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'''Administration''' : Henri Allain-Targé devient préfet de Maine-et-Loire le 5 septembre 1870. Maurice Engelhard lui succède le 7 octobre | '''Administration''' : Henri Allain-Targé devient préfet de Maine-et-Loire le {{date|5 septembre 1870}}. Maurice Engelhard lui succède le 7 octobre<ref>Préfecture de Maine-et-Loire, ''Histoire de la préfecture et des préfets'', 1 octobre 2012</ref>. | ||
Marie-Henri-Louis de Durfort de Civrac est élu président du [[Conseil général de Maine-et-Loire | Marie-Henri-Louis de Durfort de Civrac est élu président du [[Historique du Conseil général de Maine-et-Loire|conseil général]] le {{date|19 septembre 1870}}<ref>Service départemental d'archives de Maine-et-Loire, ''Présidents du Département de Maine-et-Loire'', 2015</ref>. | ||
''' | '''Personnalités''' : [[Jeanne Rij-Rousseau]] le {{date|10 juin 1870}} naît à Candé. Elle deviendra une artiste peintre cubiste du {{XXs}}. | ||
''' | '''Météorologie''' : Hiver 1870-1871 rigoureux. | ||
''' | {{citation bloc|On donne le nom de signes à tous | ||
les phénomènes météorologiques extraordinaires, | |||
parce qu'on y voit des présages de calamités redoutables. | |||
Je me souviens que, pendant l'hiver | |||
1870-71, les aurores boréales, qui, presque chaque | |||
nuit, illuminaient le ciel, étaient interprétées par | |||
tout le monde comme l'annonce des combats sanglants | |||
qui se livraient chaque jour à cette époque. | |||
De fait, l'écho des coups de canon d'Orléans, | |||
apporté jusqu'à Montjean par la Loire, ne venait | |||
que trop donner raison à la superstition populaire. |Verrier et Onillon, ''[[Croyances et superstitions en Anjou (R-V)|Croyances et superstitions]]''<ref>Anatole-Joseph Verrier et René Onillon, ''Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou'', Germain & Grassin (Angers), 1908, t. 2, p. 450</ref> }} | |||
'''Pars et jardins''' : | '''Pars et jardins''' : Après la construction du palais de justice, en 1865, le jardin du Mail de [[Cholet]] est aménagé dans les années 1870<ref>Cholet Agglomération, ''Le jardin du mail'', 2024-2025</ref>. | ||
'''Commerce''' : Les Halles d'Angers, place de la République, sont livrées en 1870. Elles perdureront durant un siècle<ref>Le Courrier de l'Ouest (Sylvain Bertoldi), ''Angers. Les Halles, un siècle d'histoire place de la République'', 14 novembre 2021</ref>. | |||
'''Industrie minière''' : Fin d'exploitation de l'[[ardoisière de Châtelais]], au lieu-dit la Grande-Besnardière. Exploitée avant 1742 et reprise en 1767, les travaux s'arrêtent en 1870<ref>Ministère de la Culture, ''Ardoisière de la Grande Besnardière (IA49002437)'', février 2003</ref>. | |||
'''Guerre franco-prussienne''' : Le 29{{e}} régiment de mobiles, régiment de la Garde nationale mobile, est formé en Maine-et-Loire à l'occasion de la guerre franco-prussienne qui a débutée en juillet 1870. Les officiers et les hommes sont réunis en août à Angers, Saumur et Cholet. Les trois premiers bataillons sont opérationnels le 22 août, formant le 5 septembre ce 29{{e}} régiment de mobiles<ref>Léon Pissot, ''Le 29e régiment de mobiles (Maine-et-Loire) pendant les campagnes de la Loire et de l'Est (1870-1871)'', impr. P. Lachèse, Belleuvre et Dolbeau (Angers), 1873</ref>. Angers devient une des bases de l'Armée de la Loire, formée en octobre à la suite de la défaite de Sedan<ref>Jacques Boussard, ''Histoire de l'Anjou'', dans ''Visages de l'Anjou'', Horizons de France (Paris), 1951, p. 77</ref> | |||
[[File:1870-montfaucon_8e_bataillon.jpg|center|thumb|alt=Photographie de combattants angevins.|Soldats angevins de la guerre de 1870]]. | |||
Alors que la guerre fait rage, Paris est assiégée. Des ballons à gaz sont lâchés. L'un d'entre eux, un ballon affrété par la direction des Postes, se pose en décembre entre Beaufort et La Ménitré<ref name="co-10janv2021">Le Courrier de l'Ouest, ''Histoire. Pendant la guerre de 1870, le ballon « Lavoisier » se pose entre Beaufort et La Ménitré'', 10 janvier 2021</ref>. | |||
