populations 2012, en vigueur au 1er janvier 2015
Superficies en 2014
Divisions administratives et électorales en 2014


Institut national de la statistique et des études économiques

pour cent

Monument historique, bâtiment ou objet inscrit ou classé

kilomètres carrés

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numéro

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