Dictionnaire Célestin Port/1874 - Tome 1 - Page XIV

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Langue et littérature angevine
Document   Dictionnaire historique géographique et biographique de Maine-et-Loire
Auteur   Célestin Port (1828-1901)
Année d'édition   1874
Éditeur   P. Lachèse, Belleuvre & Dolbeau (Angers)
Note(s)   Tome premier, page XIV


Dictionnaire Célestin Port de 1874, page XIV.

XIV

INTRODUCTION.


Les abbayes.

Les fiefs.

Le comte.

une aide énergique, plus tard décevante, dans les colonies monastiques qu’ils encouragent et qu’ils appellent ; — et sous cette tutelle se multiplient les prieurés des abbayes antiques, en même temps qu’en moins d’un siècle maintes abbayes nouvelles prennent pied sur le terrain libre encore aux fondations tardives, — vers les confins communs du Poitou, Fontevraud 1101, Asnières 1114 et Brignon 1135, — dans le Baugeois, le Louroux 1121, la Boissière 1131, Mélinais 1180 et le Perray-Neuf 1189, — autour d’Angers, Chaloché 1119, St-Georges 1150, le Perray-aux-Nonnains 1190, — vers la Bretagne, Nyoiseau 1115, Pontron 1134 et au plus loin la Roë 1097. Toutes les grandes familles de chevalerie s’y recommandent à l’envi par leurs bienfaits, et avec leurs noms il semble qu’on voit se dresser, désormais apaisés et soumis, autour des donjons suzerains d’Angers, de Saumur, de Beaufort et de Baugé, les châteaux des puissants feudataires qui ont mis hors de pair en faits d’armes la renommée des Angevins[1]. Montsoreau, Montreuil-Bellay, Doué, Blaison, Vihiers, Passavant, Maulévrier, Chemillé, Beaupréau, Cholet, Montrevault, Chantoceaux, Montjean, Thouarcé, Brissac, Chantocé, le Plessis-Macé, Jarzé, la Jaille, la Roche-d’Iré, Candé, Pouancé, Briolay, le Lion-d’Angers, Durtal, Craon, Châteaugontier, le Lude, Rillé, les principaux fleurons de la féodalité angevine, naissent ou se renouvellent avec elle. Au centre, trône le comte[2], avec toute une cour d’officiers et de commensaux, vicomte, cellérier, sénéchal, camérier, trésorier, chancelier, donnant le ton par son luxe et ses élégances même à la cour de France[3]. Nos chartes le montrent surtout dans ses fonctions de justicier, réglant, avec l’assistance de ses hauts barons, quelque débat de fief, ou dans le conseil de bons hommes, de clercs et d’avocats-légistes[4], interprétant la Coutume ou le droit nouveau. Tout auprès du donjon souverain et le long des cloîtres de la cathédrale s’est d’ailleurs formée déjà et va se développant une véritable école de juristes, qui prendra rang au XIVe siècle parmi les plus réputées des Universités françaises ; mais l’antique loi romaine, quoique à demi-altérée par les mœurs et par certaines formes, qu’elle subit, de la procédure barbare, — le serment, le duel, la composition, — reste encore la souveraine maîtresse de l’Église et par elle tend à dominer de son autorité la société civile.

L’Anjou apanagé.

Dès 1204, par lettres patentes de Poitiers, le roi Philippe-Auguste avait commis le comté à Guill. Desroches, avec le titre de sénéchal, qui lui conférait une véritable délégation du pouvoir royal pour la perception des impôts et la nomination des baillis, prévôts et autres officiers secondaires. L’acte même[5] détermine et précise les attributions respectives, en réservant au roi les droits entiers dans le domaine ancien et les deux tiers des autres revenus fiscaux. Sous ces réserves et avec l’obligation de l’hommage-lige Desroches, par la grâce de Dieu représentant du pouvoir


  1. Andegavenses, quorum præ cœteris populis erat in actis bellicis fama celebrior. Petri Blesensis epist. 69 ad Rad. episc. Andeg.
  2. Une charte nous le montre recevant deux seigneurs : Invenerunt comitem in aula sua sedentem super mensam et ante eum Gosfredum Fulcradi, dapiferum suum. Stabat quoque ante eum super caballum suum Gilduinus de Doado, tenens accipitrem. Liv. Bl., f. 21 v°.
  3. On sait qu’au rapport d’Orderic Vital, I. VIII (Coll. Guizot, XXVII, 281) la mode singulière des souliers à la poulaine fut imposée par Foulques Réchin.
  4. Deux advocati et législatures signent l’acte de 941, publié par Mabille, p. CIV. On ferait un curieux recueil des chartes angevines, où le comte siège dans les plaids.
  5. Il est dans Ménage, Sablé, p. 193.


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