Le 20 décembre, des civils mobilisés de Maine-et-Loire combattent l'ennemi à Monnaie, près de Tours<ref>Le Courrier de l'Ouest (Pascale Pineau), ''Baugeois-Vallée. Une délégation allemande sur les traces de la bataille de Monnaie (1870)'', 25 septembre 2021</ref>. | |||
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'''Journal d'un Angevin pendant la guerre de 1870''' | |||
''M. le {{abréviation|Chanoine Uzureau|François Uzureau (1866-1948), prêtre, chanoine et historien.}}, directeur de l' « Anjou historique », | |||
nous communique le « journal » intime que M. Baudouin, curé | |||
de [[Seiches-sur-le-Loir|Seiches-sur-Loir]] (Maine-et-Loire ), écrivit pendant la guerre | |||
de 1870-1871 :'' | |||
Juillet 1870. — L'Empereur {{abréviation|Napoléon|Louis-Napoléon Bonaparte, empereur Napoléon III de 1852 à 1870.}} vient de déclarer la | |||
guerre à la Prusse, sous prétexte que la Prusse veut placer un de | |||
ses princes sur le trône d'Espagne, vacant depuis six mois par | |||
suite de la Révolution qui a expulsé la {{abréviation|reine Isabelle|Isabelle II (1830-1904), reine d'Espagne de 1833 à 1868.}}. Dieu semble | |||
avoir aveuglé Napoléon et les ministres pour le conduire à la | |||
ruine. La Prusse prévoyant depuis longtemps cette guerre est | |||
prête à lancer sur nous 1.500.000 hommes. La France lui déclare | |||
la guerre, ayant à peine 300.000 soldats. | |||
29 juillet. — La guerre est déclarée. Dès les premiers jours, | |||
nous sommes défaits, écrasés sur les bords du Rhin. | |||
Août. — Les Prussiens victorieux envahissent la France ; chaque | |||
jour ils ont de nouveaux succès. | |||
30 août-I{{er}} septembre. — Pendant ces trois jours, bataille | |||
terrible à côté de Sedan. Les Français sont acculés sur Sedan, | |||
et l'Empereur, avec presque cent mille hommes, ordonne malgré | |||
les généraux de capituler. Cette nouvelle consterne la France. | |||
3 septembre. — A cette nouvelle, Paris proclame la déchéance | |||
et la République. Le Gouvernement s'intitule « Gouvernement de | |||
la Défense nationale ». La Chambre des Députés et le Sénat sont | |||
abolis. Napoléon est emmené prisonnier en Prusse. | |||
Octobre. — Les armées prussiennes assiègent Paris. Aucune | |||
communication avec la capitale, si ce n'est par ballon. Tous les | |||
hommes non mariés jusqu'à quarante ans sont appelés sous les | |||
drapeaux. Tous les départements voisins de Paris sont parcourus | |||
par les Prussiens, qui vont y chercher des vivres. Frayeur générale | |||
dans ce pays de les voir arriver. Mot d'ordre donné par les | |||
méchants pour accuser les nobles et les prêtres d'être la cause de | |||
tous les malheurs, d'avoir envoyé de l'argent aux Prussiens | |||
et autres sottises semblables. Ces sottes calomnies n'occasionnent | |||
cependant aucun désagrément au clergé dans ce pays. Depuis un | |||
mois des hommes formés en garde nationale montent la garde | |||
régulièrement tous les soirs, font des patrouilles, On craint les | |||
malfaiteurs et les incendiaires, assez nombreux par suite du | |||
manque de travail et de la misère. Jusqu'ici rien de fâcheux | |||
n'est arrivé à Seiches. | |||
Novembre. — Continuation de la guerre et de nos défaites ; | |||
Strasbourg, Metz, etc., tombent au pouvoir des Prussiens. | |||
Décembre. — Même insuccès dans nos armées. — Défaite | |||
dans l'Orléanais. Les Prussiens s'emparent de Blois, Orléans, | |||
Tours et se dirigent sur Le Mans. | |||
17 janvier 1871. — La nouvelle défaite de l'armée de Chanzy | |||
au Mans nous arrive. Après deux, jours de combats assez heureux, | |||
livrés les 10 et 11, il est obligé de reculer sur Laval, par | |||
suite de la lâcheté d'un corps d'armée formé surtout de mobiles | |||
bretons et angevins qui a pris la fuite honteusement. Un détachement | |||
de fuyards vient de nous arriver tout en désordre. | |||
18 janvier. — Panique générale. — Les Prussiens sont venus à | |||
La Flèche. Pendant la nuit dernière, tous les habitants du pays | |||
ont été sur pied pour cacher mobilier, blé, etc... Un bon nombre | |||
de familles quittent Seiches pour fuir devant l'ennemi. | |||
19 janvier. — Arrivée d'un détachement d'artillerie avec six | |||
mitrailleuses allant à [[Durtal]]. On veut essayer d'arrêter l'ennemi | |||
au Bourgneuf ([[La Chapelle-Saint-Laud|Chapelle-Saint-Laud]]), où il y a, en effet, une très | |||
forte position. Déjà plusieurs mille mobiles y sont réunis. On | |||
entend chaque jour le canon gronder du côté de Bazouges-sur-Loir, | |||
Clefs. Terreur générale. . . | |||
21 janvier. — Les Prussiens deviennent de plus en plus menaçants | |||
et la panique redouble. | |||
22-29 janvier. — Arrivées et départs continuels de mobiles qui | |||
se réunissent dans le dessein de livrer bataille au Bourgneuf. | |||
Mon presbytère est plein d'aumôniers-soldats. | |||
30 janvier. — Nouvelles d'un armistice signé par {{abréviation|Jules Favre|Jules Favre (1809-1880), ministre des affaires étrangères.}} | |||
à Paris, avec {{abréviation|Bismark|Otto von Bismarck (1815-1898), chancelier allemand.}} à Versailles. Paris manquant complètement | |||
de vivres, les habitants réduits à manger du pain de son et | |||
en petite quantité, la ville est obligée de capituler. Les Prussiens | |||
prennent possession des forts. Armistice de 21 jours pour | |||
donner le temps de faire des élections pour une Assemblée Constituante. | |||
Cette nouvelle de l'armistice excite la joie. | |||
8 février. — Aujourd'hui, ont eu lieu les élections pour l'Assemblée | |||
Nationale. Le Maine-et-Loire doit élire onze députés. | |||
Les gens d'ordre et de paix se sont entendus à Angers et ont | |||
adopté la liste suivante : Beulé, de la Bouillerie, Châtelain, | |||
Mayaud, Delavau, de Civrac, de Cumont, Joubert, Max-Richard, | |||
de Maillé, Montrieux. Malgré le mauvais temps, tous | |||
les électeurs, presque sans exception, sont venus voter au chef-lieu | |||
de canton. | |||
10 février. — On commence à retirer des caves tout ce qu'on y avait caché<ref>François Uzureau, ''Journal d'un angevin pendant la guerre de 1870'', dans ''La Révolution de 1848 et les révolutions du XIXe siècle'', t. 25{{e}}, n° 126, septembre-octobre-novembre 1928, Frédéric Rieder & {{Cie}} (Paris), 1928, p. 173-175</ref>. | |||
<br> | |||
}} | |||
Après la bataille du Mans en janvier 1871, les Prussiens occupent le sud de la Sarthe et arrivent ensuite en Maine-et-Loire. L'armistice est signé peu après, le {{date|26 janvier}} avec entrée en vigueur le 28. Le nombre de victimes angevines est estimé entre {{formatnum:2000}} et {{unité|3000|morts}}<ref>Le Courrier de l'Ouest (Pierre-Louis Augereau), ''Histoire. Sept choses à savoir sur la guerre de 1870 en Anjou'', 19 octobre 2021</ref>{{,}}<ref>Pierre-Louis Augereau, ''Anjou insolite et secret'', coll. ''Le guide écrit par les habitants'', Éditions Jonglez (Versailles), 2025, p. 15</ref>. | |||
== 1870 en France == | == 1870 en France == | ||
Guerre | '''Guerre de 1870-1871''' : Déclenchée par la succession à la Couronne d'Espagne et la dépêche d'Ems, un imbroglio diplomatique, une guerre oppose la France et la Prusse du {{date|19 juillet 1870}} au {{date|28 janvier 1871}}. Paris est assiégée et le rationnement est mis en place<ref>Thibault Montbazet, ''Franco-allemande guerre (1870-1871)'', dans ''Encyclopædia Universalis'', éd. Encyclopædia Universalis France, 2011-2023</ref>{{,}}<ref name="co-10janv2021" />. | ||
L'empereur Napoléon III capitule le {{date|2 septembre 1870}}. La République française est proclamée le 4 septembre fondant la Troisième République qui durera jusqu'en [[1940]]. Louis Jules Trochu devient le chef du gouvernement provisoire. | |||
== Notes == | |||
Bibliographie | |||
:* {{Article |auteur=Stéphane Tison |titre=Une mémoire effacée ? L'armée de la Loire, Chanzy et les combats de 1870-1871 |périodique=Mémoires des guerres |éditeur=Noëlline Castagnez et Pierre Allorant, Presses universitaires de Rennes |date=2015 |pages=55-72 }}. | |||
Références | |||
{{Références}} | |||
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